Forum libéral d’Abidjan : Sidi Touré plaide pour un changement de regard sur les migrations
Les questions migratoires préoccupent sérieusement le vice-président de l’Internationale libérale, Sidi Tiémoko Touré. Selon lui, ce phénomène ne doit plus être appréhendé uniquement sous l’angle sécuritaire, mais considéré comme un véritable levier de développement. C’est ce qu’a indiqué le ministre des Ressources animales et halieutiques, le jeudi 16 juillet 2026, lors de la 3ᵉ édition du Forum libéral de dialogue politique, organisée à Abidjan autour du thème : « Migrations, sécurité et développement : repenser le partenariat Afrique-Europe ».
En présence de responsables politiques, diplomates, universitaires et représentants d’organisations internationales, Sidi Touré a invité à dépasser les idées reçues sur les migrations africaines et à bâtir une coopération Afrique-Europe fondée sur la responsabilité partagée et l’intérêt mutuel. Il a rappelé que les migrants internationaux ne représentent que 3,7 % de la population mondiale, tandis que plus de 70 % des migrations africaines s’effectuent à l’intérieur du continent. « Le migrant africain type ne traverse pas la Méditerranée. Il franchit une frontière voisine pour aller travailler, commercer, étudier ou rejoindre sa famille », a-t-il déclaré, dénonçant les discours qui présentent les migrations comme une menace plutôt que comme une réalité économique et humaine.
Le vice-président de l’Internationale libérale a également exprimé ses inquiétudes face aux conséquences du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, estimant que la libre circulation des personnes demeure un acquis majeur de l’intégration ouest-africaine qu’il convient de préserver.
Sidi Touré a plaidé pour une approche économique de la migration, mettant en avant le rôle déterminant des diasporas africaines. Il a proposé la mise en place de visas facilitant les déplacements des entrepreneurs, chercheurs et étudiants, ainsi que des programmes favorisant les mobilités circulaires.
Dans son allocution, la directrice Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, Alexandra Heldt, a dénoncé la montée des discours hostiles aux migrants, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Elle a souligné qu’aucun État ne peut construire son avenir en désignant les migrants comme responsables de ses difficultés économiques. Elle a plaidé pour une coopération fondée sur la confiance, la mobilité et les valeurs de liberté.
Anzoumana Cissé
