Fédération ivoirienne de taekwondo : Le ministère des Sports annule l’AG contestée du 28 décembre 2025
Fin de la récréation. La crise qui secoue la Fédération ivoirienne de Taekwondo (FITKD) connaît un nouvel épisode. Dans une correspondance datée du 14 septembre 2026 et adressée au président de la fédération, le ministère des Sports annonce une série de mesures destinées à sortir l’institution de l’impasse et à rétablir un fonctionnement conforme aux règles de gouvernance. Une décision qui intervient après près de deux années de tensions, de contestations internes et d’interventions successives des instances nationales et internationales du taekwondo.
Au cœur de cette nouvelle séquence, l’Assemblée générale ordinaire du 28 décembre 2025. Le ministère relève plusieurs irrégularités dans son organisation et son déroulement. Il évoque notamment le recours à un canal informel d’information ne couvrant pas l’ensemble des membres statutaires, le non-respect du délai réglementaire de convocation ainsi que l’absence de transmission préalable du procès-verbal de la précédente Assemblée générale à tous les membres concernés.
Le département des Sports pointe également la non-conformité de l’ordre du jour de cette assemblée avec les textes de la FITKD, la transmission du projet de modification des textes à une partie seulement des membres statutaires et la présence d’un commissaire aux comptes qui, selon le courrier, n’était pas inscrit à l’ordre du jour des experts-comptables ivoiriens.
Repartir sur de nouvelles bases
Face à cette situation, la tutelle ordonne d’abord la reprise de l’Assemblée générale ordinaire du 28 décembre 2025, objet de contestation, dans le respect des principes fondamentaux du taekwondo et de l’olympisme.
Elle demande ensuite une modification des textes avant l’Assemblée générale élective afin de favoriser le rassemblement des compétences et l’adoption de dispositions « consensuelles et inclusives ». Les recommandations de la World Taekwondo sur la condition d’âge devront également être prises en compte afin que ce critère ne devienne pas un obstacle aux candidatures.
Enfin, la FITKD est invitée à favoriser un climat de paix et de cohésion en son sein. La mise en œuvre de ces décisions sera supervisée par les services du ministère des Sports, notamment la Direction générale des Sports et la Direction des Affaires juridiques, du Contentieux et de la Coopération, en lien avec le Comité national olympique.
Cette nouvelle étape pose ainsi une exigence simple : au-delà des personnes et des camps, c’est désormais la gouvernance de la FITKD qui doit être remise au centre du jeu. L’enjeu est de permettre au taekwondo ivoirien, discipline qui a offert à la Côte d’Ivoire certaines de ses plus belles médailles internationales, de retrouver la stabilité institutionnelle indispensable à ses ambitions sportives. Le ministère des Sports sous la houlette d’Adjé Silas Metch veut remettre la FITKD sur les rails. Pour tout le bien de la Côte d’Ivoire.
Une crise née des contestations autour de la gouvernance
Pour comprendre cette nouvelle décision, il faut remonter à l’élection de Jean-Marc Yacé à la tête de la FITKD. Après son arrivée à la présidence, les contestations ont progressivement pris de l’ampleur jusqu’à déboucher, le 19 octobre 2024, sur une Assemblée générale extraordinaire réunissant un collectif de 175 membres statutaires. Ces derniers ont contesté la gouvernance de l’équipe dirigeante et revendiqué une réorganisation de la fédération. La crise de leadership était alors devenue publique.
Les griefs formulés par les contestataires ont porté, entre autres, sur le fonctionnement institutionnel de la fédération, la tenue des assemblées générales et la gestion financière. Des accusations plus sensibles concernant la gestion des ressources et des questions éthiques ont également été avancées par les opposants. Ces éléments relèvent toutefois de positions exprimées par les parties au conflit et ne doivent pas être confondus avec des faits judiciairement établis.
La World Taekwondo (WT) et l’Union africaine de taekwondo (AFTU) ont été appelées à intervenir dans la recherche d’une sortie de crise. Le ministère avait, lui aussi, engagé plusieurs initiatives de médiation et de supervision. En août 2025, Jean-Marc Yacé avait lancé un processus de réconciliation, affichant la volonté de réunir les différentes composantes de la famille du taekwondo autour d’un dialogue.
Mais la décrispation espérée n’a manifestement pas suffi à régler les problèmes de fond. Dans sa correspondance du 14 septembre 2026, le ministère rappelle d’ailleurs qu’une correspondance de la World Taekwondo, en date du 25 août, indiquait qu’aucune mesure ne devait être prise par l’instance internationale sur les questions de gouvernance de la FITKD, celles-ci relevant de la compétence des autorités nationales.
Le ministère tire alors les conséquences de plusieurs documents récents, notamment des correspondances de la World Taekwondo des 20 août et 25 août 2026, du rapport du comité bipartite consacré à la situation de la FITKD et d’une lettre d’opposition signée, le 7 septembre, par un collectif de 50 membres statutaires.
OUATTARA Gaoussou


