Franck Kessié (Capitaine de la Côte d’Ivoire) : « Tant que nous sommes dans cette compétition, il faut continuer à rêver »
Capitaine souverain, leader discret et voix de son groupe, Franck Yannick Kessié a accordé cette interview dans la zone mixte du stade de Philadelphie, après la qualification historique des Éléphants pour les seizièmes de finale du Mondial 2026. Derrière le calme de l'homme se dessine la fierté d'un peuple.
Le Patriote : Après la défaite face à l'Allemagne, vous avez enchaîné deux victoires et vous voici qualifiés. Cette page historique, c'est votre plus grande satisfaction ?
Franck Kessié : Dieu merci, nous avons gagné deux matchs. En venant ici, notre premier objectif était clair : sortir de la phase de poules. C'était la priorité absolue. Nous y sommes parvenus avec deux victoires et une défaite. La première étape est accomplie. Maintenant, il faut penser à la deuxième.
LP : Votre prochain adversaire sera la France ou la Norvège. Comment abordez-vous ce rendez-vous ?
FK : Ce sont deux grandes nations, avec des joueurs de très grande qualité. Mais à ce stade de la compétition, il n'y a plus de match facile. Ce sont des seizièmes de finale. Tout peut arriver dans le football. Nous allons bien nous préparer et donner le meilleur de nous-mêmes.
LP : Quelle est la principale force de cette équipe ivoirienne ?
FK : Notre force, c'est le collectif. Il y a une très bonne entente entre les joueurs et beaucoup d'humilité. C'est ce qui nous permet d'avancer ensemble, match après match.
LP : Quel rôle joue le sélectionneur dans cette réussite collective ?
FK : Le coach est le capitaine du bateau. Nous essayons de mettre en pratique tout ce qu'il prépare avec le staff. Ce qui est très positif, c'est que nous avons un groupe extrêmement compétitif. Les 26 joueurs peuvent prétendre à une place de titulaire. Tout le monde travaille dur, puis c'est le coach qui fait ses choix. Et jusqu'à présent, ça fonctionne. Peu importe les onze joueurs alignés, l'équipe parvient toujours à produire de bonnes performances.
LP : La qualification enlève-t-elle de la pression, ou au contraire en rajoute-t-elle ?
FK : Je dirais que c'est maintenant que la vraie compétition commence. Sortir de la phase de poules est un soulagement, car c'était notre premier objectif. Aujourd'hui, il faut savourer cette qualification historique. Mais dès demain, il faudra tourner la page et se concentrer pleinement sur les seizièmes de finale.
LP : Comment vous sentez-vous personnellement dans cette Coupe du Monde ?
FK : Je me sens bien. Une Coupe du Monde n'arrive que tous les quatre ans. Pour la Côte d'Ivoire, cela faisait douze ans que nous n'avions plus participé à cette compétition. On peut faire toute une carrière sans avoir la chance de disputer un Mondial. Quand cette opportunité se présente, il faut lâcher les chevaux, prendre du plaisir et jouer chaque match comme si c'était le dernier.
LP : Après la qualification, vous avez mis en avant le président de la Fédération. Pourquoi ce geste ?
FK : Parce que notre réussite ne repose pas uniquement sur les joueurs. Il y a aussi le staff technique, le staff médical, le personnel administratif et toutes les personnes qui travaillent dans l'ombre. Le président de la Fédération est à nos côtés depuis quatre ans. Il accompagne les joueurs en permanence, que ce soit en sélection ou dans nos clubs. C'était une façon de lui rendre hommage pour tout ce qu'il fait pour nous. C'est quelqu'un qui est au service des joueurs et qui nous soutient au quotidien. Je suis certain qu'il est fier de nous, tout comme nous sommes heureux de ce que nous avons accompli jusqu'ici.
LP : Aujourd’hui, cette équipe peut-elle rêver encore plus grand ?
FK : Bien sûr. Tant que nous sommes dans cette compétition, il faut continuer à rêver. Il faut rêver grand, oser, essayer d'aller le plus loin possible. Nous savons que rien n'est facile dans ce tournoi. Mais nous voulons continuer à écrire l'histoire.
LP : Votre avenir en club alimente beaucoup de rumeurs. Êtes-vous déjà tourné vers le mercato ?
FK : Non. Aujourd'hui, ma seule priorité, c'est la Coupe du Monde. Je sais que je serai libre dans quelques jours et qu'il y a beaucoup de rumeurs. C'est normal, c'est la période du mercato. Les clubs s'intéressent aux joueurs, les journalistes font leur travail. Mais, pour l'instant, je ne pense qu'à la sélection. Ma mission, c'est de tout donner pour la Côte d'Ivoire. Pour le reste, vous connaîtrez les informations au moment opportun.
OUATTARA Gaoussou - Envoyé Spécial à Philadelphie
