Port sec de Ferkessédougou : 71 000 emplois directs et indirects à générer
Infrastructure stratégique pour la Côte d’Ivoire, les travaux du Port sec de Ferkessédougou dans le nord du pays progressent à un rythme satisfaisant. C’est le constat fait hier, lors d’une visite de terrain, par Hien Sié, ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier. L’émissaire du gouvernement s’est réjoui de l’état d’avancement des travaux et a souligné le rôle attendu de ce projet dans la réorganisation des flux logistiques, le développement du Nord et les échanges avec les pays de l’hinterland.
Bâti sur 732 ha, le projet doit notamment accueillir une plateforme multimodale, des terminaux spécialisés, un dépôt d’hydrocarbures de 61 000 m³ ainsi qu’un marché à bétail et un abattoir régional. Le premier lot, réalisé en maîtrise d’ouvrage publique par Complant LTD, représente 254,171 milliards de FCFA, financés à 15 % par l’État ivoirien et à 85 % par un pool de banques chinoises conduit par l’ICBC.
Pour le ministre ivoirien des Infrastructures et de l’Entretien routier, cette infrastructure à terme doit devenir un maillon essentiel du schéma logistique national. Elle permettra, a-t-il insisté, de rapprocher certaines activités du Nord et de l’hinterland, notamment du Burkina Faso et du Mali, en s’appuyant sur le transport ferroviaire depuis le Port autonome d’Abidjan.
Comment la Côte d’Ivoire mise sur une nouvelle locomotive économique pour le Nord ivoirien
Le transfert d’une partie des opérations actuellement concentrées à Abidjan devrait contribuer à réduire la congestion du port, des routes et de la circulation dans la capitale économique. Le rail devrait jouer un rôle central dans l’acheminement des marchandises, tandis que le transport des hydrocarbures reposera à terme sur le rail et un pipeline. « Décongestionner la ville d’Abidjan aujourd’hui par une zone logistique aussi importante que le Port sec de Ferké, c’est un atout majeur pour l’économie ivoirienne », a déclaré le ministre.
Les travaux affichent actuellement un taux d’exécution supérieur à 30 %, selon Abdoulaye Alliagui, coordonnateur de l’Unité de gestion du projet Port sec de Ferké. Les terrassements sont avancés, la construction des bâtiments se poursuit et les entrepôts sont en phase de finalisation. Les fondations des dépôts d’hydrocarbures ont également démarré. Une accélération du chantier est attendue avec le premier paiement du prêteur à l’entreprise. La livraison est prévue pour fin 2028.
« Au-delà de sa fonction logistique, le site doit favoriser l’implantation d’unités industrielles, notamment dans l’agroalimentaire, le textile et les matériaux de construction, et contribuer à la création d’emplois dans le Nord », a rappelé Hien Sié. L’État a déjà consacré plus de 14 milliards de FCFA aux opérations liées aux droits coutumiers et à la réinstallation des populations affectées.
Lors de sa visite, Hien Sié a appelé au respect des délais et à une bonne coordination entre les différents acteurs. Il a également insisté sur la nécessité de préserver suffisamment d’espace autour du site pour permettre son extension future et éviter que l’urbanisation ne limite son développement. À terme, le Port sec de Ferkessédougou ambitionne ainsi de devenir un carrefour entre le Sud et le Nord de la Côte d’Ivoire, le Port d’Abidjan et les pays de l’hinterland. Le projet doit contribuer à fluidifier les échanges, rapprocher les services logistiques des zones de production et de consommation et soutenir le développement économique du Nord. Ce projet majeur une fois achevé, devrait générer 71 000 emplois directs et indirects. Ce port comprendra des infrastructures telles qu'un terminal d'importation et d'exportation, un dépôt d'hydrocarbures et un marché à bétail. Ce projet vise à faciliter les échanges commerciaux entre la Côte d'Ivoire et la sous-région.
Thiery Latt


