Affaire “le sixième pont est un faux pont” : Une véritable injure aux experts
Il est vrai que toutes les idées sont les bienvenues dans le débat autour du développement de la Côte d'Ivoire. Cependant, certaines prises de position ou certaines argumentations dégagent une odeur nauséabonde. En effet, il est de notoriété que les autorités d'un pays visent toujours le bien-être des populations à travers la réalisation des plans nationaux de développement (PND). Ces programmes établis autour de plusieurs années, il faut le souligner, sont les fruits de réflexions d'experts dans leurs domaines respectifs. Ils font donc l'objet de rigueur intellectuelle avant d'être publiés et adoptés pour leur mise en musique. Ainsi, plusieurs projets sont passés au peigne fin par les sachants du domaine avant leur insertion dans le PND. C'est le cas du sixième pont d'Abidjan.
L'ouvrage dont le coût est estimé à 200 milliards FCFA (305 millions d’euros) est inscrit dans le PND 2026-2030. Ce qui veut dire qu'il a été largement étudié par les experts. Et que son utilité en matière de fluidité du trafic dans la capitale économique, de réduction de la pression sur les infrastructures existantes et de gain de temps pour les populations ne souffre d'aucun doute. Auquel cas, les experts qui ont pris de leur temps précieux et de leurs énergies pour consacrer des jours voire des mois de réflexion sur le projet et son impact dans le dispositif de la mobilité dans le grand Abidjan ne l'auraient pas retenu. L’ouvrage ne serait donc pas inscrit dans le plan national de développement en cours de réalisation. C'est donc clair comme de l'eau de roche : le sixième franchissement de la lagune Ebrié sur un axe destiné à renforcer la circulation entre le Nord-Est et le Sud de la ville d'Abidjan pour une longueur d'environ 1,5 km est plus que bénéfique pour les habitants.
Ce pont est crucial pour plusieurs raisons. Il vise notamment à améliorer la mobilité urbaine en réduisant les embouteillages et, par conséquent, à renforcer la qualité de vie des habitants des quartiers d’Abatta, Bingerville, Koumassi ou Port-Bouët, qui subissent quotidiennement les effets de la congestion routière.
Le projet représente également une véritable opportunité économique pour la ville, en générant des emplois et en dynamisant les quartiers concernés.
En somme, le sixième pont d’Abidjan est une infrastructure stratégique dont la réalisation transformera durablement la fluidité du trafic entre le Nord-Est et le Sud de la capitale économique, tout en contribuant à la croissance et au bien-être des populations
Les critiques passent, les ouvrages restent pour servir la nation et les populations
La remise en cause de la réalisation de cet ouvrage sonne comme une injure au travail des experts qui ont planché sur le projet. Cependant, c'est à un jeu de négation que le professeur Jean-Claude Djéréké s’est livré, à la grande joie du confrère le Nouveau Réveil qui barrait à sa une d’hier : “Jean-Claude Djéréké, Pr de littérature à l'université de Temple (USA): “Le 6e pont d'Abidjan est un faux pont”. Selon le professeur, “le pont peut paraître comme la persistance d'une politique de fausses solutions”.
Force est de reconnaître que les déclarations du professeur reprises à cœur joie par le porte-voix du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) respirent la manipulation. Visiblement le littéraire qui s'est taillé un costume d'opposant virulent pour la circonstance voulait en découdre avec le pouvoir. Au point de voir tous les projets développés durant des années en fausses solutions. Pourtant, les Ivoiriens et les experts du monde entier sont unanimes sur le fait que les infrastructures réalisées par le gouvernement ont permis d'améliorer significativement les conditions de vie et de travail en Côte d'Ivoire. Il faut être aveuglé par la politique politicienne pour ne pas voir ces avancées ou du moins les minimiser, rabaisser leurs portées et les qualifier de fausses solutions.
De toutes les façons, les débats malsains autour des ouvrages ont existé et existeront tant que la mauvaise foi ne sera pas extirpée du jeu politique. Ainsi, le troisième pont d'Abidjan et son système de péage ont fait l'objet de vives critiques. Aujourd'hui, la réalité est là. Il fait la fierté des Ivoiriens et est incontournable pour les automobilistes qui misent sur le gain du temps dans les différentes courses.
Remontons plus loin. La construction de la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro par le Président Félix Houphouët-Boigny avait été vivement critiquée en son temps par des intellectuels et des observateurs. Ces derniers ne voyaient pas l'utilité d'un tel édifice en pleine crise économique. Face aux critiques, le président Félix Houphouët-Boigny était obligé de monter au créneau pour affirmer avoir financé l'ouvrage avec ses fonds propres, bien que la question de la confusion entre ses biens et ceux de l'État ait alimenté les controverses. Les années ont passé et le projet qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive a évolué pour être aujourd'hui une fierté nationale. En effet, les critiques initiales se sont estompées avec le temps pour laisser place à un sentiment de fierté, la basilique étant aujourd'hui perçue comme un chef-d'œuvre architectural et un pôle touristique majeur. Comme quoi, les critiques passent, les ouvrages, eux, restent pour servir la nation et les populations.
Lacina Ouattara


