Paludisme : La Côte d’Ivoire vise zéro décès à l’horizon 2030  

Paludisme : La Côte d’Ivoire vise zéro décès à l’horizon 2030   

Le paludisme demeure un problème majeur de santé publique en Côte d’Ivoire. Pour inverser la tendance, la Côte d’Ivoire a mis en place le Plan national stratégique d’élimination du paludisme 2026-2030. Ce plan a été présenté par le directeur-coordinateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Dr Antoine Méa Tanoh, le 28 août 2026 à Cocody lors de la tribune « Le Grand café du développement », initiée par le Réseau des acteurs des médias pour le développement (RMD).

Ce nouveau plan, a expliqué le directeur-coordinateur, vise zéro décès dû au paludisme à l’horizon 2030 repose sur des interventions différenciées selon les districts sanitaires. Les mêmes mesures ne seront donc plus appliquées partout sur le territoire national. Le programme s’engage notamment à éradiquer totalement la maladie dans les villes de Boundiali et Dianra, dans le Nord du pays, où l’impact de l’affection a déjà fortement reculé.

Par ailleurs, le PNLP, à travers le ministère de la Santé, a acquis des drones pour éliminer les moustiques adultes ainsi que leurs larves dans les zones d’eaux stagnantes inaccessibles à l’homme.

Dr Antoine Méa Tanoh a profité de la tribune pour mobiliser les jeunes. Pour lui, les jeunes doivent être des acteurs de prévention à travers la sensibilisation des familles et des camarades, la participation aux journées de salubrité, la diffusion de messages fiables sur les réseaux sociaux ainsi que l’organisation de causeries éducatives dans les écoles.

« Investir dans la lutte contre le paludisme, c’est investir dans l’avenir. Cela permet de préserver la santé des enfants et des jeunes, de soutenir la réussite scolaire et universitaire, et de renforcer la productivité nationale », a-t-il fait savoir.

Le paludisme, a informé le conférencier, reste la première cause de consultation médicale (30% des cas), contre 50% il y a cinq ans. Il demeure aussi la première cause d’absentéisme scolaire (40%) et professionnel (42%). Ses conséquences sont lourdes : baisse de productivité des ménages, perte de revenus, affaiblissement du capital humain et frein au développement socio-économique. D’où ce nouveau programme pour l’éradiquer.

Lors du lancement du projet « Jeune sans palu, avenir assuré ! », Hervé Gobou, président du Réseau des Acteurs des Médias pour le Développement (RMD), a insisté sur l’impact du paludisme sur la jeunesse ivoirienne, en particulier les absences scolaires et les drames humains qu’il provoque. Il a rappelé que la santé est le socle du développement durable et que les médias ont un rôle essentiel : informer, protéger et transformer les comportements.

Le projet vise à mobiliser les acteurs éducatifs et médiatiques autour d’une campagne nationale en milieu scolaire, avec un slogan fort : « Zéro palu à l’école, zéro palu à la maison ! ».

Il a exprimé sa gratitude envers la ministre Nassénéba Touré et le PNLP pour leur soutien. Enfin, il a appelé à une synergie des forces et à un engagement collectif, symbolisé par la signature de l’Appel de Cocody contre le paludisme. « Faisons de la sensibilisation un réflexe quotidien, protégeons nos élèves, et offrons à chaque enfant ivoirien le droit de grandir en bonne santé pour bâtir la Côte d'Ivoire de demain », a-t-il exhorté.

 

Yves Kalou