Contribution - 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire : Ce que l’Histoire nous enseigne, ce que l’avenir exige de nous

Dans cette dernière ligne droite des préparatifs de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Norbert Kobenan, économiste de formation, invite la jeunesse à ne pas confondre la vitesse avec le progrès…

Contribution - 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire : Ce que l’Histoire nous enseigne, ce que l’avenir exige de nous

Soixante-six ans après l’Indépendance, la Côte d’Ivoire n’est plus seulement appelée à célébrer le chemin parcouru. Elle est invitée à en comprendre le sens, à en tirer les leçons et à préparer lucidement les générations futures.

L’Indépendance nous a donné une terre à gouverner, une souveraineté à défendre et une République à construire. Le temps nous rappelle désormais qu’un pays ne devient pas grand par la seule abondance de ses richesses, mais par la sagesse avec laquelle il les administre, la justice avec laquelle il les partage et la vision avec laquelle il prépare l’avenir.

Nos anciens savaient qu’un arbre ne grandit pas en reniant ses racines. Mais ils savaient aussi que les racines ne suffisent pas : il faut des branches tournées vers la lumière. Nos traditions doivent donc nourrir notre modernité ; notre mémoire doit éclairer notre marche ; nos différences doivent enrichir notre unité.

La première sagesse pour demain est celle de la paix. Elle ne consiste pas seulement à faire taire les armes, mais à apprendre à vivre ensemble, à respecter la parole donnée et à placer la Nation au-dessus de nos intérêts particuliers.

La deuxième est celle du travail. Aucun peuple ne peut durablement bâtir sa prospérité sur l’improvisation, la facilité ou l’attente. La réussite nationale exige l’effort, la compétence, la discipline et la persévérance.

La troisième est celle de la probité. Les routes rapprochent les territoires, mais seule l’intégrité rapproche les citoyens de leurs institutions. Lorsque la confiance disparaît, même les plus beaux édifices deviennent fragiles.

La quatrième est celle de la transmission. Une génération ne possède jamais la Nation ; elle n’en est que la dépositaire. Son devoir n’est pas seulement de jouir de l’héritage reçu, mais de le fortifier avant de le remettre à ceux qui viendront.

À la jeunesse ivoirienne revient une mission particulière : ne pas confondre la vitesse avec le progrès, la popularité avec la vérité, la richesse avec la grandeur. Le monde de demain appartiendra moins à ceux qui parlent le plus fort qu’à ceux qui pensent juste, apprennent sans cesse et agissent avec constance.

À soixante-six ans, la Côte d’Ivoire doit donc transformer son expérience en sagesse, ses acquis en héritage et ses ambitions en responsabilité collective.

Car l’avenir ne se prédit pas seulement : il se prépare.

Et la plus grande victoire de notre génération sera de transmettre à nos enfants une Côte d’Ivoire plus instruite, plus juste, plus unie, plus prospère et plus fraternelle que celle que nous avons reçue.

Soixante-six ans d’Indépendance : l’âge de célébrer notre histoire, mais surtout celui de mériter notre avenir.

 

Par Norbert KOBENAN