Prix des produits pétroliers : La Côte d’Ivoire a toujours protégé ses citoyens face aux hausses
La Côte d'Ivoire n'a pas fait exception face à la flambée des cours internationaux du pétrole. Depuis le 1er août, le gouvernement ivoirien a ajusté le prix des carburants à la pompe. Le litre de super passe de 875 à 905 FCFA, soit une hausse de 3,43 %, tandis que le gasoil augmente de 700 à 725 FCFA, soit 3,57 % de plus.
Une hausse qui fait dire à certains que le gouvernement ivoirien ne fait rien pour préserver le pouvoir d’achat de ses concitoyens. C’est une réaction un peu simpliste quand on sait que derrière cette hausse, sur chaque litre de super, l’automobiliste supporte 30 francs quand l’État en supporte 215 francs. Cet effort représente près de 350 milliards de francs CFA pour la seule année 2026, et plus de 1 600 milliards depuis 2022.
Le gouvernement ivoirien a toujours répondu à la hausse du carburant par la subvention des prix à la pompe, afin d’amortir l’impact sur les ménages et les coûts de transport. En 2022, l’État a maintenu les prix du super sans plomb et du gasoil à 735 FCFA et 615 FCFA le litre, grâce à une subvention massive. Le gouvernement a mobilisé environ 200 milliards FCFA de janvier à mai 2022, puis 405 milliards FCFA pour contenir la flambée, dans un contexte de crise mondiale des prix liée notamment à la guerre en Ukraine.
En 2023, face à la poursuite des tensions sur les marchés pétroliers, les autorités ont procédé à des ajustements encadrés des prix du carburant, tout en maintenant une logique de protection du pouvoir d’achat. Les hausses ont été calibrées pour limiter le choc sur les consommateurs, plutôt que de laisser les prix suivre brutalement les cours internationaux.
En 2024, 2025 et 2026, la politique est restée la même : subventions ciblées, prise en charge partielle des coûts logistiques et ajustements périodiques des tarifs, avec parfois des mesures complémentaires comme l’exonération temporaire de certains droits ou la compensation de frais liés à l’acheminement des produits pétroliers. En mai 2026, par exemple, l’État a encore mobilisé plus de 100 milliards FCFA pour amortir la flambée du pétrole et limiter la hausse des prix à la pompe.
Un État protecteur
Dans les périodes de turbulence, la protection des populations a toujours été une priorité pour le Président de la République Alassane Ouattara et son gouvernement.
Ainsi, en 2020, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 et par les tensions sur les marchés alimentaires mondiaux, le gouvernement ivoirien a multiplié les initiatives pour préserver le bien-être des populations et soutenir l’économie nationale. Loin de se limiter à une réponse sanitaire, l’action publique s’est déployée sur les volets social, économique et humanitaire.
Au cœur des mesures, les transferts monétaires aux ménages vulnérables ont constitué un filet de sécurité essentiel. Plus de 117 000 foyers ont bénéficié d’une aide directe de 75 000 FCFA chacun, permettant de soulager les charges quotidiennes. La création d’un fonds de solidarité, la distribution de vivres et non-vivres, ainsi que la prise en charge temporaire des factures d’eau et d’électricité pour un million de ménages témoignent d’une volonté de protéger les plus fragiles.
Parallèlement, un plan de soutien économique, social et humanitaire d’un montant de 1 700 milliards FCFA a été lancé. Il comprend un fonds de soutien au secteur privé, un appui spécifique aux PME et au secteur informel, ainsi qu’un soutien ciblé aux grandes filières agricoles – cacao, café, anacarde, coton, hévéa et palmier à huile. Ces mesures visaient à préserver l’outil de production et à maintenir l’emploi, garantissant ainsi une reprise rapide après la crise.
Mieux, le gouvernement a également instauré des reports d’échéances pour les factures d’eau et d’électricité, suspendu certains impôts et taxes pour les entreprises, et facilité l’accès au crédit grâce à des fonds de garantie.
Comme on le voit, en choisissant d’absorber une grande partie des chocs auxquels le pays fait face, plutôt que de les répercuter brutalement sur les ménages, l’État ivoirien réaffirme une constante de son action : face aux crises, protéger les populations demeure un impératif.
Yves Kalou


