Lutte contre l’orpaillage illégal - Depuis le Sud-Comoé, Sangafowa-Coulibaly rassure : « Nous avons encore les moyens d’arrêter ce phénomène »
« Notre pays n’a pas atteint le point de non-retour. Nous avons encore les moyens d’arrêter ce phénomène ». Ce message, à la fois ferme et rassurant, a été martelé par le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, hier à Aboisso, dans le cadre de sa tournée de sensibilisation contre l’orpaillage illégal.
Dans une région du Sud-Comoé lourdement impactée par l’exploitation illégale, le ministre a rappelé que la lutte contre l’orpaillage clandestin est désormais une priorité nationale. « Dès notre prise de fonction, nous avons fait de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles une priorité », a-t-il souligné devant un parterre de préfets, chefs traditionnels, responsables des forces de défense et de sécurité, acteurs du secteur minier et représentants de la société civile.
Pourtant, malgré les opérations de déguerpissement menées depuis 2012, des sites illégaux subsistent, notamment dans les localités de Moossou et Kouakro, dans les départements d’Aboisso et de Tiapoum. Pour le ministre, la leçon est claire : « La répression seule ne suffit pas : il faut offrir des alternatives et placer les communautés au cœur des solutions. »
Insistant sur le rôle central des chefs traditionnels, des guides religieux et des organisations de jeunes et de femmes, le ministre a appelé à une mobilisation permanente du corps préfectoral. Il a recommandé des points réguliers sur les activités minières : tous les six mois au niveau régional, tous les trois mois au niveau départemental et chaque fin de mois au niveau des sous-préfectures.
« L’orpaillage clandestin n’est plus seulement une exploitation illégale de ressources. Il constitue un réseau structuré de délinquance, alimentant l’insécurité et fragilisant l’autorité de l’État », a souligné le président du conseil régional du Sud-Comoé, Aka Aouélé. Aussi a-t-il fait cas de la nécessité d’aller au-delà de la neutralisation des sites pour restaurer les écosystèmes et créer des alternatives économiques.
Bien avant, le président de la Chambre des rois et chefs traditionnels Sa Majesté Amon Tanoé Paul Désiré, a également souligné les graves conséquences de l’orpaillage illégal : pollution des cours d’eau, destruction des terres agricoles, risques sécuritaires et désordre social. « Les chefs traditionnels, proches des populations, se disent prêts à jouer un rôle actif dans la sensibilisation et la dissuasion », a-t-il déclaré.
Même engagement du premier magistrat d’Aboisso, Jérémie Alfred N’gouan, qui au nom des maires du Sud-Comoé, a exprimé leur détermination à travailler main dans la main pour préserver « notre terre, nos eaux ».
Représentant la jeunesse, Mlle Anne Marie- Assougoua a relevé que l’orpaillage illégal est une réalité qui interpelle tout le monde. « Notre combat doit être double : dire non à l’orpaillage illégal, mais aussi créer les conditions permettant à la jeunesse de ne pas en dépendre. La jeunesse d’Aboisso dit oui aux alternatives : oui à l’agriculture moderne, oui à l’élevage, oui à la pêche, oui à l’artisanat (…) oui aux activités minières exercées dans le respect de la loi et de l’environnement », a-t-elle martelé.
A la suite de l’état des lieux présenté par le directeur général des mines et de la géologie, Seydou Coulibaly, des échanges francs ont eu lieu entre le ministre et les participants.
Au terme des échanges, le ministre Sangafowa-Coulibaly a partagé « trois bonnes nouvelles » avec les populations. La première, c’est la prise de conscience collective. « Tous les Ivoiriens, sans exception, reconnaissent désormais que l’orpaillage illégal est nuisible à l’environnement et à la santé, et qu’aucun gain ne saurait justifier de mettre en péril nos vies et celles des générations futures », s’est-il réjoui. La deuxième bonne nouvelle est que le pays encore sauvable. « Notre pays n’a pas encore atteint le point de non-retour. Nous avons encore les moyens d’arrêter ce phénomène et de faire en sorte que nos ressources naturelles profitent à notre santé, à notre développement et à notre bien-être », a rassuré Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Enfin, il a annoncé la découverte d’un moine de classe mondiale dans la région.
Pour le ministre, les grandes mines industrielles doivent devenir un « rempart contre l’orpaillage illégal » et un levier de transformation de l’économie locale.
Yves Kalou


