Recettes intérieures, éducation, santé, routes : Les résultats remarquables du PAGDS

Recettes intérieures, éducation, santé, routes : Les résultats remarquables du PAGDS
Le PADGS a permis la distribution gratuite de 8 451 653 livres de lecture et de mathématiques et des guides-maîtres.

Démarré le 1er janvier 2020, le Projet d’amélioration de la gouvernance pour la délivrance des services de base aux citoyens (PAGDS) a pris fin le 31 décembre 2025. Financé par la Banque mondiale pour un montant initial de 85 millions de dollars, le projet a été mis en vigueur le 24 juin 2019 et la date de clôture initiale était fixée au 31 décembre 2023. Au regard des bons résultats enregistrés dans son exécution dès les premières années, le gouvernement et la Banque mondiale ont convenu de la mise en place d’un financement additionnel de 110 millions de dollars qui a pris fin au 31 décembre 2025.

Dès le départ, le PAGDS visait un double objectif. Celui de soutenir les réformes des secteurs économiques clés, et l’amélioration de la gouvernance économique, avec un accent particulier sur la digitalisation des systèmes, le recouvrement des recettes intérieures avec la Douane et les Impôts et l’exécution des dépenses publiques, d’une part. Et d’autre part, réussir la gestion du projet PforR (Programme axé sur les résultats) sans solliciter les ressources publiques.

Du fait du rallongement du financement, le champ d’intervention du projet a été élargi à l’amélioration de la gestion des ressources de santé, éducation, routes. Ainsi, après six ans de mise en œuvre, le PAGDS affiche un bilan positif ainsi qu’un impact réel sur l’optimisation des ressources intérieures, la bonne gestion des dépenses publiques et l’amélioration de la qualité de la délivrance des services aux citoyens.

 

Des enfants qui apprennent mieux et dans de meilleures conditions

Dans la perspective d’une maitrise des dépenses publiques liées aux frais de scolarité dus aux établissements privés, le projet a mis en place un système de contrôle biométrique de présence des élèves affectés ou orientés dans les établissements privés. Ce système a été déployé dans plus de 3000 établissements d’enseignement général et enseignement technique et professionnel.

A fin 2025, 4 324 365 élèves ont fait l’objet de contrôle biométrique, permettant au gouvernement de réaliser une économie de plus de 30 milliards de FCFA de 2021 à 2024. Cette réforme a mis fin à des années de paiements de subventions basés sur des effectifs non vérifiés dans certains établissements. L’avantage est que cet argent pourrait être réinvesti pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves ivoiriens.

Toujours dans le secteur de l’éducation, la plateforme d’affectation en ligne, élaborée dans le cadre de ce projet, permet aux parents d’élèves de faire le choix de l’école de leurs enfants en 6e et en 2nde. En plus, le système permet aux élèves ayant obtenu les meilleures moyennes d’avoir la priorité de choix des établissements d’accueil. Grâce à cette plateforme, 2 149 703 élèves ont pu être affectés.

La troisième plateforme, DOBCONNECT, a révolutionné l'inscription scolaire permettant ainsi à des milliers de parents d’élèves d’inscrire leurs enfants en ligne sans avoir à se déplacer à Abidjan. En 2025, ce sont 142 870 parents et tuteurs qui ont pu inscrire leurs enfants, soit plus de 90 % des admis en sixième. Les plaintes liées aux inscriptions ont chuté de 13 à 7 %.  En outre, grâce à une procédure de distribution de manuels de lecture et de mathématiques aux classes de Cours préparatoires, étendue à la production des guides-maîtres, 8 451 653 livres ont été produits et distribués gratuitement dont 8 301 173 manuels de lecture et de mathématiques et 150 480 guides-maîtres. Ainsi plus de 97 % des élèves des deux premières années du primaire ont reçu leurs manuels scolaires à temps, contre seulement 61 % auparavant. Cette réforme de la chaîne d'approvisionnement a entrainé la facilitation de l’encadrement et de l’apprentissage des enfants dans les salles de classe et le soulagement d’élèves en situation de précarité en allégeant les charges liées à la scolarisation de l’enfant. Selon la Banque mondiale, ces chiffres représentent des enfants qui apprennent mieux et dans de meilleures conditions.

Amélioration de la transparence des données administratives, financières et médicales

Dans le secteur de la santé, le Système d'information hospitalier (SIH) a été mis en place pour améliorer la qualité de la prestation de services en mettant l’accent sur l’optimisation des ressources, la transparence et une efficacité accrue dans l’utilisation des ressources de santé. Le SIH retrace le parcours du patient avec un identifiant unique qui lui garantit sa prise en charge de façon unique dans n’importe quel centre de santé disposant de la solution sur toute l’étendue du territoire. A ce jour, 100 % des patients de ces établissements sont suivis numériquement. Ce système a été déployée dans 325 établissements sanitaires de 2022 à 2025. Un total de 7 262 752 personnes a été géré à travers le SIH. Comme résultats, ce sont plus de 57 milliards de FCFA qui ont été collectés depuis 2022, les recettes des établissements ont augmenté entre 50% et 400%, une bonne traçabilité des informations des usagers clients (identification, parcours patient, et dossiers patients maitrisés). Le système a également permis l’amélioration de la transparence des données administratives, financières et médicales ; la disponibilité, l’accessibilité et l’archivage sécurisée des informations financières et médicales ; le suivi régulier et maitrisé des activités dans les services médicaux, etc. Au total, ce sont plus de 8,2 millions d'Ivoiriennes et d'Ivoiriens qui ont bénéficié directement de l’ensemble de ces réformes entre 2020 et 2024.

 

 

Plus de 107 milliards de FCFA de monnaie électronique créée avec 2 436 424 comptes clients

L’optimisation des ressources financières a été aussi un domaine d’intervention du PAGDS. En collaboration avec la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, la plateforme TRESORPAY-TRESORMONEY a été élaborée. Outil de paiement électronique, cette plateforme vise à collecter diverses taxes, les recettes de services, les ressources non fiscales des postes comptables, collectivités et établissements publics nationaux mais aussi d’effectuer des paiements au profit des populations. Elle permet d’une part, de s’assurer de la disponibilité instantanée des fonds collectés et, d’autre part, de réduire considérablement l’utilisation des fonds en numéraire et la perte de certaines recettes de services. Les bourses d’études, les frais de scolarité et d’examen, les frais de consultation santé, certains frais d’actes juridiques, etc. se paient à travers TRESORPAY-TRESORMONEY. Depuis son implémentation, la plateforme connaît une évolution croissante d’année en année. A mi 2025, TRESORPAY-TRESORMONEY a permis d’effectuer 10 103 121 transactions avec un recouvrement de 113 milliards de FCFA. En outre, plus de 117,250 milliards de FCFA de dépenses ont été effectuées au profit de 1 278 796 bénéficiaires à fin 2025 ; ainsi que plus de 107,988 milliards de FCFA de monnaie électronique crééé avec 2 436 424 comptes clients. Ce qui témoigne d’une intégration plus rapide du paiement électronique dans les opérations du gouvernement. Au niveau de la justice, la Plateforme E-TRIBCOM de gestion des registres de commerce et de crédits mobiliers (RCCM) a été créée pour le compte du Tribunal de Commerce d’Abidjan (TCA). Cette plateforme est destinée à faciliter la gestion des activités judiciaires, à améliorer les processus de traitement de l’information et à la mise en place d’une gestion électronique des documents. Depuis juillet 2020, date de sa mise en service, au total de 284 752 dossiers dont 39 629 dans E-Tribcom, ont été numérisés sur une valeur cible de 302 000 dossiers, soit 95% de la cible à atteindre. Par ailleurs, la facilitation et dématérialisation du processus d’obtention du RCCM ainsi que la facilitation et dématérialisation des activités judiciaires et la disponibilité de statistiques fiables sont autant de résultats tangibles obtenus grâce à cette plateforme.

 

 

Mobilisation des recettes intérieures

Les douanes ivoiriennes ne sont pas en reste. Le PAGDS a contribué à la modernisation technologique des services douaniers avec le financement de neuf projets, dont la mise en place du système intégré de contrôle électronique des débarquements de marchandises en vrac à l’aide de pèse-essieux. Ce projet enregistre un taux de réalisation de 100%. Grâce au PAGDS, la Direction générale des Douanes a été certifié à la Norme ISO 9001-2025. Par ailleurs, le projet a également permis la réalisation d’un système automatisé de gestion de magasins diplomatique sous douane en Côte d’Ivoire. En plus de ces plateformes, il convient d’indiquer que des activités majeures ont été menées en vue de l’accroissement de la collecte des ressources intérieures. En collaboration avec la Direction générale des impôts, le cadastrage des villes de Yamoussoukro, Korhogo et Daloa a été renforcé dans le but de l’élargissement de l’assiette fiscal. A l’issue de l’opération, le nombre de parcelles imposées est passé de 43 546 à 81 183, soit une hausse de 91%. Par ailleurs, le recensement électronique des activités économiques effectué dans les communes de Marcory, Korhogo, Aboisso et Dabou a enregistré une augmentation significative. Le nombre d’activités économiques identifié est passé de 9 914 à 19 892 soit une hausse de 9 978 activités représentant un accroissement de plus de 200%. Pour le secteur de l’entretien routier, la Plateforme www.ageroutemarche.net de gestion des contrats routiers et de la performance des entreprises du secteur des travaux publics a été opérationnalisée pour le compte de l’Agence de Gestion des Routes (AGEROUTE). Cette plateforme inclut la classification des marchés de travaux en fonction de leur niveau d’exécution ainsi que la classification des entreprises en fonction de leur niveau de performance. Elle offre la possibilité pour les usagers et à tous les citoyens de participer à la gestion de l’entretien routier en envoyant des alertes à travers une application mobile pour signaler des dégradations de la voirie.

Comme on le constate, ces résultats parlent pour eux-mêmes. Ce qui les rend encore plus remarquables, c'est qu'ils touchent des secteurs à fort impact social et économique. Le PAGDS a réussi à développer une culture de résultat au cœur de l'administration ivoirienne. Selon la Banque mondiale, une deuxième phase est en préparation. Elle sera axée sur la mobilisation accrue des ressources intérieures et la gestion efficiente des dépenses publiques, ainsi que la gestion efficiente des recettes. Espérons qu’avec cette nouvelle phase, les projets pilotes mis en œuvre seront déployés à l’échelle nationale pour des résultats encore plus concluants.

 

Sogona Sidibé