Liste électorale : L'heure de vérité a sonné

Depuis hier, lundi, la liste électorale est affichée dans les centres d’enrôlement à travers le pays. C’est une étape cruciale du processus électoral, car elle ouvre la voie aux réclamations et corrections nécessaires avant le scrutin. Les électeurs et les membres de la Commission électorale indépendante (CEI) peuvent désormais vérifier l’exactitude des inscriptions et signaler d’éventuelles irrégularités. Trois types de réclamations sont possibles : l’inscription, la radiation et la rectification. L’inscription concerne les électeurs omis sur la liste ou ceux ayant recouvré leurs droits civiques. Pour faire une telle demande, le réclamant doit être un électeur de la circonscription concernée ou un membre de la CEI. La radiation vise à expurger la liste des personnes ne remplissant pas les conditions requises pour voter : individus décédés, personnes déchues de leurs droits civiques, non-Ivoiriens, mineurs et naturalisés depuis moins de cinq ans. Dans ce cas, toute personne inscrite sur une liste électorale, quel que soit son lieu de vote, ou un membre de la CEI peut introduire une réclamation. Cet exercice s’apparente à un véritable audit populaire du fichier électoral. La liste est soumise à l’appréciation de tous, mais surtout des partis d’opposition, qui n’ont eu de cesse de dénoncer son manque de fiabilité. Le PDCI affirme avoir identifié plus de 20 000 inscriptions frauduleuses, tandis que le PPA-CI évoque le chiffre vertigineux de 2 000 000 d’inscriptions irrégulières et frauduleuses. Ces allégations, largement relayées dans le débat public, doivent désormais être étayées par des preuves. L’heure n’est plus aux accusations gratuites. Du 22 mars au 5 avril 2025, période de contentieux électoral, les opposants auront l’occasion de démontrer, documents à l’appui, que leurs dénonciations ne sont pas de simples déclarations politiques. C’est le moment ou jamais. Faute de preuves tangibles, leurs accusations perdront toute crédibilité. La CEI, de son côté, joue la carte de la transparence. En plus de l’affichage public, elle a remis aux partis politiques une copie intégrale de la liste électorale, leur donnant ainsi toute la latitude pour effectuer l’audit qu’ils réclament depuis des mois. Si irrégularités il y a, c’est le moment pour eux de les identifier et de les signaler. Par cet acte, la CEI envoie un message clair : elle n’a rien à cacher. Aux acteurs politiques, maintenant, de jouer leur rôle avec responsabilité.
Rahoul Sainfort