Affaire arrêté ministériel portant régime des entrepreneurs de spectacles vivants : Quand des individus tentent de maintenir le secteur dans l’informel !
La toile est en feu ! Depuis le 27 juillet 2026, à la suite de l’audience accordée à son cabinet, au Plateau, par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Mme Françoise Remarck, aux promoteurs de spectacles, des individus ont trouvé leur sujet de débat.
Faisant fi des avancées notables que cet arrêté confère au secteur des entrepreneurs de spectacles vivants, c’est une communication en déphasage avec le sujet à laquelle l’on assiste. Le gros de ces interventions a lieu sur les réseaux sociaux et certains médias digitaux, donnant libre cours à une désinformation qui dessert la cause des vrais entrepreneurs de ce secteur.
L’objet de cette flopée de publications, c’est l’Arrêté n° 0750/MCF/CAB du 14 octobre 2025, déterminant le régime des entrepreneurs de spectacles vivants sur le territoire national.
À parcourir toutes ces publications, le constat qui ressort, en grande partie, est que les personnes qui interviennent saluent la volonté de l’État de Côte d’Ivoire, à travers le ministère de la Culture et de la Francophonie, d’assainir ce secteur où circule un important flux financier.
Car, il est de notoriété que la Grande Côte d’Ivoire qui se construit doit se doter d’un secteur culturel et artistique régi par des lois et des règles aux normes internationales. C’est donc à juste titre que l’écosystème des organisateurs de spectacles vivants soit composé de personnes qualifiées et qui exercent leur métier selon la réglementation nationale et conformément aux règles universelles. Surtout pour le bonheur du public qui paie et qui doit avoir droit à des spectacles de qualité.
L’autre raison évoquée est liée au coût de la licence, jugé élevé par certains intervenants. Un regard jeté sur l’éthos d’un certain nombre d’entre eux — l’éthos étant ici l’image de soi, la crédibilité et le caractère que l’orateur ou l’auteur projette à travers son discours pour convaincre — montre que beaucoup sont, de loin, des professionnels visés par l’arrêté ministériel.
Le secteur, rien qu’aux professionnels !
Des comédiens, des chanteurs, des animateurs radio et même des personnes appartenant à des secteurs d’activité éloignés de celui des promoteurs de spectacles vivants font feu de tout bois. L’orientation qu’ils donnent au débat éloigne le citoyen de la question liée à cet arrêté qui, de l’avis de la ministre Françoise Remarck, est « fait pour les promoteurs et non contre eux ».
Mais, à côté de cette catégorie, il y a, heureusement, des signatures bien connues du domaine de la promotion de spectacles vivants qui montrent l’opportunité de ce cadre réglementaire qui arrive, mieux vaut tard que jamais, après plus de 20 ans de débats.
C’est le cas de Georges Aziz qui, dans l’émission « Le Talk des vacances » sur Life TV, a apporté des éclaircissements sur la confusion que des personnes étrangères au secteur veulent semer dans l’esprit des Ivoiriens.
Il rappelle « la centaine de réunions, de rencontres entre la ministre de la Culture et de la Francophonie et les acteurs culturels, depuis 2020 », pour aboutir à tout cet encadrement juridique. Il n’a pas non plus manqué de souligner qu’en dépit de ces nombreuses rencontres et des convocations qui leur ont été adressées, ceux des internautes qui s’agitent aujourd’hui sur la toile n’ont jamais pris part à une seule rencontre.
De même, le sociologue Valentin Zahui salue la prise d’une telle loi pour assainir et professionnaliser le secteur.
Par-dessus tout, de l’avis d’une importante frange de l’opinion nationale, une chose est certaine : le secteur du spectacle vivant, en Côte d’Ivoire, doit faire sa mue. Il doit se réinventer pour permettre aux vrais professionnels d’offrir des spectacles de qualité, dans des conditions de confort et de sécurité pour le public.
Car d’aucuns disent leur exaspération à payer des centaines de milliers de francs pour un concert où, en fin de compte, l’artiste ne vient pas et le public ne rentre pas dans ses fonds. Ou encore pour un concert prévu pour 16 h, où l’artiste monte sur le podium à 22 h ; ou dans une salle de 200 places, où le promoteur vend plus de 5 000 billets…
Il faut que cela s’arrête. Pour une fois pour de bon !
Jean Antoine Doudou


