Taekwondo – Rapport financier, conditions d’éligibilité et Comité électoral : Les exigences d’une Assemblée générale crédible
La Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD) joue une étape importante de son processus de sortie de crise avec l’Assemblée générale annoncée pour le 15 novembre prochain. Dans la perspective de l’élection des dirigeants prévue en décembre, cette rencontre doit permettre d’aplanir les points de désaccord, de clarifier les règles du jeu et de réunir les conditions d’un processus électoral accepté par les différentes parties. À cet égard, trois questions méritent une attention particulière : le rapport des commissaires aux comptes, les conditions d’éligibilité et la mise en place du Comité électoral.
Le premier point concerne la gestion financière de la Fédération. L’absence du rapport des commissaires aux comptes dans l’ordre du jour communiqué soulève une question de conformité aux exigences statutaires. Le contrôle des comptes constitue, en effet, un exercice essentiel de transparence et de bonne gouvernance. Il permet aux membres de disposer d’informations sur la gestion des ressources, d’examiner les observations des organes de contrôle et de se prononcer en connaissance de cause sur les comptes de la structure.
Dès lors que les textes de la FITKD prévoient la présentation de ce rapport, son inscription à l’ordre du jour s’impose. Il ne s’agit pas d’un point accessoire, encore moins d’une formalité dont on pourrait se passer. C’est une exigence statutaire qui participe à la crédibilité de l’Assemblée générale. Les précédentes contestations, notamment celles portant sur la gestion financière, ont déjà nourri des désaccords au sein de la famille du taekwondo. Des membres du Collectif des membres statutaires ont notamment évoqué des sorties de fonds sans justificatifs, portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA. Ces allégations, qui nécessitent d’être établies par les voies appropriées, renforcent l’intérêt d’un examen transparent des comptes. L’inscription du rapport permettrait ainsi de clarifier les interrogations et d’éviter que son absence ne suscite davantage de suspicions.
La question des conditions d’éligibilité appelle également une clarification. La clause fixant à 40 ans l’âge minimum pour être candidat à la présidence figure parmi les dispositions adoptées lors de l’Assemblée générale du 28 décembre 2025, dont les résolutions ont été annulées. Dans ces conditions, cette clause ne peut être considérée comme une disposition acquise et opposable sans un nouvel examen régulier. L’Assemblée du 15 novembre doit donc se pencher sur les textes applicables et déterminer clairement les conditions d’éligibilité, dans le respect des procédures statutaires.
Les textes anciens de la FITKD évoquent un âge minimum de 34 ans. Si une modification est envisagée, elle doit être discutée dans un cadre inclusif, sans créer de restriction injustifiée à la participation des candidats. À titre de comparaison, l’âge minimum requis pour être candidat à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est de 35 ans, contre 25 ans pour les élections législatives et municipales. Ces références ne s’imposent pas automatiquement à une fédération sportive, mais elles peuvent nourrir la réflexion sur des critères cohérents et équitables.
Enfin, la composition et les prérogatives du Comité électoral doivent être définies sans ambiguïté. Il importe de préciser les modalités de désignation de ses membres, les conditions de leur indépendance et leurs responsabilités, notamment en matière de réception et de validation des candidatures, de publication des listes électorales, de supervision du scrutin et de proclamation des résultats, selon les textes applicables. Une solution pourrait consister à mettre en place un comité indépendant, avec une participation équilibrée des parties prenantes : ministère des Sports, Comité national olympique, équipe dirigeante sortante, Collectif des membres statutaires et société civile.
Au-delà des divergences, l’enjeu est de garantir un processus transparent, inclusif et incontestable. La sortie de crise du taekwondo ivoirien passe par des règles claires, des comptes examinés et un organe électoral dont la légitimité sera reconnue. C’est à ces conditions que l’Assemblée générale pourra contribuer à l’apaisement et ouvrir la voie à une nouvelle étape dans le développement de la discipline.
OUATTARA Gaoussou


