Compétitions interclubs de la CAF (2e tour préliminaire retour) : L’heure de vérité pour l’ASEC, le FC San Pedro, le CO Korhogo et l’AFAD
Il n’y a plus de calcul à faire. Après des manches aller qui ont laissé toutes les possibilités ouvertes aux quatre représentants ivoiriens, l’ASEC Mimosas, le FC San Pedro, le CO Korhogo et l’AFAD abordent les matches retour avec un même objectif : décrocher leur qualification pour la phase de poules des compétitions interclubs de la CAF. Entre espoir, pression et devoir de représentation, ce week-end s’annonce décisif. Il faudra du fighting spirit, de l’engagement et une volonté de fer pour franchir ce dernier obstacle.
Le football ne laisse pas toujours une seconde chance. Et dans les compétitions interclubs africaines, certaines rencontres prennent une dimension particulière, parce qu’elles peuvent changer le cours d’une saison, donner une autre visibilité à un club et ouvrir de nouvelles perspectives à ses joueurs. Ce week-end, les quatre représentants ivoiriens en savent quelque chose. Pour eux, l’heure n’est plus aux calculs, mais à l’action. Il faut aller chercher cette qualification, avec les moyens du bord, les armes du moment et une détermination sans faille.
Après les matches aller, rien n’est encore définitivement acquis. L’ASEC Mimosas a ramené un nul (1-1) de son déplacement au Maroc face au Maghreb de Fès. Le FC San Pedro a pris une courte avance (2-1) devant le FC Nouadhibou de Mauritanie. En Coupe de la Confédération, le CO Korhogo a été tenu en échec (0-0) à domicile par l’AS FAR de Rabat, tandis que l’AFAD Plateau a concédé un nul (1-1) face au Club Sportif Sfaxien. Quatre situations différentes, mais une même réalité : les portes de la phase de poules ne sont pas encore ouvertes.
Ces matches retour ont ainsi des allures de matches d’une vie. Non pas parce que tout s’arrête en cas d’élimination, mais parce qu’une qualification peut représenter un tournant majeur. La phase de poules est une belle vitrine pour les joueurs, d’abord, qui peuvent s’y révéler, attirer l’attention de recruteurs et donner une nouvelle dimension à leur carrière. Elle l’est ensuite pour les clubs, qui gagnent en visibilité, en expérience et en crédibilité sur la scène continentale. Enfin, elle constitue une occasion supplémentaire pour le football ivoirien de montrer sa capacité à rivaliser avec les meilleures formations africaines.
Ligue des Champions : l’ASEC et San Pedro au pied du dernier obstacle
Pour l’ASEC Mimosas, le rendez-vous est fixé à ce dimanche 25 octobre, à 16h, au stade Félix-Houphouët-Boigny. Face au Maghreb de Fès, les Jaune et Noir partent avec un résultat nul (1-1) obtenu à l’extérieur. Un score qui laisse toutes les chances ouvertes, mais qui oblige les hommes de Julien Chevalier à livrer une prestation à la hauteur de l’enjeu. À domicile, devant leur public, ils devront faire preuve de maîtrise, d’efficacité et de caractère.
L’ASEC connaît mieux que quiconque la portée d’une présence en phase de poules de la Ligue des Champions. Institution du football ivoirien, le club jaune et noir porte une histoire, une exigence et une responsabilité qui dépassent le simple résultat d’un match. Sa place est dans cette compétition, au contact des grandes formations du continent, là où se mesurent les ambitions et se forgent les références africaines.
Mais le prestige ne suffit pas à gagner une rencontre. Il faudra le traduire sur le terrain par une véritable intensité, une concentration constante et une capacité à répondre aux exigences tactiques de l’adversaire. Le nul ramené du Maroc est un point d’appui, pas une garantie. Les Mimos devront jouer avec la tête froide et le cœur chaud, en évitant de confondre précipitation et détermination. La mobilisation des supporters déjà engagée par le club pourrait également peser dans cette rencontre. Dans un stade Félix-Houphouët-Boigny acquis à leur cause, les Jaune et Noir auront besoin de cette communion avec leur public pour transformer l’espoir en qualification.
À quelques heures de cette confrontation, le message est clair : il faut tout donner. Les joueurs doivent mesurer la valeur de cette opportunité et la nécessité de ne pas nourrir de regrets au coup de sifflet final. L’ASEC a les moyens de poursuivre son aventure, mais elle devra le démontrer sur la pelouse.
Le FC San Pedro, lui, se déplace en Mauritanie avec un avantage à préserver. Vainqueurs du FC Nouadhibou (2-1) à l’aller, les Pétruciens sont attendus ce dimanche 25 octobre à 17h au stade Sheikh Bedia de Nouakchott. Une avance d’un but, certes précieuse, mais qui reste fragile face à une équipe mauritanienne décidée à refaire son retard devant son public.
Le défi des hommes de San Pedro sera de gérer cette manche retour avec intelligence. Il ne s’agira ni de subir pendant 90 minutes ni de se laisser entraîner dans un match décousu. Il faudra rester solides, disciplinés et capables de saisir les occasions qui se présenteront. En déplacement, la maîtrise des temps forts et des temps faibles peut faire toute la différence.
Hamed Diarrassouba, lui, a affiché ses intentions sans détour : « On part pour gagner notre match ». Cette déclaration traduit l’état d’esprit attendu d’un groupe qui ne veut pas se contenter de défendre son avantage. Le FC San Pedro doit aborder cette rencontre avec ambition, sans complexe, mais aussi avec le respect nécessaire pour un adversaire qui jouera sa qualification à domicile. Confirmer le succès de l’aller permettrait aux Pétruciens de franchir un cap important et de retrouver la phase de poules de la prestigieuse Ligue des Champions.
Pour les deux représentants ivoiriens, l’enjeu est donc considérable. L’ASEC devra transformer son nul à l’extérieur en qualification à domicile, tandis que San Pedro devra défendre son avance sans renoncer à jouer. Deux scénarios différents, une seule exigence : répondre présent lorsque le rendez-vous ne permet plus de remettre les choses à demain.
Coupe de la Confédération : Korhogo et l’AFAD, croire jusqu’au bout
En Coupe de la Confédération, le CO Korhogo et l’AFAD Plateau sont eux aussi face à leur destin continental. Les Calaos se déplacent ce dimanche 25 octobre au complexe sportif Moulay-Abdellah de Rabat pour affronter l’AS FAR, après un nul vierge (0-0) à l’aller au stade Amadou Gon Coulibaly de Korhogo. Dans cette confrontation, aucun des deux clubs n’a pris l’avantage. Tout reste donc à jouer, avec une difficulté supplémentaire pour les Ivoiriens, contraints d’aller chercher leur qualification sur le terrain d’un adversaire marocain qui évoluera devant son public.
Dans ce contexte, la solidarité, la rigueur défensive et la capacité à exploiter la moindre opportunité seront essentielles. Le CO Korhogo ne devra pas se laisser impressionner par l’environnement. Il lui faudra défendre avec discipline, mais aussi se donner les moyens de faire mal à son adversaire. Un match nul sans but à l’aller signifie que la moindre réalisation peut peser lourd dans la balance. Les Calaos devront donc faire preuve de courage, sans perdre leur lucidité.
Avant ce rendez-vous, la délégation korhogolaise a reçu à l’hôtel Rihab la visite de Son Excellence Lamine Ouattara, ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès du Royaume du Maroc, accompagné de membres de son personnel. Ce moment d’échanges et de convivialité a permis au diplomate de saluer les efforts du président du conseil d’administration du club, Malick Tohé, à la tête du CO Korhogo depuis trois ans. Il a notamment souligné le chemin parcouru par les dirigeants et le club pour atteindre cette étape continentale. Il a invité les joueurs à jouer sans pression et à appliquer les consignes du staff mais surtout à faire honneur à leurs dirigeants, au staff, et à la Côte d’Ivoire toute entière qui sera avec eux.
Cette marque d’attention est un encouragement pour les joueurs et le staff technique à l’approche d’une rencontre aussi importante. Mais sur le terrain, ce sont bien les Calaos qui devront apporter la réponse. Ils ont l’occasion de prolonger une aventure qui représente une étape importante dans l’histoire du club et de confirmer que leur présence sur la scène africaine ne relève pas du hasard.
L’AFAD Plateau, de son côté, est attendue ce samedi 24 octobre à 18h au stade Taïeb-Mhiri de Sfax, en Tunisie, face au Club Sportif Sfaxien. Après le nul (1-1) concédé à domicile, les Académiciens du Plateau devront réussir une performance de caractère à l’extérieur pour se hisser en phase de poules. Le défi est réel, mais la qualification reste accessible.
L’entraîneur Firmin Koffi ne cache d’ailleurs pas l’ambition de son équipe. « Nourrir l’ambition d’accéder à la phase de poule. Certes on a fait un match nul 1-1 à domicile, mais on n’a pas été ridicules. Le mot d’ordre maintenant, c’est tout donner pour la phase de poules », a-t-il déclaré. Un discours qui résume l’état d’esprit attendu : reconnaître les difficultés, tirer les enseignements du match aller et avancer avec la conviction que rien n’est encore joué.
À Sfax, l’AFAD devra faire preuve d’une grande discipline collective et d’une efficacité supérieure dans les deux surfaces. Face à un adversaire qui connaît lui aussi l’importance de cette qualification, les détails compteront. Chaque duel, chaque récupération, chaque occasion pourra peser sur le résultat final. Les Académiciens devront croire en leurs chances jusqu’au bout et ne pas laisser le poids du déplacement prendre le dessus sur leurs ambitions.
Au-delà des résultats, ces quatre rencontres renvoient à une réalité commune. Les dirigeants ont consenti des sacrifices financiers, humains et organisationnels pour permettre à leurs équipes de défendre les couleurs ivoiriennes sur le continent. Les joueurs ont désormais la responsabilité de prolonger ces efforts par des prestations à la hauteur de l’investissement consenti. Il ne s’agit pas de jouer avec la peur de décevoir, mais de comprendre la portée de l’occasion qui se présente.
La phase de poules est une fenêtre ouverte sur l’Afrique, une scène où les talents peuvent se révéler et où les clubs peuvent affirmer leur identité. Pour l’ASEC, le FC San Pedro, le CO Korhogo et l’AFAD, le moment est venu de faire preuve de fighting spirit, d’engagement et de volonté. Se battre comme si c’était le dernier match, tout donner sans retenue et quitter la pelouse sans regret : voilà l’état d’esprit qui doit guider les quatre représentants ivoiriens.
Ce week-end, il n’y a plus de calcul à faire. Il faut jouer, lutter et croire jusqu’au coup de sifflet final. Parce qu’à ce stade de la compétition, la qualification se gagne autant avec les jambes qu’avec la tête et le cœur. Pour les quatre clubs, l’heure est à la mobilisation. La phase de poules est au bout du chemin ; à eux de tout donner pour y accéder.
OUATTARA Gaoussou


