Êlê Festival d’Adiaké – Ally Coulibaly (Grand Chancelier de l’Ordre National) : « La spécificité de la Côte d'Ivoire réside dans son identité multiple, dans sa diversité culturelle nourrie à mille sources »

À l'occasion de la cérémonie des officiels de la 10ème édition du ÊLÊ Festival, le 1er août 2026 à Adiaké, Ally Coulibaly, Grand Chancelier de l'Ordre National et co-patron de l'événement, a livré un discours à forte teneur politique et philosophique. Devant le Premier ministre Robert Beugré Mambé et un parterre d'officiels, il a salué le « Vivre ensemble » cher au Président Alassane Ouattara, célébré la diversité culturelle ivoirienne et défendu, à travers la pensée de Nuccio Ordine, « l'utilité de l'inutile ». Ci-dessous l’intégralité de son intervention.

Êlê Festival d’Adiaké – Ally Coulibaly (Grand Chancelier de l’Ordre National) : « La spécificité de la Côte d'Ivoire réside dans son identité multiple, dans sa diversité culturelle nourrie à mille sources »
Le Grand Chancelier de l’Ordre National, Ally Coulibaly, co‑patron du ÊLÊ Festival 2026, salue la vitalité culturelle d’Adiaké et rend hommage à la vision du Président Alassane Ouattara, pour qui le vivre ensemble demeure le socle de la nation ivoirienne (Ph DR)

"-Monsieur, Robert BEUGRE MAMBE, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Haut Patron du ÊLÊ Festival 2026 ;

- Monsieur le Président du Conseil Economique Social Environnemental et Culturel, Co-Patron du ÊLÊ Festival 2026 ;

- Monsieur le Ministre Yacouba Hien SIE, Député-Maire de la belle cité d'Adiaké ;

- Monsieur le Ministre du Tourisme et des Loisirs ;

- Monsieur le Ministre des Sports ;

- Mesdames et Messieurs les Représentants des Ministres,

- Monsieur le Commissaire Général du ÊLÊ Festival ;

- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et membres du Corps Diplomatique,

- Monsieur le Préfet du département d'Aboisso, Préfet de Région du Sud Comoé,

- Madame le Préfet de Grand Bassam,

- Chers membres du Corps Préfectoral,

- Majestés du Sud-Comoé ;

- Honorables Chefs religieux ;

- Mesdames et Messieurs les Festivaliers ;

- Mesdames et Messieurs, chers invités ;

- Populations d'Adiaké, chers parents,

 

Le destin d'Adiaké m'a longtemps fait penser à La Belle au bois dormant, ce célèbre conte de fées qui raconte l'histoire d'une princesse condamnée à un sommeil de cent ans, et qui doit finalement son salut au baiser d'un prince.

Votre belle cité, pareille à l'héroïne de ce conte, est enfin sortie du long et délicieux sommeil dans lequel elle était plongée. Ce réveil est un juste retour des choses, car ses atouts et son potentiel la vouaient d'emblée à un destin prometteur.

Aujourd'hui, Adiaké nous accueille généreusement à l'occasion de l'un des évènements culturels majeurs de notre pays. Nous nous en réjouissons, en saluant dans ce rendez-vous, l'un des mille signes de sa renaissance.

Grâce à quel philtre, quelle infusion d'énergies positives Adiaké a-t-elle finalement conjuré le mauvais sort ? À cette question, tout à fait légitime, on peut apporter des réponses qui, je crois, feront consensus.

La diversité humaine de cette localité est sa principale richesse. Ici, les populations et leurs élus, de toutes origines et de toutes tendances, s'efforcent, jour après jour, d'incarner le « VIVRE ENSEMBLE », cher au Président Alassane OUATTARA.

C'est une entreprise exaltante, à Adiaké comme ailleurs en Côte d'Ivoire, mais combien difficile. Elle exige d'observer et de prendre en compte lucidement les réalités de notre pays, tel que l'a bâti le Père fondateur et Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY. Elle requiert aussi une dose suffisante de volontarisme pour faire échec aux pressions centrifuges, à toutes ces forces de fragmentation qui ne rêvent que d'une chose : voir les Ivoiriens et les Ivoiriennes se déchirer à belles dents.

Marchant résolument dans les pas du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, son digne successeur, le Président Alassane OUATTARA a fait du « VIVRE ENSEMBLE », vous le savez bien, l'axe principal de sa politique, depuis son accession au pouvoir.

Pour devenir une réalité quotidienne, ce concept du « VIVRE ENSEMBLE » suppose que chaque citoyenne et chaque citoyen respecte et serve le bien commun. C'est une condition essentielle pour que la Côte d'Ivoire aille résolument de l'avant et offre à ses enfants un horizon de fraternité.

A cet égard, Adiaké peut se réjouir d'avoir à sa tête un édile de la stature de Yacouba Hien SIE, Député-Maire et Ministre des Infrastructures. Et la charmante population d'Adiaké peut compter, pour épauler son maire, sur une équipe soudée qui a insufflé à cette belle cité, une dynamique nouvelle.

Tout ingénieur qu'il est, notre frère Hien SIE a très vite compris qu'au-delà des infrastructures dont sa ville s'est dotée, le développement de celle-ci ne s'épanouirait qu'en promouvant et en valorisant sa riche culture, dont nous appréciions ici l'une des manifestations les plus marquantes.

Faut-il rappeler ici que la culture, à condition qu'elle ne se réduise pas à l'enfermement ou au repli sur soi, peut se révéler le plus formidable des outils pour fonder un développement équilibré et une civilisation durable ?

A rebours de certaines interprétations, dire que la culture est ce qui reste lorsqu'on a tout oublié, n'est nullement une façon de reléguer celle-ci au dernier rang des préoccupations d'une société. Bien au contraire, sauf à vouloir perdre son âme et sa boussole, la culture est bien l'ultime recours, le substrat inoubliable auquel s'amarre une civilisation qui veut éviter l'extrême dérive. Pour donner plus de force à mon propos, j'ajoute que la culture nous est utile parce qu'elle a fait de l'Homme, autre chose qu'un accident de la nature, pour reprendre les mots de l'écrivain André MALRAUX, qui fut justement un brillant Ministre de la Culture du Général De Gaulle.

 

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Cette dixième édition du « ÊLÊ Festival », répond, comme les précédentes, à une double aspiration des populations d'Adiaké : approfondir leur enracinement dans leurs traditions tout en proclamant leur ouverture aux autres. Ici comme ailleurs, les populations tiennent à leurs racines. Pour elles, le passé n'est jamais passé. Il est présent dans la vie de tous les jours.

Rester fidèle à son identité est un motif de fierté pour chacun car oublier ou renier son passé reviendrait à se priver d'avenir.

Si nous avons fait le déplacement d'Adiaké, si nous avons voulu partager avec vous ces moments de convivialité et d'ardente fraternité, ce n'est pas seulement par curiosité, ou par besoin d'évasion, mais, c'est surtout parce que nous avons la conviction que c'est grâce à la culture que notre beau pays tient bon et progresse, grâce à cette vibrante mosaïque humaine dont nous sommes si fiers.

La spécificité de la Côte d'Ivoire réside dans son identité multiple, dans sa diversité culturelle nourrie à mille sources. Toute crispation identitaire y est vouée à l'échec. Les mots qui se terminent en « ismes » – racisme, nationalisme, souverainisme – tous ces « ismes » de la peur, n'ont aucune chance de prospérer dans ce pays qui tire sa force de son altérité, de son sens de l'hospitalité, de ses « cousinages à plaisanteries ».

Nous sommes là aujourd'hui à Adiaké pour remercier le Ministre Yacouba Hien SIE d'avoir placé la culture au cœur de son ambition politique, et d'avoir fait de ce rendez-vous un des jalons de ce bout de terre paradisiaque.

On ne le soulignera jamais assez, l'un des mérites du Ministre Député-Maire de cette ville qui nous ouvre ses bras, c'est d'avoir démontré, à travers cette manifestation, que ce qui peut paraître, à première vue, inutile, peut s'avérer d'une grande utilité, en dehors de toute logique de profit. C'est donc en connaissance de cause, délié de toute obligation utilitaire, qu'il déploie tant d'efforts pour faire vivre ce festival.

Tout comme Hien SIE, nous soutenons que tout ce qui nous aide à devenir meilleur, peut-être utile. C'est notamment la thèse soutenue par l'éminent écrivain italien Nuccio ORDINE, dans l'un de ses ouvrages que je vous recommande et qui s'intitule : « L'utilité de l'inutile ». Un parfait oxymore.

 

Honorables invités,

Mesdames, Messieurs

 

Une immersion dans la vie culturelle d'Adiaké au bord de la lagune, tout comme un coucher de soleil, un ciel étoilé, un chant de piroguier sur la lagune, (--), bref, tout ce qui dévoile la beauté qui palpite dans nos vies, tout cela contribue certainement à notre équilibre.

Alors, pour satisfaire notre besoin d'inutilité, nous nous donnons rendez-vous, à nouveau, l'année prochaine, ici-même, à Adiaké, pour la 11ème édition du « ÊLÊ Festival », où l'entrée est libre.

 

Monsieur le Maire, encore merci et

Vive le ÊLÊ Festival pour que vive la Côte d'Ivoire !

Je vous remercie."