Retro’Culture : Justin Stanislas : Le crooner qui parlait à l’âme !

Retro’Culture : Justin Stanislas : Le crooner qui parlait à l’âme !

Rabé Oré Stanislas. Il était plus connu sous le pseudonyme de Justin Stanislas. Artiste ivoirien emblématique, Justin Stanislas était  connu pour le timbre de sa voix exceptionnelle et son talent musical hors du commun. Il faisait partie des quelques rares «crooners», c’est-à-dire, des chanteurs à voix de la Côte d’Ivoire et, même, de la sous-région africaine.

Artiste-chanteur et auteur-compositeur, il a très tôt senti en lui le passage spirituel de la transmission de la pensée suave. Et, il s’est inscrit dans ce registre de chansons langoureuses. Les mélomanes disaient de lui qu’il est celui qui faisait pleurer ceux qui comprennent le sens de ses paroles.

Sa musique, dans une versification accompagnée de mélodies suaves, parlait à l’âme. Il reste encore celui qui a chanté et vénéré les morts. Cela transpirait dans son tube phare et mémorable "Gnian Yohou", en mémoire de sa belle-mère du nom de Yohou, à qui il a dédié ce titre qui, selon ses dires dans une interview, lui a ouvert les portes du succès et de sa carrière internationale. Ce qui lui a permis de passer le reste de sa carrière à Paris en France.

Justin Stanislas a marqué la scène musicale ivoirienne avec des chansons emblématiques et a été un influenceur, au sens noble du terme, de bien d’autres jeunes musiciens à voix dans le lanterneau ivoirien.

Son décès, le 1er juillet 2022, a été un véritable choc pour la Côte d’Ivoire et, en particulier, pour le monde artistique.

Rappelé à Dieu en France à 75 ans, celui que les inconditionnels appelaient «JR» a passé plus de 40 années de sa vie dans la pratique de la musique.

Sa vie, dans l’Hexagone, il l’avait exclusivement consacrée à la musique, à la différence des autres artistes qui exerçaient d’autres métiers, en marge de leur carrière musicale. 

Le Crooner a laissé un héritage musical profond et durable.

Justin Stanislas  magnifiait aussi les valeurs sociales au nombre desquelles «la reconnaissance, la mère des vertus», selon lui. Et ses chansons en transpiraient à profusion par le nom des personnes qu’il évoquait dans ses chansons.

Outre sa belle-mère «Gnian Yohou», le Crooner témoignait sa gratitude à sa compagne « Wassia», Koffi Yvonne, de son vrai nom, aussi appelée «La Marraine de Clignancourt». La chanson "Ne me quitte pas" de JR lui a même été dédiée.

Justin Stanislas a également célébré des personnalités politiques à travers ses chansons. Il a ainsi consacré des œuvres à Bra Kanon, Gogoa Beale, Gnizako, Ernesto Djédjé et à bien d’autres filles et fils de Daloa qui ont contribué de manière significative à la cohésion et au développement de la région des Antilopes.

En réalité, Justin Stanislas était un océan de créativité florissante. La Côte d’Ivoire a reconnu son apport à la musique nationale : au nom du Président de la République, Alassane Ouattara, il a été élevé, à titre posthume, au rang d’Officier de l’Ordre du Mérite ivoirien par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck. L’artiste repose depuis le samedi 10 septembre 2022 à Williamsville.

JAD