Ally Coulibaly, Grand chancelier de l'Ordre national : « La démocratie est un voyage et non une destination »

Ally Coulibaly, Grand chancelier de l'Ordre national : « La démocratie est un voyage et non une destination »
Le grand chancelier de l'Ordre national a salué l'initiative  du commissariat général du SILA

Regards croisés sur la démocratie en Afrique. Hier, l'essai du journaliste sénégalais Ousmane N'diaye intitulé “l'Afrique contre la démocratie, mythe, déni et péril” était au cœur d'un panel organisé au Sofitel Hôtel Ivoire par le commissariat général du Salon international du livre d’Abidjan. Parrain de la cérémonie, le grand chancelier de l'Ordre national, Ally Coulibaly, s'est félicité de l'occasion qu'offre le commissaire général du Salon du livre d’Abidjan, Ange Félix N’Dakpri, aux uns et aux autres de confronter leurs opinions contradictoires sur un enjeu essentiel en Afrique comme dans le monde.

« On peut, à juste titre, se demander pourquoi organiser un tel rendez-vous ? Tout d’abord, parce que, comme beaucoup d’entre vous, je crois fermement au débat d’idées non seulement par exigence professionnelle, comme l’atteste mon passé à la Radio et à la Télévision, mais aussi et surtout par conviction. En effet, je considère que le débat n’est nullement un simple bienfait de la démocratie, il en constitue la condition. Il en est même le nœud », a-t-il affirmé d'emblée.

 

Selon lui, Ce n’est pas parce que certains gouvernements, certains dirigeants ou certaines institutions ont trahi les principes démocratiques qu’il faudrait condamner la démocratie elle-même. « Il faut distinguer la démocratie de ceux qui la bafouent, tout comme il faut distinguer une foi de ceux qui peuvent la trahir par leurs actes. Et c’est précisément là que le livre d’Ousmane N’Diaye me paraît particulièrement pertinent. Il ne dit pas simplement que la démocratie est bonne ou mauvaise. Il nous oblige à poser une question beaucoup plus profonde : La crise actuelle de la démocratie en Afrique est-elle une crise de la démocratie elle-même, ou bien une crise de la manière dont elle a été pratiquée, détournée et instrumentalisée ? Cette interrogation mérite d’être posée sans tabou. Pour ma part, je suis tenté de voir dans cet essai une sorte de « grand reportage » sur la démocratie en Afrique », a-t-il dit.

A l'en croire, l'auteur ne se contente pas de théoriser. Il observe, enquête, interroge, rapporte et confronte les discours aux réalités. Pour lui, le véritable défi n’est pas nécessairement d’abandonner la démocratie. Il est de la faire fonctionner réellement, de l’adapter aux réalités des sociétés sans renoncer à ses principes fondamentaux, et surtout de faire en sorte qu’elle soit véritablement au service des citoyens. « En définitive, le grand mérite du livre d’Ousmane Ndiaye est peut-être de nous rappeler, dans l’esprit de Pierre Rosanvallon, une chose essentielle :  la démocratie n’est jamais un système définitivement achevé. Elle est une construction collective, toujours perfectible. Et c’est pourquoi je serais tenté de dire que son livre aurait tout aussi bien pu porter un autre titre : ‘’La démocratie est un voyage, et non une destination’’ », a estimé le grand chancelier de l'Ordre national. Après lui, les journalistes Dominique Mobio et Venance Konan ont livré leurs opinions sur l'opus d'Ousmane N'diaye. Selon eux, le continent noir est victime de préjugés qui tentent de l'opposer à la pratique démocratique.

Lacina Ouattara