Conseil des ministres - Lutte contre le cancer : Le dépistage précoce pour dompter la maladie

Conseil des ministres - Lutte contre le cancer : Le dépistage précoce pour dompter la maladie
Le président de la République a présidé le conseil des ministres d’hier…

Le gouvernement ivoirien est pleinement engagé dans la lutte contre le cancer. En cette période d'octobre rose, le ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture Maladie universelle, Pierre N'gou Dimba, a profité du conseil des ministres présidé hier par le Président de la République, Alassane Ouattara, pour faire le point sur la maladie. 20 000 cas de cancers, a-t-il fait savoir, sont détectés chaque année en Côte d’Ivoire  dont 5000 cas de cancer du sein. « Le cancer découvert tôt peut être totalement guéri dans notre pays grâce aux plateaux techniques mis en place. Le premier, c'est le Centre national d'oncologie médicale et de Radiothérapie, Alassane Ouattara, au sein du Chou de Cocody. Nous avons également l'Institut de Médecine Nucléaire d'Abidjan, Imena, qui a un taux de survie  à cinq ans équivalent à ce qui se passe dans nos pays. Depuis sa mise en place, notre pays a doublé son taux de survie. Aujourd'hui, nous enregistrons 63% de cas de survie sur les cas de cancers découverts en Côte d’Ivoire », a-t-il indiqué.

Poursuivant, il a affirmé que la Première Dame prend en charge 90% des enfants atteints du cancer. Par ailleurs, des mammographes ont  été déployés dans tous les établissements sanitaires du pays pour faciliter les consultations. « Monsieur le Président de la République, grâce à votre accord et aux financements extérieurs que nous avons reçus, nous avons acquis un mammographe mobile qui va aller en milieu rural pour les dépistages. Vous avez autorisé que nous puissions mettre en place une plate-forme avec les grandes firmes pharmaceutiques, et le gouvernement subventionne les molécules les plus innovantes. Vous avez autorisé l'équipement de l'Institut de médecine nucléaire d'Abidjan et la construction d'un nouveau centre avec un routeur qui permet la radioactivité de façon permanente dans notre pays dont les travaux sont en voie d'acheminement à Grand-Bassam », a-t-il égrené le chapelet des initiatives du premier citoyen ivoirien pour soulager ses concitoyens atteints du cancer.

Avec tous ces efforts dans la lutte, le défi majeur, selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, reste le dépistage précoce. En effet, animant la traditionnelle conférence d'après conseil, le ministre de la Communication a invité les populations à se faire dépister pour une prise en charge rapide de la maladie, gage de guérison totale.

Poursuivant le compte rendu du conseil des ministres, le conférencier a souligné que le Conseil a adopté deux projets de loi et deux communications au titre du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget avec en prime le budget 2027 projeté à plus de 18 mille milliards de FCFA. Le premier texte porte sur la loi de règlement du budget de l’État pour l’exercice 2025. Initialement équilibré à 15 339,2 milliards de francs CFA et aménagé à 15 464,1 milliards de francs CFA en cours d’exercice, ce budget s’est soldé par un taux de recouvrement des ressources de 101,2 % (soit 15 654,2 milliards recouvrés) et un taux d’exécution des dépenses de 98,8 % (soit 15 285,1 milliards). Cette gestion prudente, combinée à l’amélioration du recouvrement et à la maîtrise des charges de fonctionnement, dégage un excédent de trésorerie de 369,1 milliards de francs CFA.

 

Le budget 2027 au centre des débats

Par ailleurs, le taux moyen de réalisation des cibles des programmes s’établit à 92,3 %, témoignant d’une progression constante par rapport aux exercices précédents (90,2 % en 2024, 85,4 % en 2023 et 85,2 % en 2022). Après avis de conformité de la Cour des comptes, ce projet de loi est soumis à l’adoption du Parlement.

Le second projet de loi concerne la loi de finances portant budget de l’État pour l’année 2027, assorti de son annexe fiscale. Bâti sur une croissance économique nationale projetée à 6,6 % en 2027 (contre 6,2 % en 2026) et une embellie de l’économie mondiale à 3,4 %, ce budget s’équilibre en ressources et en charges à 18 466,1 milliards de francs CFA, contre 17 350,2 milliards en 2026, soit une hausse de 6,4 %. Il s’inscrit dans la trajectoire du Plan National de Développement (PND 2026-2030) avec un déficit budgétaire ramené à 3,5 % du PIB, a expliqué Amadou Coulibaly.

Ce budget consacre également des réformes phares, notamment l’amorce du Fonds souverain de Côte d’Ivoire doté de 100 milliards de francs CFA pour son démarrage, ainsi qu’une allocation de 70 milliards de francs CFA dédiée aux études d’accélération des projets du PND. Ce projet de loi a été transmis au Parlement pour adoption. Le conseil des ministres a également adopté un décret portant ratification d’un accord de prêt de 189,6 millions d’euros (soit environ 124,37 milliards de francs CFA), conclu le 8 juillet 2026 avec l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement est destiné à la mise en œuvre de la première phase du projet « Compétences pour l’innovation, la résilience et les aspirations » (CIRAA). Ce programme multisectoriel, a expliqué le porte-parole du gouvernement, vise à dynamiser l’employabilité des jeunes et des travailleurs en améliorant la qualité des formations professionnelles et de la production dans les secteurs clés.

Concrètement, l’enveloppe budgétaire permettra de soutenir deux piliers majeurs de l’écosystème national. Il s’agit de l’optimisation du marché du travail, notamment à travers l’opérationnalisation de la plateforme numérique de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) ; du renforcement des infrastructures de formation, notamment en soutenant les investissements du Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) pour la création de centres d’équipements partagés, dotés de technologies modernes et encadrés par des formateurs spécialisés.

Par ailleurs, le projet ambitionne d’élargir significativement l’accès aux stages et aux programmes d’apprentissage structurés, au bénéfice direct des jeunes sans emploi et de non scolarisés.

Au titre du ministère de la Justice et de droits de l'homme, le conseil a adopté un projet de loi portant création, compétence et organisation du pôle des juridictions pénales économiques et financières. Ce pôle comprend d'une part le pôle pénal économique et financier en tant que juridiction spécialisée de premier degré et d'autre part la cour d'appel pénale économique et financière, une juridiction spécialisée de second degré en charge des recours formés contre les décisions rendues par le pôle. “Cette nouvelle structuration de la chaîne pénale économique et financière prolonge l'initiative de spécialisation introduite ces dernières années pour adapter au mieux les mécanismes de poursuite et de jugement à la complexité particulière de la criminalité économique et financière qui présente souvent un caractère transnational et appelle à des investigations exigeantes”, a expliqué le ministre Amadou Coulibaly.

Lacina Ouattara