CAN 2025 (Quart de finale) - Faé Emerse : « Nous allons nous adapter et nous qualifier »
Le Grand Stade d’Agadir s’apprête à vibrer ce samedi 10 janvier. Égypte et Côte d’Ivoire s’y retrouvent pour un quart de finale de haute intensité, avec une place en demi-finale en jeu. D’un côté, la nation la plus titrée du continent, véritable bête noire des Éléphants. De l’autre, le champion en titre, qui a brisé la malédiction en atteignant ce stade de la compétition pour la première fois depuis 2010.
En conférence de presse, Faé Emerse a affiché une sérénité teintée de détermination. « Nous nous sommes préparés, nous avons eu quatre jours pour récupérer et travailler. Tous les joueurs sont aptes et à 100 %. Nous allons nous adapter et nous qualifier », a-t-il assuré. Face à Hossam Hassan, son homologue égyptien, il a même glissé une note personnelle : « C’est drôle de se retrouver demain en quart de finale, tous les deux en tant qu’entraîneurs. Pour l’instant, il mène 1–0, donc j’ai bien l’intention d’égaliser demain. »
Le sélectionneur ivoirien n’élude pas les difficultés liées au déplacement. « L’Égypte joue toujours ici, elle est chez elle. Nous avons changé de ville, d’hôtel, de repères. Mais nous allons faire avec. Notre objectif est d’aller au bout, quelles que soient les étapes. » L’adaptation, mot-clé de son discours, devient un mantra pour ses hommes.
Respect, vigilance et ambition
L’adversaire est connu et redouté. L’Égypte, sept fois championne d’Afrique, a bâti sa légende sur un style singulier : subir, donner l’impression de fléchir, puis punir à la moindre opportunité. Faé en est conscient : « L’Égypte reste l’Égypte. Les joueurs changent, les maillots changent, mais leur football demeure : solide défensivement, généreux, capable de marquer à tout moment. Ce n’est pas un hasard si c’est la sélection la plus titrée. »
Il a étudié les matchs récents, notamment Égypte–Bénin, et retrouve des similitudes avec l’équipe de 2006. « Les forces de cette équipe sont claires : Salah, Marmoush, un duo complémentaire, capable de prendre la profondeur et de jouer en première intention. »
Face à cette armada, la Côte d’Ivoire mise sur un mélange de jeunesse et d’expérience. Ahmad Diallo et Yann Diomandé, étincelants en huitième de finale, pourraient être reconduits. Christ Oulaï, révélation de la compétition, incarne l’avenir : « Il a toutes les qualités pour s’imposer. Il apporte de la fraîcheur, de la joie, de l’insouciance. J’aimerais qu’il nous fasse gagner demain », confie Faé.
Le respect est là, mais l’ambition reste intacte. « Que le meilleur gagne », conclut le sélectionneur, conscient que ce duel sera scruté dans toute l’Afrique.
Continuer à écrire l’histoire
Ce quart de finale est une page d’histoire à écrire. Depuis 2010, jamais le champion en titre n’avait franchi le cap des huitièmes. Les Éléphants l’ont fait, brisant une malédiction qui pesait lourd. Faé appelle désormais ses hommes à prolonger cette dynamique : « Notre objectif est d’aller en demi-finale demain en gagnant, et nous allons défier l’Égypte. »
L’historique des confrontations rappelle la difficulté du défi car en onze affrontements en phase finale de CAN, la Côte d’Ivoire ne s’est imposée qu’une seule fois, en 1990. Les défaites de 2006, 2008 et 2022 restent dans les mémoires. Mais l’heure est venue de changer le récit.
« Nous allons tout faire pour continuer à voyager », glisse Faé, évoquant Tanger comme prochaine destination. Derrière cette formule, une conviction : l’aventure ne doit pas s’arrêter à Agadir. Les Éléphants veulent écrire une nouvelle page, celle d’un champion qui refuse de céder face à son bourreau historique.
Ce samedi, le choc Égypte–Côte d’Ivoire dépasse le cadre d’un quart de finale. C’est un duel de légendes, une bataille de symboles, une opportunité unique pour les Éléphants de transformer leur histoire en héritage.
OUATTRA GAOUSSOU A Agadir
