Football-Équipe de Côte d’Ivoire : Hervé Renard et le « grand défi » ivoirien

 Football-Équipe de Côte d’Ivoire : Hervé Renard et le « grand défi » ivoirien
De retour sur le banc des Éléphants onze ans après son premier passage, Hervé Renard, présenté le 6 août 2026 au siège de la FIF, s’est engagé pour deux ans avec l’ambition de conduire la Côte d’Ivoire vers de nouveaux sommets du football africain (Ph DR)

La chemise blanche est toujours là. Le sourire aussi. Mais, derrière l’allure familière d’Hervé Renard, le décor a changé. Elu en avril 2022, pour son premier mandat, Yacine Idriss Diallo a succédé à la tête de la Fédération ivoirienne de football à Augustin Sidy Diallo, disparu, entre-temps, en 2020. C’est dans cette atmosphère, onze ans après avoir quitté le banc ivoirien, que le technicien français de 57 ans a retrouvé, jeudi 6 août 2026 au siège de la FIF, une sélection qui n’est plus tout à fait celle qu’il avait conduite au sacre continental de 2015. Elle est devenue championne d’Afrique en 2024, a retrouvé la Coupe du monde après douze années d’absence et vient, pour la première fois de son histoire, de franchir la phase de groupes d’un Mondial. Renard retrouve le groupe ivoirien avec aussi un certain Franck Kessié, dans le rôle de capitaine, un joueur qu’il a écarté de la liste finale pour la CAN 2015.

C’est donc un entraîneur familier qui revient dans un environnement devenu plus exigeant. Nommé officiellement mardi 4 août, Hervé Renard, 57 ans, succède à Emerse Faé, dont le contrat est arrivé à son terme le 31 juillet. Sa mission est fixée pour deux ans, une période qui couvre notamment les deux prochaines Coupes d’Afrique des nations, prévues en 2027 puis en 2028. « Nous connaissons le travail qui nous attend avec ces deux CAN successives, c’est un grand défi puisque l’attente de tout le peuple ivoirien est énorme », a reconnu le nouveau sélectionneur lors de sa présentation.

Le mot est lâché : défi. Il résume à lui seul la dimension de cette deuxième aventure ivoirienne. Car Renard ne revient pas simplement pour reconstruire une équipe. Il hérite d’un groupe qui a déjà démontré sa capacité à rivaliser avec les meilleures nations. Lors des qualifications du Mondial 2026, les Éléphants avaient terminé premiers de leur groupe sans perdre le moindre match ni encaisser de but. Au Canada, aux États-Unis et au Mexique, pays hôtes du Mondial 2026, ils ont ensuite atteint les seizièmes de finale, une première dans leur histoire, avant de s’incliner de justesse face à la Norvège (2-1).

Le niveau de l’effectif constitue ainsi à la fois un atout et une source de pression. Des joueurs comme Franck Kessié, Seko Fofana, Ibrahim Sangaré, Ousmane Diomandé, Amad Diallo, Christ Inao, Bazoumana Touré, Yann Diomandé ou Evann Guessand illustrent la richesse du vivier ivoirien, alimenté par des joueurs évoluant au plus haut niveau européen.

Une sélection qui ne se refuse pas

Dans ces conditions, la question ne sera pas seulement de sélectionner les meilleurs, mais de composer le meilleur collectif. La Côte d’Ivoire dispose d’un réservoir suffisamment dense pour rendre chaque liste particulièrement attendue. Les places seront chères, les choix observés et les absences commentées. Renard devra donc gérer la concurrence, les équilibres de vestiaire, les générations et les différentes sensibilités d’un groupe appelé à évoluer.

Le Français connaît cependant la maison et mesure ce que représente le maillot orange. En 2015, il avait conduit les Éléphants au titre continental, mettant fin à une longue attente de près de vingt-cinq ans de disette continentale. Son retour possède donc une forte dimension affective, mais il repose surtout sur une ambition sportive assumée.

« Quand la Côte d’Ivoire vous contacte, il n’y a pas beaucoup à réfléchir, c’est le haut niveau du football africain », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « La Côte d’Ivoire est une équipe qui est faite pour remporter des trophées et l’exigence doit être au maximum pour obtenir les meilleurs résultats possibles. »

À la FIF, le choix de Renard est présenté comme celui de la continuité et de l’ambition. Yacine Idriss Diallo a d’abord salué le travail accompli par Emerse Faé et son staff, avant de situer la nouvelle étape. « La responsabilité d’une fédération est de construire, de consolider, d’évoluer et de s’adapter. Notre projet est simple : poursuivre le travail accompli et l’améliorer au profit de la Côte d’Ivoire », a expliqué le président de la FIF. Pour Idriss Diallo, les deux prochaines CAN constituent un cycle particulier qui exige expérience, connaissance du football africain et capacité d’adaptation. « Le Comité exécutif a estimé qu’Hervé Renard réunissait toutes ces qualités. La Fédération mettra tout en œuvre pour lui offrir les meilleures conditions de travail afin qu’il puisse atteindre les objectifs fixés », a-t-il assuré.

Le défi est donc clairement posé. Hervé Renard connaît la pression, connaît la compétition africaine et connaît déjà la Côte d’Ivoire. Mais il retrouve surtout une équipe qui refuse désormais de se contenter de participer. Avec un contrat de deux ans et deux CAN en ligne de mire, son second passage chez les Éléphants sera jugé moins sur le prestige du retour que sur sa capacité à transformer la qualité d’un effectif en nouveaux trophées. Rendez-vous est pris, le mois prochain, avec les deux premières journées qualificatives pour la CAN 2027.

OUATTARA Gaoussou