France : Mort de l'ancien Premier ministre Édouard Balladur à 97 ans

France : Mort de l'ancien Premier ministre Édouard Balladur à 97 ans
Edouard Balladur était un fidèle du Président Pompidou qu’il accompagna durant son mandat avait la France au cœur. (Ph Dr)

Édouard Balladur, Premier ministre entre 1993 et 1995, est mort lundi à 97 ans. Ancien proche de Jacques Chirac, il était devenu son rival lors de la campagne présidentielle de 1995. Son échec au premier tour avait mis fin à ses ambitions nationales.

L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est décédé, lundi 31 août, à Paris à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. "Une messe sera donnée dans la stricte intimité familiale", a-t-on ajouté de même source, sans plus de précision. Édouard Balladur fut le dernier Premier ministre de François Mitterrand de mars 1993 à mai 1995. Il restera dans l'histoire politique comme "l'ami de trente ans" de Jacques Chirac devenu son rival lors d'une campagne présidentielle de 1995 féroce qui mettra un terme à ses ambitions. "Ce fidèle du président Pompidou qu’il accompagna durant son mandat avait la France au cœur. Il en fut le serviteur exigeant, mesuré, dévoué", a salué Emmanuel Macron sur X. "Il était un homme d'État, à l'esprit réformateur et restera une référence pour beaucoup d'hommes et de femmes de sa famille politique", a réagi sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu. "Cherchant à convaincre et jamais à séduire, il était de ces hommes politiques qui se font une haute opinion des électeurs parce qu'ils se font une noble idée de la France", a salué de son côté le patron de LR Bruno Retailleau. Entré à 35 ans au cabinet de Georges Pompidou alors Premier ministre du général de Gaulle, Édouard Balladur participe en 1968 au côté de Jacques Chirac aux accords de Grenelle. "Je n'ai pas bien compris les événements de Mai 68", reconnaissait ce conservateur dans une tribune testamentaire publiée fin avril 2026 dans Le Figaro, admettant être passé à côté "d'une crise de civilisation". Il suit son mentor à l'Élysée comme secrétaire général adjoint puis secrétaire général de la présidence. Puis Jacques Chirac, devenu président du RPR, vient le chercher pour le ramener à la politique dans les années 80.

 

"J'ai manifesté trop de distance et de froideur"

En 1988, François Mitterrand est réélu pour son second mandat et la droite perd les législatives. Elle tient sa revanche cinq ans plus tard aux législatives de 1993, contraignant le président socialiste à une nouvelle cohabitation. Chef de la droite, Jacques Chirac n'a aucune envie de retourner à Matignon et laisse Édouard Balladur s'y installer. Ce dernier devient un Premier ministre populaire. Fort du soutien d'une majorité de l'opinion et du clan Pasqua (dont Nicolas Sarkozy, jeune ministre du Budget), il se déclare en janvier 1995 candidat à la présidentielle. Longtemps donné largement en tête du premier tour, il voit son avance fondre au fil des semaines. Son image se confond avec les caricatures du dessinateur Plantu qui le représente dans Le Monde avec une perruque Louis XV sur une chaise à porteurs. "Au fil des années, j'ai manifesté trop de distance et de froideur dans le rôle public que j'avais à jouer, si bien que la politique que j'ai inspirée ou menée moi-même a semblé au peuple français manquer de chaleur et de rayonnement", admettait-il dans la même tribune.  Cet échec sonnera le glas de ses ambitions nationales et cette bataille fratricide entre les deux amis "de trente ans" – l'expression est de Chirac – va durablement diviser la droite. Retiré de la vie politique, Édouard Balladur est par la suite mis en cause pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle, grâce à des rétrocommissions sur des contrats d'armement avec le Pakistan. Il est relaxé par la Cour de justice de la République en 2021, mais pas son ex-ministre de la Défense François Léotard, aujourd'hui décédé, qui est condamné à deux de prison avec sursis. 

France 24 (avec AFP)