Fondation Salomon Kalou : Quand les légendes du football bâtissent des reins pour l'Afrique

Fondation Salomon Kalou : Quand les légendes du football bâtissent des reins pour l'Afrique
La fondation Kalou Salomon réuni plusieurs légendes du football à Abidjan pour la construction d'un centre de reins (Ph DR)

Il y a des instants où le sport transcende le sport. Où le cuir d'un ballon, les crampons et les maillots ne racontent plus seulement une victoire ou une défaite, mais une humanité debout, solidaire et en marche. Ces instants-là, Abidjan les a vécus les 14, 15 et 16 mai 2026, portés par l'élan d'un homme et la générosité d'une constellation d'étoiles.

L'homme, c'est Salomon Kalou. L'ex-attaquant des Éléphants, celui qui a fait trembler les filets de la Premier League, de la Ligue 1 et de la Bundesliga, avait convoqué ses pairs - les plus grands - non pas pour un trophée, mais pour une vie. Ou plutôt, pour des milliers de vies. Car derrière les sourires, les accolades et les dribbles enchanteurs de ces trois jours inoubliables, se dessine quelque chose de bien plus grand : la construction d'un Centre des reins à Moossou, dans la commune de Grand Bassam, sur un espace de 7 000 mètres carrés gracieusement offert par la chefferie traditionnelle. Un projet évalué à plus de 4 milliards FCFA (4 068 280 000 F CFA précisément) dont la première pierre a été solennellement posée le vendredi 15 mai 2026.

Ce n'est pas une promesse. C'est une fondation, au sens propre comme au sens figuré.

La Fondation Salomon Kalou n'en est pas à son coup d'essai dans le combat contre la maladie rénale. Depuis plusieurs années, elle multiplie les actions concrètes : construction de centres de dialyse, don d'appareils de dialyse aux structures de santé en difficulté, soutien aux orphelins de Grand Bassam. Elle incarne ce que le sport peut être quand il choisit de se mettre au service de la vie. Cette fois, l'ambition est à la mesure de la crise sanitaire qui frappe silencieusement des milliers de familles ivoiriennes et africaines : un hôpital entier, dédié aux pathologies rénales, où aucun malade ne mourra faute de soins.

Pour porter cette vision jusqu'au stade Félix Houphouët-Boigny, ce temple du football ivoirien, Salomon Kalou avait réuni autour de lui une galerie de légendes à couper le souffle. Samuel Eto'o, le lion indomptable du Cameroun. Didier Drogba, la force tranquille de la Côte d'Ivoire. Florent Malouda, le feu follet de la Guyane et de l'équipe de France. Ibisevic Vedad, la puissance venue des Balkans. El Hadj Diouf, Khalilou Fadiga, Stéphane Mbia, côté africain. Et parmi eux, toute une génération ivoirienne : Max Gradel, Kader Keïta, Gohi Bi Cyriac, Arthur Boka, Cyril Domoraud, Marc Zoro, Didier Zokora, Siaka Tiéné, Aristide Zogbo, Amara Diané, Deli Simon, Seydou Doumbia, Abdoul Razak, Cissé Abdoul Karim ... Des noms qui résonnent comme autant de souvenirs gravés dans le marbre de l'histoire du football africain.

Le match de gala du samedi 16 mai a vu les Légendes ivoiriennes l'emporter 5 buts à 3 face aux Légendes internationales. Mais dans ce stade Houphouët-Boigny vibrant d'émotion, la seule victoire qui comptait vraiment était celle de la solidarité. Le député-maire de Yopougon et ancien président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Adama Bictogo, a enfilé lui aussi les crampons, donnant au geste une dimension citoyenne et symbolique forte. Le ministre des Sports Metch Silas et le premier vice-président de la FIF, Malick Tohé, ont honoré l'événement de leur présence, marquant l'ancrage institutionnel de cette belle initiative. Avec à leurs côtés la double médaillée mondiale du 100 et 200m, Marie Josée Ta Lou.

Mais c'est au Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire que la soirée a atteint son point d'orgue. Dans l'élégance feutrée de ce lieu de prestige, légendes du football, partenaires, institutions et mécènes se sont retrouvés autour d'un dîner de bienfaisance d'exception. Le grand lustre de la salle n'éclairait pas seulement des visages illustres, il illuminait aussi un engagement : celui de donner aux malades du rein, à ceux qui n'ont rien, une chance de vivre dignement.

À Grand Bassam, là où la mer ivoirienne murmure ses vieilles histoires, un hôpital va naître. Il portera l'empreinte de ces légendes qui ont choisi, un soir de mai 2026, de transformer leur gloire passée en espoir concret. Salomon Kalou, lui, a déjà marqué son plus beau but.

 

OUATTARA Gaoussou