Portefeuille de l’Etat : Mariatou Koné donne des orientations pour une gouvernance renforcée
La performance des entreprises publiques s’est beaucoup renforcée ces dernières années. Entre 2020 et 2024, La croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires des entreprises publiques a atteint de plus de 15 %, avec un résultat net en hausse de 20 % sur la même période et des dividendes multipliés par 2,4, atteignant 93 milliards Fcfa en 2024. Ces chiffres ont été dévoilés ce mercredi 11 février 2026 à l’hôtel des Parlementaires de Yamoussoukro, au cours de la 8ème édition du séminaire bilan annuel de la Direction générale du Budget et du Portefeuille de l’État (DGPE) qui se tient les 11 et 12 février, autour du thème : « Bilan 2025 et perspectives 2026-2030 sur la gestion du portefeuille de l’État. »
Procédant à l’ouverture dudit séminaire, la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, Professeur Mariatou Koné a réaffirmé son engagement à consolider ces acquis de la dynamique impulsée par son ce département ministériel, et entend aborder l’avenir avec optimisme grâce à une gouvernance renforcée et une meilleure structuration du portefeuille public. Précisant que ce séminaire-bilan s’inscrit dans la vision du Président Alassane Ouattara, fondée sur « la constance de l'action publique et l'exigence de résultats », la ministre a insisté sur « la nécessité d’adapter l’action de l’État aux exigences de performance, de transparence, de redevabilité et de création durable de valeur dans un environnement mondial de plus en plus compétitif ». A cet effet, Mariatou Koné a présenté la stratégie 2026-2030 comme une ambition renouvelée, mettant en avant plusieurs priorités. La principale demeure la consolidation de la gouvernance économique et financière, à travers le renforcement du rôle de la DGPE comme organe technique central. La deuxième est l’optimisation de la performance des entreprises publiques, par une gestion rigoureuse, transparente et conforme aux standards internationaux. La ministre a également demandé à la DGPE d’accélérer les travaux sur deux points essentiels pour la performance des entreprises publiques. A savoir, la révision des modèles économiques des entreprises en difficulté afin de garantir leur viabilité et leur contribution au développement national et l’encadrement des charges de personnel des entreprises publiques en vue d’améliorer l’efficacité et la soutenabilité financière. Sur ce dernier aspect, elle a insisté sur le rôle des ressources humaines. « Aucune stratégie ne peut réussir sans des femmes et des hommes compétents, engagés et fiers de servir l’État », a souligné Professeur Mariatou Koné. En outre, elle a annoncé qu’une attention particulière sera portée aux jeunes talents, « afin de leur offrir des conditions favorables pour s’épanouir pleinement et faire carrière au sein de l’administration du portefeuille de l’État ». Enfin, la ministre a les grandes lignes de la feuille de route pour 2026, qui s’articule autour de trois piliers majeurs. Le premier est la création de valeur durable. Il s’agit de « dépasser les simples indicateurs financiers pour inclure la dimension sociale et l’intérêt général », afin que la performance des entreprises publiques se traduise directement par une amélioration des conditions de vie des populations. Le deuxième pilier, l’anticipation vise à « passer d’un contrôle passif à un pilotage proactif des entreprises publiques », en renforçant la capacité de l’État à anticiper les défis et à orienter les décisions stratégiques. Et le troisième pilier qui est la transparence, s’explique comme « la garantie d’une redevabilité totale envers les citoyens, le portefeuille de l’État étant avant tout le patrimoine des Ivoiriens ». Pour finir, elle a rendu hommage à son prédécesseur, le Ministre Moussa Sanogo pour le travail remarquable abattu.
S’adressant à ces collaborateurs, le directeur général de la DGPE, Bamba Seydou a indiqué que la gestion du portefeuille de l’État appelle à un engagement renforcé et une approche résolument professionnelle, fondée sur la discipline, la maîtrise des risques et l’exigence des résultats. « Elle requiert de la part de l’ensemble des acteurs une capacité constante d’adaptation, ainsi qu’un sens élevé de la responsabilité dans la conduite des missions qui nous sont confiées », a-t-il soutenu. Il a assuré que les travaux déboucheront sur « des plans d’actions concrets, réalistes dans leurs délais mais ambitieux dans les objectifs ». Contrairement au Plan d’actions stratégique (PAS) 2025 qui comptait 42 actions, le PAS 2026 en compte 39, dont 9 nouvelles.
Sogona Sidibé
