Retour volontaire du Niger : 149 migrants ivoiriens accueillis avec dignité à Abidjan
Cent quarante-neuf migrants ivoiriens, dont 139 adultes et 10 mineurs, sont arrivés ce lundi 9 février 2026 en Côte d’Ivoire en provenance du Niger, dans le cadre d’une opération de retour volontaire supervisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). À leur arrivée, les compatriotes ont été accueillis par le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Gaoussou Karamoko, qui leur a adressé personnellement une poignée de main et des mots de réconfort. Un geste fort, symbole de l’engagement de l’État ivoirien à placer l’humain et la dignité au cœur de sa politique migratoire. S’exprimant devant la presse, Gaoussou Karamoko a rappelé que ces retours s’inscrivent dans une démarche désormais bien établie. « Il s’agit d’une procédure propre à la Côte d’Ivoire et partagée par plusieurs États africains, qui vise à garantir le retour en toute dignité de nos compatriotes vivant à l’étranger dans des conditions de vulnérabilité », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette politique est mise en œuvre depuis plusieurs années sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, avec l’appui de partenaires traditionnels, notamment l’OIM. « La Côte d’Ivoire organise de manière régulière des opérations de retour volontaire au profit de ses ressortissants en situation de détresse, que ce soit dans le désert ou dans d’autres zones de transit », a-t-il expliqué.
Le directeur général a également mis en lumière la principale innovation introduite dans ce processus : la mise en place d’un dispositif d’audition en ligne. « Cette méthode nous permet d’identifier de manière fiable des migrants qui, très souvent, n’ont pas de documents ou présentent des pièces non authentiques », a-t-il indiqué. Grâce à ce mécanisme, a-t-il précisé, « 400 Ivoiriens ont pu être formellement identifiés au Niger ». Le rapatriement a ainsi débuté avec un premier contingent de 149 personnes, tandis que d’autres retours sont programmés dans les jours à venir.
Au-delà de l’opération ponctuelle, les autorités entendent inscrire cette démarche dans la durée. « L’idée, c’est de sortir d’une logique de crise pour entrer dans une logique de gouvernance et d’anticipation », a souligné Gaoussou Karamoko, ajoutant que l’objectif est de disposer, en temps réel, de données fiables sur les Ivoiriens en situation de vulnérabilité, où qu’ils se trouvent.
Rappelant que la migration est un droit fondamental, le directeur général a insisté sur la dimension humaine de ces retours. « Une chose est d’aller en migration, une autre est de migrer en dignité, dans le respect des droits de l’Homme », a-t-il affirmé. Pour lui, « le retour des migrants ne se limite pas à les faire revenir, mais à leur permettre de recouvrer toute leur dignité ».
C’est dans cet esprit que l’État ivoirien met en place un dispositif d’accueil et de réintégration, tenant compte des compétences et des expériences acquises par les migrants. « Même lorsque la migration est irrégulière, il y a toujours un enseignement, un savoir qu’il faut pouvoir capitaliser », a-t-il relevé, soulignant également la nécessité de prendre en charge les traumatismes psychologiques liés à l’exil. Après leur arrivée, les migrants sont orientés vers l’INJS, servant de centre d’accueil provisoire. « Ce site nous permet de les recevoir, de les loger et de les écouter en dignité », a expliqué Gaoussou Karamoko, précisant qu’un travail de référencement est ensuite effectué afin de les orienter vers des structures adaptées à leurs besoins.
À travers cette opération, le message des autorités ivoiriennes se veut clair. « Nous demandons à nos compatriotes de croire en la Côte d’Ivoire et aux perspectives qu’elle offre », a lancé le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur. « La Côte d’Ivoire est la première destination migratoire en Afrique de l’Ouest. Il n’y a donc pas de raison que nous ne trouvions pas chez nous de quoi vivre décemment ».
Rahoul Sainfort
