CAN 2025 (Quarts de finale) : Maroc : Jour de vérité

CAN 2025 (Quarts de finale) : Maroc : Jour de vérité
Les Lions de l'Atlas jouent leur survie face aux Lions Indomptables du Cameroun, ce soir, en quart de finale de la CAN (Ph DR)

Le 5 janvier 2025 restera gravé dans les mémoires. Ce soir-là, le Maroc a tremblé, vibré, puis explosé de joie. Un but de Brahim Diaz, arraché dans la douleur face à la Tanzanie, a suffi pour propulser les Lions de l’Atlas en quarts de finale. Dans les rues de Marrakech, les klaxons ont résonné jusqu’à l’aube, les vuvuzelas ont couvert le silence de la nuit, et les visages se sont illuminés d’un sourire collectif. « C’est la première victoire », confiait Adil, encore ému, sur l’avenue Mohamed VI. Une victoire qui n’efface pas les frayeurs, mais qui rappelle que dans cette CAN, chaque pas est une bataille.

Car désormais, le Maroc n’a plus droit à l’erreur. Ce vendredi 9 janvier, à Rabat, l’histoire se rejoue face au Cameroun. Un adversaire mythique, une bête noire qui hante encore les souvenirs de 1988. Mais cette fois, les Lions de l’Atlas sont chez eux, portés par un peuple qui croit à la rédemption depuis le sacre de 1976. Le stade vibrera, les cœurs battront à l’unisson, et l’air sera chargé de cette tension unique des matches à élimination directe : une faute, une hésitation, et tout peut s’effondrer.

Walid Regragui le sait mieux que quiconque. En conférence de presse, le sélectionneur a parlé avec lucidité et fermeté : « À ce niveau, les erreurs se paient cash. » Derrière ses mots, une vérité implacable : le Maroc joue son destin. Les blessures qui fragilisent l’effectif, la puissance camerounaise, l’histoire qui pèse… tout cela compose un décor où la moindre faille peut être fatale. Mais Regragui refuse de céder à la peur. Il rappelle que le Cameroun aussi porte le poids de la pression, que les Lions Indomptables n’ont pas le luxe de trébucher. Une bataille psychologique s’est ouverte avant même le coup d’envoi.

Dans les cafés de Casablanca, les souks de Fès, les ruelles de Marrakech, les discussions ne parlent que de ce choc. Les supporters savent que ce quart de finale est plus qu’un match : c’est une épreuve de vérité. Le Maroc doit montrer qu’il est prêt à écrire une nouvelle page de son histoire, qu’il peut transformer la ferveur populaire en force sur le terrain. L’heure n’est plus aux célébrations, mais à la concentration. Le pays entier retient son souffle, conscient que la CAN ne pardonne pas. Vendredi soir, il faudra être grand, il faudra être fort. Car pour les Lions de l’Atlas, l’erreur n’existe pas. 

 

OUATTARA Gaoussou à Marrakech