Taekwondo ivoirien : Le ministère des Sports demande un chronogramme précis d’exécution des décisions du 14 septembre 2026

Taekwondo ivoirien : Le ministère des Sports demande un chronogramme précis d’exécution des décisions du 14 septembre 2026
Le ministère des Sports maintient le cap fixé dans sa note du 14 septembre 2026 et demande à la FITKD de proposer un chronogramme pour l’exécution des décisions arrêtées par la tutelle (Ph DR)

La crise qui secoue le taekwondo ivoirien connaît de nouveaux développements. Après plusieurs mois de tensions, de contestations et de démarches croisées, le ministère des Sports maintient le cap fixé dans sa note du 14 septembre 2026 et demande désormais à la Fédération de proposer un chronogramme précis pour l’exécution des décisions arrêtées par la tutelle.

Cette nouvelle étape est intervenue à l’issue d’une rencontre entre les émissaires du président de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD) et le directeur de cabinet adjoint du ministère des Sports. Selon les informations recueillies auprès de la tutelle, les discussions ont porté principalement sur les suites à donner aux décisions ministérielles et sur les conditions permettant de parvenir, à terme, à une assemblée générale consensuelle et inclusive.

Le rendez-vous fait suite à une première démarche entreprise par Jean-Marc Yacé. Celui-ci avait sollicité une rencontre avec le ministre des Sports, Adjé Silas Metch. Le ministre avait donné son accord, et a mandaté son directeur de cabinet adjoint pour recevoir la délégation de la FITKD en absence du président Yacé, en mission hors du pays. Les premiers échanges n’ayant pas permis d’épuiser les questions soulevées par les représentants fédéraux, le ministre a finalement décidé de les recevoir lui-même.

Au cours de cette audience, la tutelle a rappelé sa disponibilité à recevoir l’ensemble des acteurs du mouvement sportif et insisté sur la nécessité de régler le différend dans le respect des lois, des règlements et des institutions compétentes. Une nouvelle séance de travail a ensuite été organisée avec le directeur de cabinet adjoint afin d’aborder les questions de fond.

Sur ce terrain, le ministère n’a pas infléchi sa position. Il reste attaché à l’application des mesures contenues dans la note du 14 septembre 2026. Celle-ci demande notamment la reprise de l’Assemblée générale ordinaire du 28 décembre 2025, qui fait l’objet de contestations, ainsi que la révision des textes fédéraux avant toute nouvelle échéance élective.

Le contexte explique la fermeté affichée par la tutelle. La crise ne date pas d’hier. Elle s’est progressivement installée autour de la gouvernance de la FITKD, avec des contestations portant notamment sur les conditions de tenue de l’AGO du 28 décembre 2025. Le Collectif des membres statutaires (COMSFIT) a publiquement contesté plusieurs aspects de cette assemblée, tandis que des maîtres de salle ont, de leur côté, apporté leur soutien à Jean-Marc Yacé et défendu la régularité des décisions prises.

Cette opposition de lectures a contribué à installer une situation de blocage. La World Taekwondo, saisie du différend, avait renvoyé les parties vers les autorités nationales pour le règlement du conflit.  Le ministère a alors décidé de reprendre la main avec sa note du 14 septembre dernier.

Entre-temps, l’assemblée générale que la FITKD avait programmée pour le 27 septembre n’a pas pu se tenir. La tutelle avait demandé que le processus soit réorganisé conformément à ses nouvelles orientations.

Aujourd’hui, le mot d’ordre est donc à l’exécution. Les représentants de Jean-Marc Yacé sont invités à transmettre un chronogramme détaillant les différentes étapes permettant de mettre en œuvre les décisions ministérielles. Le Directeur de la Vie fédérale devra assurer le suivi de cette démarche et veiller à la transmission du document.

L’objectif affiché est de sortir progressivement du face-à-face et de recréer les conditions d’une assemblée générale ouverte à l’ensemble des composantes concernées. Le ministère entend ainsi replacer le débat sur le terrain institutionnel, loin des prises de position personnelles et des affrontements par communiqués interposés.

Pour le taekwondo ivoirien, l’enjeu dépasse désormais les personnes. La discipline dispose d’un palmarès international qui continue de faire la fierté du pays, avec notamment 19 médailles internationales obtenues au premier semestre 2026.  La priorité est donc de préserver cet acquis sportif tout en restaurant un fonctionnement fédéral apaisé et conforme aux textes.

Le prochain acte appartient désormais aux responsables concernés de traduire les décisions du 14 septembre en un calendrier précis, vérifiable et partagé. C’est sur cette capacité à passer des déclarations aux actes que se jouera la prochaine étape de la sortie de crise.

OUATTARA Gaoussou