Confédération africaine de cyclisme :Acquis solides, nouvelles compétitions et perspectives ambitieuses pour l'An 1 du Dr Yao Allah-Kouamé

Confédération africaine de cyclisme :Acquis solides, nouvelles compétitions et perspectives ambitieuses pour l'An 1 du Dr Yao Allah-Kouamé
Élu le 16 février 2025 à la présidence de la Confédération africaine de cyclisme, le Dr Yao Allah-Kouamé signe une première année marquée par des réalisations majeures et des perspectives très encourageantes pour le futur de la petite reine en Afrique (Ph DR)

Il y a des élections qui installent un homme à un poste, et il y a celles qui installent un continent dans une nouvelle ère. Le 16 février 2025, lorsque le Dr Yao Allah-Kouamé est porté à la présidence de la Confédération africaine de cyclisme (CAC), c'est bien plus qu'un changement de gouvernance qui s'opère. C'est un signal politique, diplomatique et sportif envoyé à l'Afrique et au monde : désormais, le cyclisme africain a un capitaine, un stratège, un bâtisseur. Et ce capitaine est ivoirien.

 

La Côte d'Ivoire dans le cercle des nations qui comptent

Dans un continent où les grandes fédérations sportives sont devenues des leviers d'influence – Patrice Motsepe (Afrique du Sud) au football, Aremou Mansourou (Bénin) au handball, Aníbal Manave (Mozambique) au basketball – l'arrivée du Dr Allah-Kouamé à la tête de la CAC inscrit la Côte d'Ivoire dans la cartographie des nations qui comptent. Elle renforce la vision du président Alassane Ouattara, qui fait de la diplomatie sportive un pilier du rayonnement national.

Le président de la CAC, l'Ivoirien Allah-Kouamé, à l'UCI 

 À la tête d'une institution regroupant les 54 nations africaines, ce compatriote ivoirien porte sur ses épaules bien plus qu'une simple responsabilité sportive : il incarne la fierté nationale et le prestige d'un pays qui mise résolument sur la diplomatie sportive. Cette dimension prend tout son sens dans la vision stratégique du président Alassane Ouattara, qui fait du rayonnement international de la Côte d'Ivoire par le sport un axe prioritaire de sa politique. Avoir un fils du pays à la présidence de la CAC représente un atout diplomatique considérable, ouvrant des perspectives de coopération et de partenariats à l'échelle continentale.

Le prochain congrès de la CAC, prévu le 26 avril à Abidjan, sera bien plus qu'une simple assemblée générale. Ce rendez-vous continental constituera une tribune exceptionnelle pour la Côte d'Ivoire, une occasion unique de montrer à la face du monde sa fierté d'avoir l'un de ses fils à la tête de cette institution majeure. Abidjan se prépare à accueillir le gratin du cyclisme africain, dans une atmosphère qui mêlera célébration sportive et démonstration de capacité organisationnelle.

 

Rwanda-Suisse : un démarrage diplomatique stratégique

L'élection du 16 février 2025 n'a pas été suivie d'une période d'observation prudente. Bien au contraire, le nouveau président de la CAC a frappé fort dès ses premiers jours de mandat. Sa toute première mission officielle l'a conduit au Rwanda, aux côtés du président de l'Union cycliste internationale (UCI), pour une rencontre au sommet avec le président Paul Kagame. Cette entrevue n'était pas anodine : l'Afrique s'apprêtait à accueillir le championnat du monde de cyclisme 2025, une première historique qui nécessitait le soutien total des plus hautes autorités.

Mme Amina Lanaya, Directrice Générale de l'Union cycliste internationale, accompagnée de Mme Rose Etoundi et Laurent Bezault, a effectué une visite de travailm en Côte d'Ivoire, du 9 au 10 juillet 2025 (Ph DR)

Cette visite présidentielle a révélé l'engagement exceptionnel d'un chef d'État africain envers le cyclisme, un signal encourageant pour l'avenir de la discipline sur le continent. Mais le Dr Allah-Kouamé ne s'est pas arrêté là. Direction la Suisse, siège de l'UCI, pour une visite officielle déterminante accompagné de la secrétaire générale de la CAC. Au programme : rencontres avec le président de l'UCI, la directrice générale et les directeurs centraux de l'institution mondiale.

Ces premières démarches diplomatiques ont rapidement porté leurs fruits. L'inscription au calendrier officiel de l'UCI du championnat de Gravel en Namibie, ainsi que d'une course féminine dans ce même pays, représentait déjà une victoire significative. Plus encore, l'UCI a validé l'organisation d'un camp de préparation destiné aux athlètes africains qualifiés d'office pour le mondial rwandais. Une trentaine de pays ont répondu présent, envoyant jeunes femmes de moins de 23 ans et hommes juniors de 17 à 18 ans pour cette préparation collective inédite.

 

Le Rwanda 2025 : quand l'Afrique éblouit le monde

Le championnat du monde de cyclisme organisé au Rwanda en 2025 restera dans les annales comme un tournant majeur pour le cyclisme africain. La réussite de cet événement planétaire a dépassé toutes les espérances, impressionnant jusqu'aux plus hauts responsables de l'UCI. La directrice générale elle-même, forte de ses vingt années d'expérience au sein de l'instance mondiale, a confié n'avoir jamais assisté à une organisation d'une telle qualité pour un championnat du monde.

Le président rend visite aux cyclistes africains en Bretagne en préparation des Championnats du monde sur route à Kigali

Pour le Dr Yao Allah-Kouamé, fraîchement installé dans ses fonctions, ce succès retentissant représentait une immense satisfaction et une source de motivation supplémentaire. Voir l'Afrique se hisser à ce niveau d'excellence organisationnelle envoyait un message puissant : le continent est capable d'accueillir les plus grandes compétitions internationales dans des conditions optimales. Cette réussite rwandaise a aussi démontré que l'engagement politique au plus haut niveau, comme celui du président Kagame, peut transformer radicalement le visage d'une discipline sportive.

L'événement a été une véritable fête populaire, rassemblant passionnés locaux et visiteurs internationaux dans une célébration du cyclisme qui a transcendé les simples enjeux sportifs. Pour la CAC et son nouveau président, c'était la preuve tangible que les efforts déployés portaient déjà leurs fruits et que le chemin emprunté était le bon.

 

Kenya et Awards : la consolidation d'une dynamique

Surfant sur cette vague de succès, la CAC a enchaîné avec l'organisation du championnat d'Afrique au Kenya, la deuxième fois que ce pays accueillait cette compétition continentale majeure. Là encore, les records ont été battus : près de 30 pays participants et une douzaine de présidents de fédérations présents, une affluence rarissime qui témoigne de l'engouement croissant pour ces rendez-vous continentaux.

Récompense de MADAR pro cycling team de l'Algérie, premier au classement UCI Africa Tour des équipes africaines lors des Awards de la CAC (Ph DR)

Cette forte mobilisation des nations africaines et de leurs dirigeants illustre parfaitement la dynamique impulsée par la nouvelle gouvernance de la CAC. Les présidents de fédérations ne se déplacent pas uniquement pour leurs athlètes ; leur présence massive démontre une confiance retrouvée dans l'institution et une volonté collective de faire progresser le cyclisme africain.

Pour clôturer cette première année en beauté, la CAC a innové en organisant les Awards du cyclisme africain au Rwanda, une cérémonie inédite récompensant les meilleurs cyclistes du continent. Premier événement de ce type organisé en partenariat avec le secteur privé, cette soirée de gala a rassemblé les stars du cyclisme africain, dont certaines ont envoyé des messages vidéo touchants pour exprimer leur gratitude, à l'image de Binyam Girmay ou Kim Le Court. Cette initiative, appelée à devenir un rendez-vous annuel incontournable, témoigne de la volonté de la CAC de célébrer ses champions et de créer une véritable culture cycliste continentale.

 

Formation et professionnalisation : les fondations de demain

Malgré ces succès indéniables, le président de la CAC garde les pieds sur terre. Le chemin reste long, et les défis nombreux. Parmi les priorités identifiées, la création de conditions optimales pour les regroupements et stages des athlètes africains figure en tête de liste. L'objectif est clair : permettre aux cyclistes du continent de progresser en bénéficiant d'encadrement et de structures de qualité.

Un autre chantier stratégique concerne la formation des commissaires internationaux UCI. Actuellement, trop peu d'Africains possèdent ce niveau de qualification leur permettant d'officier lors de compétitions internationales en Europe, Asie ou Amérique. Une dizaine de commissaires sont déjà en formation, avec un programme d'association aux jurys des compétitions UCI pour apprendre aux côtés de leurs homologues expérimentés.

Garant du cyclisme africain et de son développement, le Dr Yao Allah-Kouamé, est une grande chance pour le continent et une fierté pour son pays, la Côte d'Ivoire (Ph DR)

 La question des mécaniciens constitue également un axe de développement crucial. Le nombre de techniciens africains détenant le diplôme UCI reste insuffisant, alors que la disponibilité de matériel professionnel dépend directement de la présence de mécaniciens qualifiés. Sans cette expertise technique, impossible pour les équipes africaines de rivaliser avec les standards internationaux. La CAC a donc mis ce volet formation au cœur de sa stratégie de développement.

 

An 2 : le calendrier de l'expansion

Le programme de la deuxième année s'annonce tout aussi ambitieux. La création d'une nouvelle compétition féminine en Afrique de l'Ouest, prévue en principe en Guinée, marque la volonté de développer le cyclisme féminin sur le continent. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique mondiale de promotion du sport féminin, et l'Afrique entend bien ne pas rester à la traîne.

Dans la zone de l'océan Indien, l'UCI a donné son accord pour la création d'une compétition jeunes impliquant les Seychelles, Maurice, les Comores et Madagascar. Cette course régionale permettra de détecter et former les talents de demain tout en renforçant les liens entre ces nations insulaires.

Signature de convention avec Kristof Bruyneel-CityMuntainBike (CMB) l'organisation du prochain championnat de VTT urbain en Afrique (Ph DR)

À l'Est, le Tour de Zanzibar et un championnat de VTT Eliminator (XCE) en Éthiopie ou au Kenya enrichiront le calendrier continental. Ces nouvelles épreuves visent un objectif stratégique : accroître significativement l'activité cycliste en Afrique et réduire progressivement l'écart avec les autres continents.

 

Abidjan 2026 : des enjeux décisifs

L'Assemblée générale du 26 avril à Abidjan cristallise plusieurs enjeux majeurs. Le projet de déplacement du siège de la CAC en Afrique de l'Ouest, actuellement en phase active de préparation, pourrait y trouver sa conclusion. Les démarches avancent favorablement, et une décision pourrait être prise lors de ce congrès historique. Ce transfert symboliserait un ancrage encore plus fort de l'institution sur le continent africain.

L'inscription du Tour de Côte d'Ivoire au calendrier UCI constitue un autre dossier important. Le président Allah-Kouamé reste pragmatique : tout dépendra des budgets alloués par le ministère des Sports et de la capacité à mobiliser des sponsors. Mais l'engagement pris lors de la visite de la directrice générale de l'UCI laisse espérer une issue positive.

Le Président de la CAC en compagnie du président de l’Union cycliste internationale David Lappartient (au milieu) et du vice-président Enrico Della Casa, a assisté à une manche du championnat du monde de Cyclo-cross (Ph DR)

Le projet d'académie du cyclisme en Afrique de l'Ouest progresse également. Des discussions sont en cours avec les autorités compétentes, et l'annonce officielle interviendra le moment venu. Cette académie pourrait devenir un centre d'excellence continental, formant les futures générations de cyclistes et de cadres techniques africains.

À l'heure du premier bilan, force est de constater que le Dr Yao Allah-Kouamé a su imprimer sa marque à la tête de la CAC. En douze mois, il a multiplié les initiatives, noué des partenariats stratégiques, créé de nouvelles compétitions et placé l'Afrique du cyclisme sous les projecteurs internationaux. Pour la Côte d'Ivoire et le président Alassane Ouattara, c'est la confirmation que la diplomatie sportive constitue un levier puissant de rayonnement international.

OUATTARA Gaoussou