PDCI -Un membre du Grand Conseil accuse : « Tidjane Thiam : un mauvais casting pour la direction du PDCI-RDA ! »
Des militants du PDCI continuent de tirer à boulets rouges sur Thiam. Membre du Grand Conseil et ancien Thiamiste devenu très lucide, Jean-Marc Kouadio invite ses camarades du parti à ouvrir les yeux. Et pour cause, selon lui, la désignation de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA, depuis son retour sur la scène politique ivoirienne, continue de susciter de nombreuses interrogations au sein d'une frange importante des militants. Il rappelle que le président du parti doyen, hors du pays depuis plus d’un an, avait déjà quitté la Côte d’Ivoire à la suite du coup d'État de 1999, pour poursuivre sa carrière à l'international.
« Pendant plus de deux décennies, il est resté éloigné de la vie politique nationale, évoluant ainsi loin des réalités quotidiennes des Ivoiriens et de la dynamique interne du PDCI-RDA », fait-il observer. Ce qui ne fut pas le cas de nombreux autres cadres du parti qui, malgré les menaces, sont restés au pays pour gérer au quotidien la formation politique, aux côtés d’Henri Konan Bédié, alors à la tête du parti fondé par Felix Houphouët-Boigny. Selon lui, de retour au pays, l’ancien patron du Crédit Suisse aurait rencontré le Président de la République Alassane Ouattara avant même de se rendre à Daoukro pour échanger avec le Président Henri Konan Bédié.
« À cette période, le ministre Maurice Kacou Guikahué, alors secrétaire exécutif en chef du parti, aurait sollicité auprès du Président Henri Konan Bédié une audience afin de permettre une rencontre avec Monsieur Tidjane Thiam. Cette demande fut acceptée par le Président Bédié. À la disparition du Président Henri Konan Bédié, le ministre Guikahué a publiquement défendu l'idée que le fondateur du renouveau du PDCI-RDA soit inhumé avant toute ouverture du débat sur sa succession. Pour lui, le respect des usages, notamment dans la tradition akan, devait primer. Toutefois, les événements ont évolué autrement, conduisant à une transition politique que certains militants jugent précipitée », regrette l’ancien Thiamiste dans sa contribution.
Il reproche à Tidjane Thiam d’avoir pris plusieurs décisions stratégiques sans consulter son conseiller politique, ce qui aurait entraîné des incompréhensions, des nominations controversées et des divisions internes. Guikahué, estimant ne plus être associé aux grandes orientations du parti, a fini par renoncer à sa fonction pour redevenir un simple militant.
Par ailleurs, le camp de Thiam est accusé d’avoir marginalisé Guikahué, notamment en refusant de lui accorder le parrainage du PDCI lors des dernières législatives et en destituant plusieurs responsables réputés proches de lui. Pour ses partisans, ces initiatives traduisent une volonté de l’affaiblir politiquement.
« Pour de nombreux militants, ces événements révèlent un manque d’attachement aux valeurs, à l’histoire et à l’héritage du PDCI-RDA. Il est indispensable que chacun apprécie les faits avec lucidité afin que la vérité soit connue de tous », insiste Jean Marc Kouadio, qui conclut que Tidjane Thiam représente un mauvais casting pour le parti.
Cette sortie intervient à la veille du procès intenté par Siaba Antoine Constant et Charles Abié Tchétché contre le président du PDCI-RDA. Les deux membres du Bureau politique contestent les décisions issues du congrès extraordinaire et demandent leur annulation, ainsi que la désignation d’un président intérimaire.
Depuis mars 2025, Tidjane Thiam réside en France, à plus de 6 000 kilomètres d’Abidjan, d’où il dirige le parti essentiellement par correspondance. Une absence prolongée que certains militants considèrent comme un abandon, posant un véritable problème de management des structures de base et des élus. Sur le terrain, hormis quelques sorties sporadiques, le parti peine à marquer les esprits.
Thiery Latt
