Mondial 2026 - Yacine Idriss Diallo formel : « The sky is our limit (le ciel est notre limite) »
À Philadelphie, au Renaissance Hôtel, Yacine Idriss Diallo a réuni autour d’un déjeuner, délégués, présidents de clubs, membres du comité exécutif, anciens internationaux et journalistes accrédités. Un moment de communion ivoirienne, loin d'Abidjan mais si proche de l'essentiel.
Ce mercredi 17 juin, dans les salons feutrés du Renaissance Hôtel de Philadelphie, la Côte d'Ivoire s'est rassemblée. Pas sur un terrain de football, mais autour d'une table. Présidents de clubs, membres du comité exécutif, anciennes gloires du football ivoirien, délégués de toutes obédiences et journalistes : tous réunis par la FIF pour partager un déjeuner, sceller une communion et nourrir une ambition commune. Loin d'Abidjan, oui. Mais au fond de chaque regard, la même flamme.
C'est dans cette atmosphère chaleureuse, presque familiale, que Yacine Idriss Diallo, président de la Fédération Ivoirienne de Football, a pris la parole. Sans protocole inutile, sans discours. Avec des mots qui viennent du cœur et qui portent la force tranquille d'un homme convaincu. Une conviction qui se résulte dans le fait que cette sélection ivoirienne peut réaliser de grandes choses. Cette génération d’Elépéhants, soutient le prséident Idriss Diallo, « peut écrire une page que personne n'a encore imaginée.
Une victoire qui dit tout
Trois jours plus tôt, dimanche 15 juin, les Éléphants de Côte d'Ivoire ont ouvert leur Coupe du Monde 2026 par une victoire précieuse face à l'Équateur (1-0), dans cette même ville de Philadelphie. Un but dans les derniers instants. Une victoire arrachée avec les dents, portée par la résilience d'un groupe soudé. « Quand on a un résultat positif, on oublie ce qui s'est passé avant, mais pour tous ceux qui étaient à ce match, ça a été un match très difficile », a reconnu le président Diallo. Car l'Équateur, 20e nation mondiale, quinze rangs devant la Côte d'Ivoire au classement FIFA, deuxième meilleure sélection d'Amérique du Sud, n'était pas un adversaire ordinaire.
Mais les Éléphants ont tenu. Ils ont résisté. Ils ont attendu leur heure. Et dans le money-time, ils ont frappé. Ce résultat, fruit d'un labeur collectif de quatre ans, n'est pas tombé du ciel. Il est le produit d'un travail structurel, organisationnel, patiemment mené depuis l'élection de Yacine Idriss Diallo à la tête de la FIF. « Ce que vous voyez là, ce n'est pas de l'improvisation », a-t-il martelé, avant de rappeler les deux objectifs sportifs fixés dès le début de son mandat : remporter la CAN, et revenir à la Coupe du Monde. Les deux sont accomplis.
La génération la plus solidaire
Autour de la table, des hommes qui ont connu d'autres temps. Cyrille Domoraud, Bonaventure Kalou, Ahmed Ouattara dit « Adjed » (Aruna Dindane et Alain Gouaméné étant absents), des légendes vivantes du football ivoirien. Des hommes qui portent encore, vingt ans après, les cicatrices des occasions manquées. « Chaque fois qu'on parle, on parle de si en 2006 on avait fait ça, si en 2010 on avait fait ça... On parle avec des regrets », a confié le président de la FIF, ému.
C'est ce mot-là qui a résonné dans la salle : regret. Ne pas en avoir. Ne jamais se dire qu'on aurait pu, qu'on aurait dû. Tout donner. Jusqu'au bout. « Faites tout pour ne pas avoir de regrets. Parce que quand tu as fait tout ce que tu pouvais, sur le terrain, c'est autre chose qui se passe, c'est la volonté de Dieu. »
Cette génération n'est peut-être pas la plus talentueuse de l'histoire du football ivoirien. Mais elle est, selon son président, « la plus solidaire, la plus solide, la plus unie. » Et c'est précisément cette solidarité qui lui donne le pouvoir de faire ce que les anciens n'ont pas pu accomplir.
Sans limite, sans peur
Alors quelle ambition pour cette Coupe du Monde ? Yacine Idriss Diallo n'a pas esquivé la question. Il l'a posée frontalement, avec clarté et conviction. L'objectif : aller le plus loin possible. Sortir du premier tour, certes, Toronto et l'Allemagne attendent dans quelques jours. Mais pas seulement. « Sans se fixer de limites. En respectant tous nos adversaires, mais sans avoir peur de qui que ce soit. La peur n'est pas de notre côté. On a peur uniquement de Dieu. Parce que c'est lui seul qui décide. »
Trois mots, lancés en anglais avec une force tranquille, ont conclu son discours et électrisé la salle : « The sky is the limit. » Le ciel est notre limite. Autrement dit : il n'y a pas de limite. Le carré d'as ? Pourquoi pas. La demi-finale ? Pourquoi pas. La finale ? Pourquoi pas. « Écrivons quelque chose qu'on n'a jamais imaginé. »
Porte-parole des invités de la FIF, Yao Yao Armand Georges a su trouver les mots justes pour répondre à l'élan du président. Il a rappelé que derrière les onze joueurs sur le terrain, il y a un collectif plus large, celui réuni dans cette salle. « Chacun à sa place contribue à ce que cette délégation soit à la hauteur de la confiance que la nation a placée en nous. » Et de rappeler que beaucoup d'Ivoiriens auraient aimé être là, n'ont pas pu obtenir de visa, n'ont pas pu faire le voyage. Ceux qui sont là sont des privilégiés. Des « élus de Dieu », selon les mots du président Diallo.
Ce déjeuner de la FIF à Philadelphie restera comme l'un de ces moments rares où une nation se retrouve loin de chez elle et se reconnaît pleinement. La route est encore longue. Toronto, puis l'Allemagne. Et après, qui sait. The sky is our limit.
OUATTARA Gaoussou à Phliladelphie (Pennsylvanie)
