6e pont d’Abidjan-Alain Lobognon : « Et si nous arrêtions les polémiques pour construire ? »

Ancien ministre des Sports, Alain Lobognon s’invite dans le débat que suscite le projet de construction du 6e pont d’Abidjan.  Pour lui, c’est un faux débat.  Il invite les Ivoiriens à laisser les ingénieurs faire leur travail et l’État à conduire ce projet en le tenant, avec exigence, aux engagements pris.

6e pont d’Abidjan-Alain Lobognon : « Et si nous arrêtions les polémiques pour construire ? »

Depuis quelques semaines, le 6e pont d’Abidjan fait plus de bruit dans les débats que sur le chantier. Chinois ou Français ? Péage ou gratuité ? Trop cher, trop tard, trop politique ? Chacun y va de son commentaire, de son soupçon, de sa certitude.

Je veux dire simplement ceci : Abidjan n’a pas besoin d’une polémique de plus. Elle a besoin d’un pont.

Ceux qui vivent à Abatta, à Bingerville, à Koumassi ou à Port-Bouët le savent mieux que quiconque. Chaque matin, la lagune Ébrié n’est pas un paysage, c’est un mur. Des heures perdues dans les embouteillages, du carburant brûlé pour rien, des rendez-vous manqués, des enfants qui arrivent en retard à l’école, des travailleurs qui rentrent épuisés. Voilà la réalité que ce pont doit changer.

Les grands ouvrages de notre pays ont tous connu leur lot de controverses. Le pont Henri Konan Bédié a été contesté avant d’être adopté. Le pont de Cocody a fait débat avant que chacun ne l’emprunte sans y penser. Aujourd’hui, plus personne ne se demande s’il fallait les construire. Le temps a tranché, comme il tranchera pour le 6e pont.

Faut-il pour autant se taire ? Non. Poser des questions sur le coût, sur les délais, sur la transparence du partenariat public-privé, sur le niveau du péage, c’est le rôle des citoyens, de la presse et des élus. C’est même sain. Mais il y a une différence entre exiger des comptes et faire le procès d’un ouvrage qui n’existe pas encore. La vigilance construit ; la polémique paralyse.

Un pont, ce n’est pas un trophée pour un camp. C’est un outil pour une ville, pour un port, pour une économie tout entière. Ce sont des milliers d’emplois pendant les travaux, des quartiers qui se valorisent, des entreprises qui gagnent du temps, un signal de confiance envoyé à ceux qui veulent investir chez nous.

Alors, laissons les ingénieurs faire leur travail. Laissons l’État conduire ce projet en le tenant, avec exigence, aux engagements pris. Et gardons notre énergie pour ce qui compte vraiment : que ce pont soit livré dans les délais, au juste prix, et qu’il serve tous les Abidjanais, sans distinction.

Abidjan mérite mieux que nos querelles. Elle mérite ses ponts.

Le ministre Alain Lobognon