Mondial 2026 : Emerse Faé, l'architecte d'une Côte d'Ivoire conquérante

Mondial 2026 : Emerse Faé, l'architecte d'une Côte d'Ivoire conquérante
Emerse Faé a bâti un groupe compact, très solidaire et collectif, prêt à travailler ensemble (Ph DR)

En un peu plus de deux ans à la tête des Éléphants, Emerse Faé a transformé une équipe nationale en quête d'elle-même en une machine à gagner, couronnée sur le continent et désormais franchissant, pour la toute première fois de son histoire, le cap des huitièmes de finale d'une Coupe du Monde. 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Depuis qu'Emerse Faé a pris les rênes des Éléphants, le bilan est éloquent : 35 matchs dirigés, 25 victoires, 4 nuls et 6 défaites, pour un taux de victoire exceptionnel de 71,4 %. Mais au-delà de la statistique, c'est l'élan qu'il a insufflé à cette génération qui force l'admiration.

Nommé sélectionneur dans des circonstances dramatiques, il prend les commandes en cours de CAN 2023, alors que la Côte d'Ivoire est au bord du précipice, Emerse Faé réussit l'impensable. Renverser le tournoi et offrir aux Ivoiriens leur troisième titre continental sur leurs propres terres. Cette performance lui vaut le titre de Meilleur entraîneur de la CAN 2023 et, dans la foulée, celui d'Entraîneur africain de l'année. Une consécration méritée pour un homme qui travaille dans la discrétion et l'exigence.

La suite est à l'avenant. La campagne de qualification pour la Coupe du Monde 2026, une première depuis 2014 pour la Côte d'Ivoire, est tout simplement remarquable avec 8 victoires, 2 nuls, aucune défaite, et surtout, aucun but encaissé. Une muraille défensive doublée d'une efficacité offensive qui a fait taire les derniers sceptiques.

Ce que Faé a apporté à cette équipe, c'est avant tout une identité. Un bloc collectif soudé, une compétitivité saine entre les joueurs – les 26 éléments du groupe peuvent prétendre au onze de départ – et cette conviction que l'équipe prime toujours sur les individualités, aussi brillantes soient-elles. Le capitaine Franck Kessié lui-même l'a reconnu en zone mixte : « Le coach est le capitaine du bateau. »

Sur le banc depuis le début du Mondial 2026 à Philadelphie, Faé a navigué avec sang-froid. Un succès d’entrée face à l’Equateur (1-0) suivi d’une défaite face à l'Allemagne (2-1), avant de clore la phase de groupe par une victoire convaincante, dont ce 2-0 historique contre Curaçao, ponctué d'un doublé de Nicolas Pépé, qui envoie les Éléphants en huitièmes pour la toute première fois de leur histoire. Il devient ainsi le premier entraîneur ivoirien à franchir ce cap en Coupe du Monde.

Loin de se satisfaire de cette qualification historique, Emerse Faé, fidèle à sa sobriété légendaire, garde le cap. La France ou la Norvège attend au prochain tour, deux adversaires redoutables, mais pas insurmontables pour des Éléphants qui ont appris à croire en eux. Dans ce Mondial, l'histoire de la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara n'est peut-être qu'à son prologue. Et l'architecte silencieux du football ivoirien n'a pas dit son dernier mot.

 

OUATTARA Gaoussou à Philadelphie (Pennsylvanie)