Au cœur du Mondial : Les Lions de l'Atlas rugissent, l’Allemagne toute en maitrise
La Coupe du monde 2026 s'est ouverte le 11 juin sur trois continents réunis – États-Unis, Canada, Mexique – et elle tient déjà toutes ses promesses. En cinq jours seulement, le tournoi le plus grand de l'histoire du football a livré ses premières vérités, ses premières sensations, ses premières révélations. Et parmi elles, une tendance s'impose avec fracas : l'Afrique joue enfin dans la cour des grands.
Avec 48 nations réparties en 12 groupes de quatre équipes et 104 matchs programmés jusqu'au 19 juillet, cette édition inédite offre un spectacle sans précédent. Le format lui-même est révolutionnaire : les deux premiers de chaque groupe sont directement qualifiés pour les seizièmes de finale, auxquels s'ajoutent les huit meilleurs troisièmes. Cela signifie davantage de matchs à enjeu, davantage de rebondissements, davantage d'équipes capables de se hisser loin dans la compétition.
Le Maroc fait trembler le Brésil
Dans la nuit du samedi au dimanche, au MetLife Stadium de New York, s'est joué le premier grand choc de ce Mondial. Brésil contre Maroc. Le duel a tenu toutes ses promesses, et même davantage. C'est Ismaël Saibari qui a ouvert le score à la 21e minute sur une merveille de combinaison avec Brahim Diaz, piquant le ballon au-dessus d'Alisson d'un sang-froid désarmant.
Le Brésil, méconnaissable en première période, a recollé grâce à l'unique Vinicius Jr à la 32e minute, transformant sa seule véritable occasion. Une efficacité clinique qui a sauvé la Seleção d'une humiliation. En seconde période, les hommes de Mohamed Ouahbi ont résisté avec caractère aux assauts brésiliens, comptant notamment sur un Bono décisif à plusieurs reprises.
Dans le groupe C, le Maroc partage provisoirement la tête avec le Brésil. Les Lions de l'Atlas affronteront ensuite Haïti et l'Écosse.
Le bilan des premiers jours
Depuis le coup d'envoi donné le 11 juin à Mexico, six journées de compétition ont déjà redessiné le paysage mondial. Le Mexique a ouvert le bal en battant l'Afrique du Sud 2-0 au légendaire stade Azteca. La Corée du Sud a surpris la République Tchèque 2-1, signe que l'Asie entend peser dans ce tournoi. Le Canada, pays co-organisateur, a partagé les points avec la Bosnie-Herzégovine 1-1, devant son public mais sans parvenir à décrocher les trois points tant espérés.
Les États-Unis ont, eux, frappé fort d'entrée : 4-1 face au Paraguay, dans un match à sens unique qui a galvanisé un pays entier. Le Qatar a tenu tête à la Suisse (1-1), Haïti s'est incliné face à l'Écosse (0-1), et l'Australie a dominé la Turquie 2-0 — chaque journée apporte son lot de surprises. Et dans le groupe E qui nous concerne directement, l'Allemagne a, ce dimanche 14 juin à Houston, réalisé une entrée fracassante : une victoire 7-1 face au petit poucet Curaçao, qui en fait d'emblée le grand favori de la poule. Les Éléphants de Côte d'Ivoire, eux, sont attendus lundi 15 juin face à l'Équateur.
L'Allemagne, avertissement dans le groupe E
Avec ses stars du Bayern Munich, de Liverpool et d'Arsenal, la Mannschaft n'a laissé aucune chance à Curaçao, 82e nation au classement FIFA. Felix Nmecha a ouvert le score dès la 6e minute, avant que les Antillais ne créent la surprise en égalisant à la 21e par Livano Comenencia — provoquant une explosion de joie dans les tribunes. Mais l'écart de niveau a vite repris ses droits : Nico Schlotterbeck de la tête sur corner (38e), Kai Havertz sur penalty (45e+5), puis Jamal Musiala (47e), Nathaniel Brown (68e), Deniz Undaz (78e) et encore Havertz (88e) ont scellé un 7-1 sans appel. Le sélectionneur Julian Nagelsmann, 38 ans, a conclu : « Nous avons fait preuve de patience et nous avons joué avec la bonne intensité. »
Ce score fleuve envoie un signal fort au groupe E. La Côte d'Ivoire, qui affrontera l'Allemagne à Toronto dans quelques jours, est prévenue : la Mannschaft n'a rien perdu de sa redoutable efficacité. Manuel Neuer, de retour en sélection à 40 ans, deviendra lors de ce prochain match le gardien le plus capé de l'histoire des Coupes du monde, devant Hugo Lloris et ses 20 apparitions. L'enjeu est de taille.
L'Afrique, un continent en marche
Si le Maroc en est l'étendard, le continent africain dans son ensemble aborde ce Mondial avec des ambitions déclarées. Neuf nations africaines sont en lice, du Sénégal au Ghana en passant par l'Afrique du Sud, l'Égypte, la Tunisie, la Côte d'Ivoire, le Cap-Vert et le Cameroun. Le Ghana devra composer sans Thomas Partey pour son entrée en lice le 17 juin à Toronto contre le Panama : le milieu de terrain de Villarreal s'est vu refuser un visa par le gouvernement canadien en raison d'accusations portées contre lui au Royaume-Uni.
Le Sénégal de Pape Thiaw, lui, s'est installé dans le New Jersey, accueilli chaleureusement par sa diaspora. Les Lions de la Téranga entrent en compétition le 15 juin face à la France dans un choc qui promet. L'Afrique a rendez-vous avec l'Histoire dans ce Mondial. Le Maroc, en montrant qu'il peut tenir tête au Brésil pendant 90 minutes, a envoyé un message clair à la planète football : le temps du continent dominé est révolu.
OG
