Conseil des ministres : Vigilance renforcée face à la crise au Moyen-Orient

Conseil des ministres : Vigilance renforcée face à la crise au Moyen-Orient
Sous l’autorité d’Alassane Ouattara, l’État ivoirien est en alerte face aux tensions au Moyen-Orient

Réuni ce mercredi 4 mars 2026 au Palais de la Présidence de la République, sous la présidence du Chef de l’État, Alassane Ouattara, le Conseil des ministres a examiné plusieurs dossiers d’importance nationale et internationale. À l’issue des travaux, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a fait le point à la presse. 

Abordant les points divers, Amadou Coulibaly a indiqué que le Conseil s’est penché sur la situation au Moyen-Orient, suivie « avec attention ». Deux raisons principales justifient cette vigilance. « La première tient à la présence de ressortissants ivoiriens en Irak, environ 200, et en Israël, environ 300. Nous suivons donc attentivement l’évolution de la situation et aviserons en conséquence », a déclaré le porte-parole du gouvernement, soulignant que la sécurité des compatriotes demeure une priorité.

La deuxième préoccupation est d’ordre économique, notamment en ce qui concerne l’évolution du cours du pétrole brut. « En raison de cette crise, une équipe de veille a été mise sur pied au niveau du ministère du Plan et du Développement, ainsi qu’au niveau du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, afin d’envisager, si besoin, les ajustements nécessaires que cette situation pourrait imposer à notre pays », a-t-il expliqué.

Le ministre a également précisé que le ministère du Commerce assure une surveillance renforcée du marché. « Une veille est assurée afin de s’assurer que certains opérateurs ne profitent pas de cette situation pour augmenter de façon artificielle et anticipée le coût des produits de grande consommation », a-t-il insisté.

 

164 kilomètres de ligne BRT et  65 kilomètres de ligne de métro à réaliser

Au titre des mesures générales, le Conseil a adopté un décret portant ratification d’un accord-cadre de vente à tempérament d’un montant total de 200 millions d’euros, soit un peu plus de 131 milliards de francs CFA, conclu le 9 novembre 2025 entre la Banque islamique de développement et la République de Côte d’Ivoire.

Selon Amadou Coulibaly, cet accord vise le financement du projet de mobilité urbaine durable et intégrée d’Abidjan, inscrit dans le cadre du Programme de mobilité urbaine soutenable du Grand Abidjan (PMUS 2040). « Ce projet prévoit la réalisation de 164 kilomètres de ligne BRT, de 65 kilomètres de ligne de métro, le développement du transport lagunaire et, globalement, la modernisation du transport public avec le déploiement d’un système de transport intelligent », a-t-il détaillé.

La première phase concerne la construction d’infrastructures essentielles, notamment des ports lagunaires et la modernisation de grands carrefours stratégiques, avec la mise en place de trois pôles d’échange multimodaux au carrefour de Cocody Saint-Jean, au carrefour de la Vie et au carrefour d’Angré. Elle inclut également la réhabilitation de la voirie, l’amélioration du drainage ainsi que la création de trottoirs et de pistes cyclables. Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs annoncé l’adoption d’un décret portant ratification d’un accord-cadre de vente à tempérament d’un montant de 104,2 millions d’euros, soit environ 68,65 milliards de francs CFA, conclu le 1er septembre 2025 entre la Banque islamique de développement et l’État ivoirien. « Ce projet vise à réduire significativement l’importation de cette denrée alimentaire de consommation courante », a expliqué Amadou Coulibaly. Il comprend le développement de sites hydro-agricoles, l’appui à la production de semences, l’équipement des exploitations, le soutien à la transformation du paddy et à la commercialisation du riz usiné, ainsi que le renforcement des capacités de recherche et des infrastructures.

À travers ce programme, le gouvernement entend renforcer durablement la production locale et consolider la souveraineté alimentaire du pays.

Enfin, le Conseil a adopté un décret déterminant les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI). « Ce décret actualise le système de la propriété intellectuelle en Côte d’Ivoire et réaménage l’organisation et le fonctionnement de l’OIPI », a indiqué le ministre de la Communication. L’objectif est d’accompagner efficacement la mise en place d’un écosystème d’innovation à forte valeur ajoutée, capable d’accélérer la valorisation des produits du terroir et de mieux protéger les créations et innovations nationales.

En somme, à travers les décisions prises lors de ce Conseil des ministres, le gouvernement affiche une posture de vigilance face aux incertitudes internationales tout en poursuivant ses réformes structurelles en faveur du développement et de la résilience économique de la Côte d’Ivoire.

 

Rahoul Sainfort