Taekwondo ivoirien : La décision salutaire du ministère des Sports pour l'avenir de la discipline
La Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD) traverse depuis plusieurs mois l'une des crises les plus profondes de son histoire, une crise qui a fini par éroder les acquis de la discipline et par menacer son avenir même en Côte d'Ivoire. C'est dans ce contexte que la décision du ministère des Sports, rendue publique le 14 septembre 2026, prend tout son sens. En imposant la reprise de l'Assemblée générale contestée et en fixant un cadre clair pour la suite du processus, la tutelle offre au taekwondo ivoirien l'occasion de repartir sur des bases saines et de reconquérir sa place dans le paysage sportif national, africain et mondial.
Remettre le taekwondo ivoirien sur de bons rails
Au-delà de son aspect strictement juridique, cette note ministérielle s'inscrit dans une logique de sauvetage. La crise qui secoue la FITKD depuis plusieurs mois a fragilisé les acquis engrangés par le taekwondo ivoirien, discipline qui a pourtant donné à la Côte d'Ivoire l'un de ses moments de gloire olympique les plus marquants. En reposant l'organisation fédérale sur des bases statutaires assainies, avant toute nouvelle échéance élective, le ministère entend éviter que la querelle interne ne finisse par compromettre durablement la place de la discipline dans le paysage sportif national, continental et mondial.
Concrètement, la tutelle a fait injonction à la FITKD de reprendre l'AGO de l'exercice 2024, tenue le 28 décembre 2025, et d'engager la révision des textes fédéraux sur une base consensuelle avant toute Assemblée élective, en tenant compte des recommandations de World Taekwondo sur la question de l'âge. Elle invite aussi les dirigeants à restaurer un climat de paix en leur sein. Conséquence directe, l'AGO 2025 est suspendue, de même que toute Assemblée future, tant que celle de 2024 n'aura pas été reprise dans les règles. Le contrôle des comptes de 2025 devra être assuré par des commissaires régulièrement en fonction, ceux écartés lors de la réunion contestée n'ayant, selon la tutelle, jamais cessé leur mandat dans les formes légales.
Le ministère prévient par ailleurs que tout acte contraire à ses instructions sera considéré comme un acte de désobéissance à l'autorité de l'État, exposant ses auteurs aux dispositions prévues par la législation ivoirienne. La réaction de la tutelle arrive donc à point nommé. Elle ouvre la voie à une reprise en main ordonnée du processus électoral, dans l'espoir de refermer une parenthèse qui a trop duré et de permettre au taekwondo ivoirien de se reconstruire sur des fondations plus solides.
Une note qui s'appuie sur les textes
Dans sa note référencée 1007/MS/CAB/DAJCC/kc du 14 septembre 2026, le ministre des Sports, premier responsable des fédérations sportives et juge en dernier ressort de leurs décisions, s'appuie sur les statuts et le règlement intérieur de la FITKD, la loi sur le sport et les orientations de World Taekwondo. La décision intervient après la note du 25 août 2026 adressée au ministère par World Taekwondo, à l'issue d'une enquête menée sous la supervision de l'Union africaine de taekwondo.
Le document ministériel dresse à cet effet la liste des six manquements constatés lors de l'AGO du 28 décembre 2025. D'abord, la convocation a été lancée via un groupe WhatsApp informel, qui n'a touché que 173 des 341 membres statutaires, laissant 168 d'entre eux hors du circuit officiel. Ensuite, le délai statutaire de 21 jours pour convoquer l'Assemblée n'a pas été respecté, certains membres n'ayant reçu leurs documents que le jour même. Troisième manquement : le procès-verbal de la précédente AGO n'a pas été transmis à l'avance, en violation du règlement intérieur.
Quatrième point, l'ordre du jour effectivement suivi a différé de celui annoncé, avec la révocation surprise des commissaires aux comptes et l'introduction d'un nouvel auditeur non prévus initialement. Cinquièmement, le projet de modification des textes n'a été transmis qu'à une partie des membres. Enfin, l'expert-comptable présenté s'est révélé non inscrit à l'Ordre national des experts-comptables de Côte d'Ivoire, en infraction avec l'article 32 de la loi sur le sport. Autant de manquements qui, mis bout à bout, justifient la fermeté de la tutelle.
OUATTARA Gaoussou


