Taekwondo ivoirien : Pourquoi Cissé Cheick apparait comme l’alternative la plus plausible face au déclin et aux crises de gouvernance, de leadership… 

Taekwondo ivoirien : Pourquoi Cissé Cheick apparait comme l’alternative la plus plausible face au déclin et aux crises de gouvernance, de leadership… 
Entre succès historiques, infrastructures modernes et crise interne, le taekwondo ivoirien cherche un nouveau souffle, et dans la tourmente, Cissé Cheick Sallah Junior apparaît plus que jamais comme l’espoir d’un renouveau durable (Ph DR)

Entre l’âge d’or bâti sur une organisation exemplaire, des infrastructures modernes et une diplomatie sportive ambitieuse, le taekwondo ivoirien traverse aujourd’hui une crise profonde. Au milieu des tensions et des dérives de gouvernance, l’icône mondiale Cissé Cheick Sallah Junior apparaît comme l’alternative la plus crédible pour restaurer l’excellence et redonner à la Côte d’Ivoire son rang sur les tatamis internationaux. 

 

Comment une bonne structuration a fait grandir le taekwondo ivoirien

Le taekwondo ivoirien représente l’un des cas les plus remarquables de transformation sportive en Afrique subsaharienne. Son ascension fulgurante, amorcée au début des années 2010, repose sur une gouvernance visionnaire incarnée par Bamba Cheick Daniel, alors président de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD). Sous son impulsion, la discipline s’est dotée d’un système de détection performant, d’un encadrement technique modernisé et d’une stratégie de préparation fondée sur des méthodes scientifiques : suivi biométrique, optimisation de la charge d’entraînement, préparation mentale, stages internationaux et analyse vidéo.

Bamba Cheick Daniel, le père du projet olympique entouré de Ruth Gbagbi et Cissé Cheick,...

Le Projet Olympique, conçu et piloté par Bamba Cheick Daniel, a bénéficié du soutien politique déterminant du ministre des Sports d’alors, Alain Lobognon, qui a compris l’enjeu stratégique d’investir dans une discipline à fort potentiel de médailles. Cette synergie entre expertise fédérale et volonté étatique a permis la mise en place d’un programme de haute performance inédit en Côte d’Ivoire.

... tous les deux médiallés aux JO 2016 à Rio (Ph DR)

Les résultats ont été historiques. Aux Jeux Olympiques de Rio 2016, Cissé Cheick Sallah Junior devient le premier champion olympique ivoirien et le premier champion olympique d’Afrique noire en taekwondo. En 2024, il ajoute une médaille de bronze olympique en France à son riche palmarès. Ruth Gbagbi, quant à elle, décroche deux médailles olympiques (2016 et 2021), inscrivant son nom parmi les athlètes africaines les plus titrées. Les deux champions remportent également des titres mondiaux, confirmant la solidité du modèle ivoirien et la pertinence des choix stratégiques opérés.

Durant cette période, la Côte d’Ivoire s’impose comme une puissance incontournable du taekwondo mondial, accumulant podiums, distinctions et reconnaissance institutionnelle.

 

Un modèle longtemps admiré, désormais englué dans des crises de gouvernance

Cissé Cheick lors d'une assembléee générale de la World Taekwondo en qualité de représentant de la commission des athlètes (Ph DR)

L’un des acquis les plus structurants de cette période faste demeure la construction du Centre Sportif, Culturel et des TIC Ivoiro-Coréen Alassane Ouattara, infrastructure unique en Afrique de l’Ouest. Ce projet, fruit de l’entregent diplomatique de Bamba Cheick Daniel, a été rendu possible grâce à la bénédiction du Président de la République et à la coopération stratégique avec la République de Corée. Ce centre multifonctionnel – espace d’entraînement, hub technologique, plateforme culturelle – symbolise la solidité des relations ivoiro-coréennes et devait constituer le socle d’une nouvelle génération de champions.

Laurene Ossin peut compter sur les encouragements et le soutien de Cissé pour réussir sa carrière très prometteuse (Ph DR) 

Pourtant, après cette période d’excellence, le taekwondo ivoirien traverse aujourd’hui une crise profonde. Les tensions internes, les rivalités de leadership et les interrogations sur la gestion financière ont fragilisé la discipline. Des sommes estimées à plusieurs centaines de millions de francs CFA, dont les traces comptables demeurent introuvables, alimentent les soupçons et minent la confiance des pratiquants, des partenaires et des institutions.

Cette crise de gouvernance a entraîné une baisse de performance internationale, une fragmentation de la communauté sportive et une perte d’influence sur la scène continentale. La discipline, autrefois vitrine du sport ivoirien, semble désormais s’enliser dans une spirale de dysfonctionnements.

 

Cissé Cheick, figure tutélaire et alternative crédible pour un sursaut national

Au cœur de cette tourmente, Cissé Cheick demeure une figure centrale. Son parcours – de jeune pratiquant à champion olympique – constitue un cas d’école en matière de résilience, de discipline et de leadership sportif. Double Prix national d'excellence (2016 et 2023) du meilleur athlète ivoirien, il est devenu un modèle pour la jeunesse ivoirienne, un symbole de réussite méritocratique et un ambassadeur naturel des valeurs citoyennes.

Cissé Cheick félicité par le président de la République, SEM Alassane Ouattara, est un modèle pour la jeunesse ivoirienne et une réélle chance pour le renouveau du taekwondo ivoirien (Ph DR)

Ambassadeur de la Fondation Heart Angel, qui œuvre en faveur de la promotion de l'éducation, la culture et les valeurs du sport, l’enfant de Bouaké est détenteur d’un Master en Business Administration (2025). Nommé membre du Conseil mondial de taekwondo, en juillet 2023 et co-président du Comité des athlètes de la World Taekwondo, avant d’être élu, le 3 décembre 2023, meilleur athlète de taekwondo de l’année 2023, lors du 8e gala des Awards du taekwondo, Cissé Cheick est Docteur Honoris Causa. Officier de l'ordre national de Côte d'Ivoire, décerné par Alassane Ouattara, Commandeur de l'ordre du Mérite sportif ivoirien et Commandeur de l'ordre de la Fayette Monde à Paris, le champion olympique 2016, à travers sa Fondation éponyme, développe des projets éducatifs, sociaux et sportifs visant à promouvoir l’inclusion, l’excellence et l’engagement communautaire. Son aura internationale, sa crédibilité sportive et son engagement social font de lui une alternative sérieuse et légitime pour contribuer au redressement du taekwondo ivoirien, vu comme un patrimoine sportif et un levier de rayonnement international.

Cissé Cheick, Ambassadeur de la Fondation Heart Angel (Ph DR)

Face à l’ampleur de la crise, un sursaut institutionnel s’impose. Il revient à l’État de Côte d’Ivoire – le Président de la République, le Premier ministre, le ministre des Sports, le gouvernement et les présidents d’institutions – de prendre la pleine mesure de l’enjeu. Sauver le taekwondo ivoirien, c’est préserver un patrimoine sportif national, mais aussi maintenir un levier de rayonnement international.

Soutenir Cissé Cheick, aujourd’hui, relève d’un devoir civique et citoyen. C’est offrir à la discipline une chance réelle de sortir des eaux troubles et de renouer avec l’excellence. C’est surtout permettre à la Côte d’Ivoire de continuer à briller sur les tatamis du monde.

 

Le Mali et le Congo montrent la voie

Makou Sy a été élue à la tête de la Fédération malienne de taekwondo, ...

Dans un contexte où de nombreuses fédérations sportives africaines peinent à se renouveler, certains pays ont choisi d’opérer un virage audacieux : confier les rênes du taekwondo à une nouvelle génération de leaders, conscients, compétents et profondément connectés aux réalités du terrain. Les élections de Makou Sy à la tête de la Fédération malienne de taekwondo et d’Adel Rihane à la présidence de la Fédération congolaise marquent un tournant symbolique et stratégique. Ces deux jeunes dirigeants, issus du haut niveau, incarnent une rupture assumée avec les logiques anciennes et témoignent d’une volonté claire de moderniser la gouvernance sportive. Leur accession à ces postes majeurs démontre que la jeunesse africaine n’attend plus qu’on lui ouvre la porte : elle la construit, l’assume et la franchit avec détermination.

...Tout comme Adel Rihane, posant ici avec Cissé Cheick, nouveau président de la Fédération congolaise de taekwondo (Ph DR)

En responsabilisant ces profils inspirants, le Mali et le Congo envoient un message fort au continent : le leadership n’est plus une question d’âge, mais de vision, de compétence et d’audace. Cette dynamique nouvelle, portée par des acteurs capables d’innover, de dialoguer et de fédérer, ouvre la voie à un modèle de gouvernance plus transparent, plus efficace et plus proche des athlètes. Elle rappelle surtout que lorsque la jeunesse dirige, c’est tout un avenir qui s’accélère, se transforme et se projette vers l’excellence.

 

OUATTARA Gaoussou