ANOPACI : Cap sur la réconciliation, après quatre ans de crise
Après quatre années de crise, l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire (ANOPACI) veut définitivement tourner la page. Réunis vendredi 28 août à la CERAO-ECOWA, à Cocody, ses membres ont engagé le toilettage des textes de l’organisation, étape préalable à la tenue d’une assemblée générale élective annoncée pour décembre prochain. L’ANOPACI veut repartir sur de nouvelles bases. C’est tout l’enjeu de l’atelier organisé vendredi dernier à Cocody, avec l’appui d’Inades-Formation et du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPA).
Au centre des échanges : la révision des textes de l’organisation, devenus source de divergences après le décès de son président-fondateur, N'Goan Aka Mathias. Selon Singo Sidiki, président du comité d’intermédiation chargé de rapprocher les différentes parties, les textes n’avaient pas été toilettés depuis plusieurs années et leur interprétation a alimenté les contestations autour de la succession.« Après le décès de notre président, les textes qui régissaient notre organisation se sont révélés extrêmement flous », explique-t-il. Les élections qui ont suivi ont ainsi été contestées par une partie des membres, plongeant l’ANOPACI dans une crise qui a duré quatre ans.
Cette division n’a pas été sans conséquences. Elle a notamment fragilisé les relations de l’organisation avec ses partenaires et affecté la confiance du ministère de l’Agriculture, sa tutelle. Face à cette situation, le comité d’intermédiation a entrepris de ramener les différentes sensibilités autour de la table. « Nous avons appelé chacun à faire preuve de responsabilité, à tourner le dos à la division et à nous rassembler pour sauver notre maison commune », souligne Singo Sidiki. L’atelier constitue ainsi une étape décisive dans ce processus de réconciliation. L’objectif est d’aboutir à un texte consensuel devant permettre de relancer le processus électoral et de mettre en place un bureau démocratiquement élu et reconnu par tous. Singo Sidiki affiche son optimisme quant à l’issue du processus. « Nous pensons que, d’ici au mois de décembre, nous pourrons organiser l’Assemblée générale élective », annonce-t-il.
Cette assemblée devra permettre de désigner un nouveau président et un bureau bénéficiant de la reconnaissance de l’ensemble des membres. « Nous pensons donc que la crise sera définitivement derrière nous d’ici au mois de décembre », assure le président du comité d’intermédiation. Faîtière des organisations professionnelles agricoles en Côte d’Ivoire, l’ANOPACI joue un rôle important dans les échanges avec l’État et les partenaires au développement. Elle participe notamment aux réflexions sur les stratégies de développement agricole et est membre du ROPA, dans l’espace CEDEAO.
Rahoul Sainfort


