Élection à la FIF-En campagne à Abengourou : Ce que propose Yacine Idriss Diallo face aux inquiétudes des clubs de l’Est
Après le lancement en grande pompe de sa campagne, le 2 septembre dernier au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, Yacine Idriss Diallo est désormais entré dans la phase de proximité. Le président sortant de la Fédération ivoirienne de football (FIF), candidat à sa propre succession, a entamé jeudi 3 septembre 2026 à Abengourou une tournée nationale qui doit le conduire dans cinq capitales régionales : Abengourou, Korhogo, Bouaké, Gagnoa et Yamoussoukro. Objectif : aller à la rencontre des membres actifs de la Fédération, ceux qu’il aime appeler « ses patrons », afin de leur présenter son nouveau contrat de confiance baptisé « Transformer pour durer » et, surtout, écouter leurs préoccupations.
C’est dans la cité royale d’Abengourou, capitale de l’Indénié-Djuablin, que le président-candidat a donné le coup d’envoi de ce périple. Accompagné notamment de Malick Tohé, coordinateur général de campagne, et de Salif Bictogo, directeur de campagne, Yacine Idriss Diallo a d’abord sacrifié aux traditions locales en présentant ses civilités à Sa Majesté Nanan Boa Kouassi III, Roi de l’Indénié. Une étape symbolique, avant les véritables échanges avec les acteurs du football de la région.
Le vendredi 4 septembre, après une audience avec le maire d’Abengourou, Adom Hervé Patrick, le candidat et son équipe ont rencontré les membres statutaires et les représentants des clubs de la zone Est. Autour de la table figuraient notamment l’AS Tanda, Sacraboutou Sport, le FC Nafanan, l’US Fermiers, l’ASI d’Abengourou, l’Alliance de l’Indénié, l’ADFCA, l’AS Espoir d’Adzopé et Yangs Statlions ETK.
Les clubs exposent leurs réalités
L’exercice s’est voulu direct et sans détour. Les dirigeants présents ont salué l’initiative de cette tournée, qui leur offre l’occasion d’exprimer leurs préoccupations au candidat à quelques jours de l’Assemblée générale élective de la FIF, prévue le 12 septembre à Yamoussoukro.
Le président de Sacraboutou Sport de Bondoukou, Maury Timité, ainsi qu’un représentant des clubs amateurs, ont notamment dressé le tableau des difficultés rencontrées par les formations de l’intérieur du pays. Au centre des préoccupations : la vétusté du stade Henri Konan Bédié d’Abengourou et du stade Ali Timité de Bondoukou. Les responsables sportifs ont plaidé pour leur réhabilitation afin de permettre aux équipes locales d’évoluer davantage devant leurs populations.
Les difficultés liées aux déplacements, aux charges quotidiennes des clubs et au financement des compétitions ont également été évoquées. Les représentants des équipes des divisions inférieures ont souhaité un accompagnement plus important, tout en appelant à une clarification, avant le début des championnats, des règles relatives aux montées et aux descentes. Une demande destinée à donner davantage de visibilité aux dirigeants et à éviter les incompréhensions au cours des saisons.
« Transformer pour durer », avec les clubs
Très attentif aux doléances de ceux qu’il considère comme « ses patrons », Yacine Idriss Diallo a rappelé les efforts engagés au cours de son mandat pour transformer durablement l’écosystème du football ivoirien.
Le candidat a notamment mis en avant l’augmentation des subventions accordées aux clubs et aux groupements d’intérêt. Les montants évoqués au cours des échanges s’élèvent à 140 millions de FCFA pour la Ligue 1, 70 millions pour la Ligue 2, 40 millions pour la Division 3, 15 millions pour la Division 1 féminine et 20 millions pour les groupements d’intérêt.
Mais, au-delà des subventions, le président-candidat défend une transformation plus profonde du modèle des clubs. Professionnalisation, meilleure gouvernance, structuration juridique et développement de nouveaux modèles économiques constituent des axes importants de son projet. L’ambition est d’aider les clubs à devenir progressivement plus solides et moins dépendants des seuls appuis financiers institutionnels.
Yacine Idriss Diallo a également insisté sur la nécessité de rechercher de nouvelles ressources, notamment à travers la valorisation et la monétisation des contenus sportifs, afin d’améliorer la visibilité des clubs et d’attirer davantage de partenaires.
Face aux nombreuses attentes exprimées, le candidat a toutefois choisi le registre du réalisme. Pas question, selon lui, de prendre des engagements financiers impossibles à tenir. La FIF, a-t-il assuré en substance, poursuivra ses efforts de mobilisation de ressources supplémentaires afin d’améliorer l’accompagnement des clubs, y compris à travers des appuis matériels lorsque les moyens le permettront.
La question sensible des infrastructures
Sur la réhabilitation des stades d’Abengourou et de Bondoukou, Yacine Idriss Diallo a tenu à rappeler la répartition des responsabilités. La construction des infrastructures sportives relève de l’État de Côte d’Ivoire. La Fédération, elle, n’a pas vocation à se substituer aux pouvoirs publics.
Cela ne signifie pas pour autant qu’elle restera inactive. Le président de la FIF a indiqué que l’institution fédérale entend accompagner les initiatives privées et exploiter, chaque fois que cela sera possible, les programmes mis à disposition par la FIFA.
À travers cette première étape d’Abengourou, la campagne de Yacine Idriss Diallo prend ainsi une dimension concrète : présenter une vision, mais également écouter ceux qui vivent quotidiennement les réalités du football ivoirien. Une démarche de proximité qui doit maintenant se poursuivre dans les autres régions du pays.
Après l’Est, l’équipe de campagne mettra le cap sur le Nord. Elle sera à Korhogo, samedi 5 et dimanche 6 septembre, pour poursuivre les échanges avec les membres actifs de la FIF, dans le cadre de cette tournée nationale placée sous le sceau d’un message central : transformer aujourd’hui pour bâtir un football ivoirien plus solide, plus autonome et capable de durer demain.
OUATTARA Gaoussou


