2025 : démocratie consolidée
Il y a un an, à l’aube de 2025, un rendez-vous électoral était solidement ancré dans l’esprit des Ivoiriens : l’élection présidentielle du 25 octobre. D’ailleurs, le processus électoral était déjà enclenché, puisque la révision de la liste électorale avait eu lieu quelques semaines plus tôt, précisément entre octobre et novembre 2024.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu était de taille : organiser un scrutin apaisé, sans violences ni tensions sociales. Autrement dit, tourner définitivement la page des soubresauts récurrents à chaque période électorale, pour en ouvrir une nouvelle, marquant l’enracinement de la démocratie.
Une ambition, du reste très noble, portée par le Président de la République, Alassane Ouattara, qui promettait avec force et conviction, dans son message à la Nation à la veille du Nouvel An, que « les élections seront apaisées, transparentes et démocratiques ». Une profession de foi traduisant une volonté farouche de vaincre ce signe indien qui voudrait que, tous les cinq ans, chaque élection présidentielle s’accompagne de tourments politiques, souvent attisés artificiellement par des acteurs peu scrupuleux.
Douze mois plus tard, le constat est implacable : le pays a certes connu quelques secousses marginales, mais, tel un rônier, il n’a pas rompu. L’apocalypse annoncée par une opposition en panne de stratégie, qui avait choisi la voie de la sédition au détriment du jeu démocratique, n’a pas eu lieu. Et l’élection présidentielle, cristallisant toutes les tensions, s’est déroulée globalement dans le calme. Comme l’avait prédit le Président Ouattara, d’ailleurs grand vainqueur du scrutin avec 89,10 % des voix.
Mais au-delà de ce plébiscite, totalement mérité au regard de son bilan probant, cette élection a marqué un tournant décisif dans la jeune démocratie ivoirienne : le respect scrupuleux des textes et des institutions. Sans concession ni compromission. Peu importe que l’on soit un acteur politique de premier plan ou un ancien chef d’État. « Dura lex, sed lex », disent les Latins : la loi est dure, mais c’est la loi. Peu importent les cris d’orfraie des recalés ou de leurs partisans.
Pendant longtemps, au nom du dialogue politique, de nombreux actes répréhensibles ont été passés par pertes et profits, simplement parce que leurs auteurs étaient des hommes ou des femmes politiques. Comme s’ils n’étaient pas justiciables. C’est précisément cette perception de la vie politique qu’il faut déconstruire pour assurer la vitalité de notre démocratie.
De toute évidence, avec la tenue de cette élection présidentielle, le gouvernement a définitivement consacré l’État de droit en Côte d’Ivoire, tout en envoyant un message limpide à tous : fini les arrangements politiques, et surtout, personne — absolument aucun citoyen — n’est au-dessus de la loi. C’est à ce prix que la Côte d’Ivoire pourra, ni plus ni moins, renforcer sa démocratie.
C’est là, assurément, l’une des grandes leçons politiques de l’année écoulée. L’autre enseignement majeur, c’est la maturité des populations ivoiriennes. Qui, dans leur écrasante majorité — à l’exception de quelques jeunes instrumentalisés et nourris à la haine tribale — sont restées sourdes aux appels à la haine et à l’insurrection lancés par des opposants désarçonnés. Implicitement, elles adressent un message clair à tous ceux et celles qui aspirent à les gouverner : ce qu’elles veulent désormais, c’est le développement. Et non des discours creux, à forte teneur ethnique, sur fond de manipulation et de populisme mal inspiré.
Et si le pays n’a pas basculé, c’est en grande partie grâce à elles — et avec elles — les 44 000 éléments des Forces de défense et de sécurité, qui ont, dans un esprit républicain, assuré avec dévouement la sécurisation de la présidentielle.
Dans cette dynamique positive, la Côte d’Ivoire a bouclé l’année électorale avec une seconde échéance : les législatives du 27 décembre. Des élections locales qui se sont déroulées dans le calme, renouvelant l’Assemblée nationale sans grand bruit.
On le voit donc : en 2025, en dépit des prophéties de chaos, la Côte d’Ivoire a relevé, avec sérénité et maturité, le défi d’organiser des élections globalement apaisées, à l’instar des grandes démocraties du monde. Incontestablement, le pays entre dans une nouvelle ère… avec des institutions solides pour une démocratie plus forte.
Charles Sanga
