Front commun : une alliance de dupes

Front commun : une alliance de dupes

Il fallait s'y attendre. Le front commun de l'opposition mis en place le 16 juillet 2025 par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a fait long feu. A peine un an après sa création, l’alliance a volé en éclats. Les alliés d'hier se regardent aujourd'hui en chiens de faïence. 

Ceux qui prédisaient une mort certaine à cette alliance entre deux partis diamétralement opposés ont vu juste. Comment pouvait-il en être autrement ? Tout indiquait que les deux formations politiques étaient dans un jeu d'intérêt. Elles étaient, en effet, embarquées dans une sorte d'hypocrisie mutuelle. Et, cela sautait aux yeux. Les deux formations politiques n'avaient nullement confiance l'une en l'autre. L’alliance reposait sur un opportunisme à court terme. Chacun avait son couteau dans le dos prêt à porter le coup au moment opportun.

Dans cette logique, elles ont misé sur la naïveté de l'allié pour faire aboutir leurs propres projets.  En d'autres termes, les partenaires ont fait semblant de collaborer pour un objectif commun, mais cherchaient en réalité à servir exclusivement leurs propres intérêts, souvent au détriment direct de l'autre. C'est dans cette perspective de vouloir user de duperie pour assouvir chacun ses désirs électoraux que le PPA-CI et le PDCI ont décidé jeter les bases d'une alliance à l'approche du scrutin présidentiel d'octobre 2025.

Un mot d'ordre de désobéissance civile est lancé avec des agendas cachés. Traduit par des obstructions de voies par des troncs d’arbres, l’incendie de plusieurs sites de la Commission Électorale Indépendante (CEI), la destruction de bureaux de vote et de matériels électoraux, des affrontements intercommunautaires, des attaques contre des autorités administratives et les Forces de Défense et de Sécurité, ainsi qu’une tentative de sabotage des installations de l’un des principaux fournisseurs d’énergie de la Côte d’Ivoire.

Bilan des troubles : 11 décès dont celui d’un officier de la gendarmerie nationale, 71 blessés, d’importants dégâts matériels et 1 658 interpellations selon un communiqué du Conseil national de sécurité. Ainsi, la nation a payé cher l'inconséquence du PPA-CI et du PDCI-RDA qui s'accusent aujourd'hui de trahison.

Lacina Ouattara