10e édition du Êlê festival d’Adiaké – Hien Sié Yacouba (Député-maire et promoteur du festival): « Aucune ville n'est condamnée à rester dans l'ombre lorsqu'elle décide de croire en elle-même »
Sous un ciel lourd de solennité, la voix du député-maire s'est élevée, portée par dix ans d'un pari tenu. Du 25 juillet au 1er août 2026, Adiaké a célébré la 10e édition du Êlê Festival, une semaine rythmée par des excursions lagunaires, des rencontres sportives, des formations et des temps forts culturels, avant de refermer ses portes ce week-end, par la très attendue finale des courses de pirogues sur la lagune Aby et le giga concert de clôture à la place ADO. Devant un Premier ministre visiblement ému et une foule venue des quatre coins du pays, Hien Sié Yacouba a raconté l'histoire d'une ville qui a refusé de subir son destin, et posé les jalons d'un modèle où culture, sport et tourisme se conjuguent pour irriguer durablement l'économie d'une région tout entière. Face à Robert Beugré Mambé, chef du Gouvernement, et à Tiéné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre en charge de la Défense, le ministre des Infrastructures et de l'Entretien routier a livré un discours où se sont mêlés fierté, gratitude et nostalgie. « Certaines villes héritent de leur développement. Adiaké a en charge de construire le sien », a-t-il lancé, dans un silence presque recueilli. Puis, comme pour graver dans le marbre le sens profond de dix éditions de combat : « Depuis dix ans, Adiaké ne célèbre pas seulement un festival. Elle affirme une conviction : celle qu'aucune ville n'est condamnée à rester dans l'ombre lorsqu'elle décide de croire en elle-même. »
Une dette de reconnaissance envers le Premier Ministre
C'est avec une émotion perceptible que le membre du Gouvernement s'est tourné vers son ancien enseignant. « Monsieur Robert Beugré Mambé, le Premier ministre, chef du Gouvernement, j'ai eu le privilège d'avoir bénéficié de votre enseignement, de votre contribution donc à ma formation d'ingénieur de génie civil », a-t-il confié, avant d'ajouter : « Je garde en mémoire votre rigueur et votre attachement, parfois obsessionnel on croyait alors, au travail bien fait. »
Le promoteur du Elê Festival a poursuivi en évoquant le sens de l'écoute de son ancien professeur, « comme pour témoigner de sa volonté de prendre chacun des étudiants par la main pour le guider », avant de conclure sur une note personnelle : « Aujourd'hui membre de votre gouvernement, je m'honore d'avoir été forgé à votre école en espérant avoir encore assez d'élasticité pour absorber vos enseignements de la vie. »
Un hommage a également été rendu au vice-Premier ministre Tiéné Birahima Ouattara, dont « l'engagement en faveur du développement de nos territoires traduit une vision claire, tournée vers le progrès de nos populations », selon les mots de Hien Sié Yacouba. Une minute de silence a par ailleurs été observée en mémoire du Général Aly Augustin Dem, Chef d'État-Major Général des armées Adjoint disparu, le vendredi 31 juillet.
Des hommages appuyés aux figures tutélaires de la cérémonie
Le Ministre s'est ensuite tourné vers le Docteur Eugène Aka Aouélé, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel et Président de la Région du Sud-Comoé, l'appelant affectueusement « cher aîné ». « Merci pour votre présence rassurante à nos côtés ce jour et merci pour ce que vous faites pour notre Adiaké et ses populations », lui a-t-il dit, saluant en lui un compagnon fidèle du développement régional.
Il a également adressé sa gratitude au Haut Représentant du Président de la République, co-patron de l'édition, ainsi qu'à la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck Tohé, présidente de la cérémonie, sans oublier les ministres Vagondo Diomandé, Souleymane Diarrassouba, Jean-Louis Moulot, ainsi que les ambassadeurs de France et de Chine.
C'est cependant aux autorités coutumières qu’il a réservé ses mots les plus solennels. S'inclinant devant Sa Majesté le président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire, il a rendu « hommages les plus respectueux » à l'ensemble des « autorités coutumières et religieuses, gardiennes de nos valeurs, de notre identité et de notre cohésion ». Évoquant la présence massive des souverains venus des quatre coins du Sud-Comoé, il a souligné le poids symbolique de leur engagement : « La participation massive des rois réunis autour de Sa Majesté confère à cette cérémonie une dimension particulière. Elle témoigne de l'unité de nos royaumes et de leur engagement constant en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du développement du Sud-Comoé. »
Le Sud-Comoé dit merci au Chef de l'État
Au nom des populations de sa région, Hien Sié Yacouba a tenu à exprimer une gratitude solennelle envers le Président Alassane Ouattara. « Les peuples bâtissent leur avenir par le travail, mais ils grandissent aussi par la reconnaissance », a-t-il déclaré, avant d'énumérer une série de réalisations structurantes : le Centre hospitalier universitaire d'Aboisso, le Centre de cancérologie de Grand-Bassam, l'autoroute Abidjan-Assouindé, ainsi que les investissements routiers réalisés à Grand-Bassam, Bonoua, Assinie, Adiaké, Aboisso, Maferé, Ayamé et Tiapoum.
Il a également salué les chantiers en cours, notamment la réhabilitation de l'axe Aboisso-Ayamé et la reconstruction de « cette route emblématique dite route du sel, qui jadis permettait aux populations du Nord et du Sud de la Côte d'Ivoire de commercer et entretenir les relations sociales ». Il n'a pas manqué d'évoquer les projets à venir, citant les futures liaisons Roa-Ayenouan et Tiapoum-Nguiémé-Étuéboué-Aby-Eboué, ainsi que la future ville universitaire d'Adiaké.
Revenant sur la confiance renouvelée du chef de l'État envers les cadres de sa région, il a salué « la nomination récente au gouvernement de Jean-Louis Moulot comme ministre Délégué en charge de l'Enseignement technique » et sa propre entrée au Gouvernement comme ministre des Infrastructures et de l'Entretien routier, concluant dans la langue de sa région : « Président Alassane Ouattara, le Sud Comoé vous dit mo, mo dada mo, ini tché. »
Le tourisme, le sport et la culture au service du développement
Revenant sur la philosophie du festival, le député-maire a livré l'une des formules les plus marquantes de son allocution : « Le Êlê Festival n'a jamais été conçu comme une simple fête populaire. Il est né d'une conviction profonde : la culture peut créer de la richesse, le sport peut créer des opportunités, et le tourisme peut transformer durablement une économie locale. »
Il a illustré cette conviction par une image saisissante de l'impact économique local : « Lorsqu'une famille décide de passer quelques jours à Adiaké, ce n'est pas seulement un hôtel qui travaille. Derrière chaque visiteur, il y a une mère qui vend davantage au marché, un pêcheur qui écoule sa pêche, un artisan qui voit son savoir-faire admiré. »
Point d'orgue de cette édition, le ministre a mis en avant l'inauguration du tout premier circuit touristique officiel à travers la lagune Aby, décrit comme « une invitation à découvrir l'âme d'Adiaké ». Les festivaliers ont ainsi pu naviguer vers les îles Éhotilé et accoster à Elima, « terre sacrée de la mémoire ivoirienne, qui a abrité la toute première école primaire de Côte d'Ivoire en 1882 ».
Hien Sié a également salué les délégations invitées des régions de la Mé et du Guémon, remerciant les premières « d'apporter la richesse de leurs traditions forestières sur nos rives lagunaires », et confirmant que le festival est devenu « bien plus qu'un rendez-vous culturel, il est un espace de rencontre, de dialogue et de brassage des peuples ». Une mention spéciale a été réservée au sponsor Brassivoire, dont « la fidélité et l'engagement constant contribuent, année après année, au rayonnement du festival ».
Puis, la voix chargée d'espoir, il a invité à découvrir sa localité. « Venez découvrir Adiaké. Venez écrire avec nous une nouvelle page de notre histoire. Car Adiaké est une terre d'opportunités et d'avenir », a-t-il conclu.
OUATTARA Gaoussou


