Interview - L’imam Adam Sawadogo (Mosquée principale de la Zone 4) : « Voici comment bénéficier des mérites du mois de Ramadan »

 La communauté musulmane de Côte d’Ivoire a entamé le jeûne du Ramadan, le mercredi 18 février 2026, sur toute l’étendue du territoire national. Dans un entretien qu’il a nous accordé, l’imam adjoint de la grande mosquée Zone 4 (Marcory), Adam Sawadogo, explique comment le fidèle peut bénéficier des mérites de ce mois sacré.   

Interview - L’imam Adam Sawadogo (Mosquée principale de la Zone 4) : « Voici comment bénéficier des mérites du mois de Ramadan »
 « Nous, musulmans et chrétiens devons continuer à prier pour la paix pour la Côte d’Ivoire »

Le Patriote :  La communauté musulmane de Côte d’Ivoire a entamé mercredi le mois de Ramadan.  Qu’est-ce que le jeûne du Ramadan ?

 

Imam Adam Sawadogo :  Le jeûne en Islam, c’est le fait de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des rapports intimes avec son épouse ou son époux du lever au coucher du soleil. Et cela, pour une période de 29 ou 30 jours.  Le jeûne du Ramadan est obligatoire pour tout musulman pubère, disposant de toutes ses facultés psychiques.  Il fait également partie des cinq piliers   fondamentaux de l’Islam que sont l’Attestation de foi, la prière, la Zakat, le jeûne et enfin le pèlerinage.  Ce jeûne qui est une obligation intervient dans le 9e mois du calendrier islamique.  

 

LP : Quelle est la composition de ce mois sacré ?

IAS :  Le jeûne du Ramadan est divisé en trois décades. La première décade est appelée étape de la Miséricorde ; la deuxième décade est le pardon et la troisième, c’est l’affranchissement des feux et de l’enfer.  Cette progression invite le croyant musulman à intensifier ses efforts. La dernière décade est la plus importante, car elle englobe la Nuit du Destin.  Pour bénéficier des mérites de ce mois, le fidèle doit lire régulièrement le Saint Coran, faire beaucoup de prières surérogatoires et de zikr (invocations).

 

LP : Pouvez-vous citer les actes qui annulent le jeûne ?

IAS :  Nous avons le fait de boire, d’avoir des rapports intimes en pleine journée du Ramadan avec son épouse ou époux. Mais si vous mangez ou buvez par mégarde, dans cette situation le jeûne est valable, à condition que vous arrêtiez automatiquement ce que vous étiez en train de consommer. Après le Ramadan, vous ne rembourser rien.  Il y a également la perfusion et le fait d’avaler les comprimés qui annulent le jeûne. Par contre, le fait de faire une injection, par exemple pour le palu, n’entame en rien le jeûne. Le mois de Ramadan est une école qui forme et donne la meilleure manière à l'être humain d'être plus proche de son Seigneur Allah.  Il y a des actes à poser qui sont bénéfiques. Telle que la lecture du Saint Coran, le pèlerinage à la Mecque (la Oumra) et faire rompre le jeûne à des personnes nécessiteuses.

 

LP :  Des personnes sont-elles dispensées du jeûne ?

IAS : Les personnes dispensées du jeûne du mois du Ramadan sont d'abord les personnes âgées, affaiblies et qui n’ont plus la force de rester toute une journée sans manger.  Pour des malades, le médecin leur déconseille de jeûner.  Il est écrit dans le Coran que « quiconque parmi vous est malade pendant ce mois de Ramadan, que cette personne s’abstienne ». Après le mois de Ramadan, il rembourse le nombre de jours perdus.

Il y a la femme enceinte mais si elle a peur pour la santé de l’enfant, elle peut ne pas jeûner. Après le Ramadan, elle rembourse les jours ratés.  Le voyageur qui parcourt une distance qui oscille entre 87 et 90 km  est également  exempté  du jeûne.  Mais si vous faite sciemment de ne pas jeûner un seul jour, vous devez jeûner deux mois d’affilée. Pour terminer, la femme en période de menstrues ne jeûne pas.

 

LP : Comment se fait la compensation pour les personnes dispensées définitivement du jeûne ?

IAS :  Les personnes dispensées définitivement du jeûne, sont les vieilles personnes et celles qui souffrent d’une maladie incurable. Ces personnes doivent donner à manger à un pauvre durant la période de ce mois béni. La personne peut donner 2,5 kg de riz ou la somme de 1500 à 2000 FCFA par jour à un nécessiteux. Il faudra donner tout le mois à une seule personne.  Sur la base de 2000 FCFA, cela fera 60 000 FCFA.  Vous pouvez acheter un sac de riz et remettre le reste de l’argent à la personne concernée.  Mais si vous n’avez pas les moyens, vous pouvez le faire, soit tous les deux jours par semaine.

 

LP :   Cette année le jeûne du Ramadan et le carême ont commencé ensemble. Quels commentaires faites-vous pour la coïncidence de ces deux actes hautement spirituels ? 

IAS : La Côte d’Ivoire est un pays laïc.  Nous vivons en parfaite symbiose avec nos frères de la communauté chrétienne.  Nous rendons gloire à Dieu qui permet qu’on commence le Ramadan et le carême ensemble.  C’est dire que nous devons prier pour une paix durable et le renforcement de la cohésion en Côte d’Ivoire.  Nous devons également prier pour qu’il y ait la paix dans la sous-région ouest africaine.  Bon mois de carême à la communauté chrétienne.  Soyons uns et unis dans la prière pour le bonheur de la Côte d’Ivoire.

 Réalisée par AC (Coll. OF, stagiaire)