FIF – Assemblée générale : Le football ivoirien face à son destin

FIF – Assemblée générale : Le football ivoirien face à son destin
Yacine Idriss Diallo, président sortant de la FIF, entend faire de l’Assemblée générale élective du 12 septembre 2026 le point de départ d’une nouvelle étape avec son projet « Transformer pour durer » (Ph DR)

Le 12 septembre 2026 pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire récente du football ivoirien. À l’occasion de l’Assemblée générale élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF), les membres actifs sont appelés à se prononcer sur l’avenir de leur discipline, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Une échéance particulière puisque Yacine Idriss Diallo, président sortant, est le seul candidat à sa propre succession.

Au-delà du scrutin et de son issue annoncée, cette journée se présente surtout comme une journée de vérité. Vérité sur la confiance accordée au bilan de la mandature écoulée, mais surtout sur l’adhésion au nouveau cap proposé par le président de la FIF et son comité directeur. Au fil de la tournée nationale menée auprès des clubs, des groupements d’intérêt et des associations affiliées, les acteurs du football ivoirien ont eu l’occasion d’écouter, d’interroger et d’apprécier le projet « Transformer pour durer ».

Cette fois, les paroles devront laisser place aux actes. Ceux qui, au cours de cette tournée, ont manifesté leur adhésion à cette nouvelle ambition sont attendus dans les urnes pour lui donner une traduction concrète. Une large majorité en faveur de Yacine Idriss Diallo constituerait ainsi bien plus qu'un simple résultat électoral. Elle serait le prolongement logique des engagements exprimés sur le terrain et le signal d’une volonté collective de poursuivre les transformations engagées.

Car l’enjeu du 12 septembre dépasse la seule reconduction d’un président. Il s’agit de donner une force politique et institutionnelle à une vision qui entend inscrire le football ivoirien dans la durée. Après « Rassembler pour développer », slogan qui a accompagné la précédente dynamique, le temps serait désormais venu de « Développer pour durer ». Une nouvelle étape qui ambitionne de faire du football ivoirien un secteur davantage structuré, plus autonome et capable de consolider ses acquis.

Le projet « Transformer pour durer » s’articule autour de six grands axes destinés à donner une nouvelle trajectoire au football national. La performance des équipes nationales constitue l’une des priorités majeures. Les récents succès des Éléphants, avec le sacre à la CAN 2023 et la qualification pour la Coupe du monde 2026, ont replacé la Côte d’Ivoire parmi les références du football africain. Le défi consiste désormais à inscrire ces performances dans la régularité.

La deuxième ambition concerne les clubs ivoiriens et leur capacité à mieux exister sur la scène continentale. Il ne s’agit plus seulement de viser des parcours ponctuels, mais de construire des formations capables de rivaliser durablement avec les meilleures équipes africaines. Cette ambition passe par une meilleure organisation, des ressources renforcées et une professionnalisation accrue.

Autre axe essentiel, faire de la Côte d’Ivoire un véritable modèle de développement footballistique. Pour y parvenir, le projet mise notamment sur la transformation progressive des clubs en réelles sociétés sportives. Cette évolution doit permettre de renforcer leur gouvernance, leur autonomie financière, leur attractivité et leur capacité à générer leurs propres ressources.

L’autonomie financière constitue justement l’un des défis centraux de cette nouvelle étape. L’objectif est de consolider les mécanismes de financement du football, de renforcer les partenariats et de permettre aux clubs et aux structures affiliées de disposer de bases économiques plus solides. La hausse des subventions et l’accompagnement accru des acteurs du football s’inscrivent dans cette logique, c’est-à-dire soutenir aujourd’hui pour permettre aux structures de devenir demain plus fortes et moins dépendantes.

La transformation recherchée est donc autant sportive qu’économique et institutionnelle. Elle concerne les clubs, les sélections, les compétitions, la formation, la gouvernance et l’environnement global du football ivoirien. Avec une idée directrice qui est de ne plus se contenter de bâtir des succès, mais créer les conditions permettant de les reproduire et de les prolonger.

Le 12 septembre, les membres actifs auront ainsi la responsabilité de donner une dimension concrète à cette ambition. Leur vote sera scruté comme l’expression d’un choix entre la continuité d’une dynamique et l’ouverture d’une nouvelle séquence. En se prononçant, ils ne choisiront pas seulement un homme ou une équipe dirigeante. Ils contribueront à définir le modèle de football qu’ils souhaitent pour les prochaines années.

Après avoir travaillé à rassembler les forces vives du football ivoirien pour développer la discipline, Yacine Idriss Diallo et son comité directeur veulent désormais franchir un nouveau palier qui est de transformer pour durer. Un football plus autonome financièrement, plus structuré, mieux gouverné, avec des clubs compétitifs et des sélections capables de gagner dans la durée.

Le 12 septembre sera donc une journée de vérité, mais aussi une journée de projection. Celle où les engagements pris lors de la tournée nationale pourront se traduire dans les urnes. Et où le football ivoirien pourrait officiellement ouvrir une nouvelle ère faite du développement pensé non plus seulement pour réussir aujourd’hui, mais pour durer demain.

OUATTARA Gaoussou