10e édition du Êlê Festival d'Adiaké -Beugré Mambé : « Demain, la région du Sud-Comoé sera une très belle et grande région »
En l'espace d'une décennie, le Êlê Festival d'Adiaké s'est imposé comme le rendez-vous incontournable du calendrier ivoirien des festivals. Mieux, une vitrine pour promouvoir le tourisme, les investissements, les valeurs traditionnelles et les potentialités économiques d'Adiaké singulièrement, et du Sud-Comoé en général. Samedi 1er août 2026, la journée dédiée aux officiels, conclue par les finales des courses de pirogues, a réuni ce que la Côte d'Ivoire compte de plus hautes autorités.
Haut patron de l'évènement, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a rehaussé de sa présence la cérémonie. A ses côtés, le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, ministre de la Défense ; Ally Coulibaly, Grand chancelier de l'Ordre national ; Eugène Aka Aouélé, président du CESEC et du conseil régional du Sud-Comoé ; Gilbert Kafana Koné, Haut représentant du président de la République, représenté par son directeur de cabinet, tous co-patrons ; les ministres Vagondo Diomandé (Intérieur et Sécurité), Souleymane Diarrassouba (Plan et Développement), Françoise Remarck (Culture et Francophonie), présidente de l'évènement ; le ministre délégué Jean-Louis Moulot ; ainsi que le député-maire de Yopougon Adama Bictogo, ancien président de l'Assemblée nationale. Les ambassadeurs de France et de Chine en Côte d'Ivoire ont également fait le déplacement pour cette édition de la maturité placée sous le thème : « Tourisme, culture et sport au service du développement durable ».
Une promesse d'avenir portée par la vision présidentielle
C'est cette conviction que le Premier ministre Beugré Mambé a portée devant des populations acquises à sa cause. Il n'a pas manqué de saluer l'apport décisif des cadres de la région, en particulier les ministres Hien Sié Yacouba et Moulot, dont la présence au gouvernement vient, selon lui, renforcer « l'arsenal des cadres responsables » du Sud-Comoé aux côtés du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel et du président de l'Assemblée des Rois et Chefs traditionnels. Une région qu'il a présentée comme un vivier d'intelligences et de potentialités, appelée à nourrir ce qu'il a désigné comme « l'économie orange », cette économie de la culture, du sport et du tourisme dont le Êlê Festival est devenu, année après année, l'une des vitrines les plus abouties.
Pour lui, « la 10ᵉ édition du Êlê Festival d'Adiaké a une nouvelle fois démontré que la culture, le sport et le tourisme constituent de puissants moteurs de développement local et de cohésion sociale ». Filant la métaphore qui donne son nom à la manifestation, le chef du gouvernement a rappelé que la pirogue reste, dans l'imaginaire collectif, l'instrument qui permet d'« aller chercher de bonnes choses pour amener au village ».
C'est autour de cette image que le Premier ministre a bâti son appel vibrant à la cohésion : « Nous vous demandons de rester toujours unis, de rester ensemble, parce que la force d'une région, c'est d'abord l'adhésion à une vision et la conjugaison des intelligences. » Il n'est pas, a-t-il insisté, de manque d'hommes ni de femmes intelligents dans cette région ; ce qui fera la différence, c'est la capacité à se mettre ensemble pour se distinguer ensemble. Un appel lancé à toute la population pour soutenir les cadres, hommes, femmes, jeunes gens et jeunes filles, afin que rien ne soit laissé au hasard.
Egrenant ensuite les grands chantiers annoncés pour la région, Beugré Mambé a convoqué l'avenir avec des accents d'espérance, invitant l'assistance à imaginer la belle autoroute reliant Grand-Bassam à Noé, les grands chantiers de routes merveilleuses, la future université d'Adiaké, et tout ce que le président Ouattara compte encore déposer dans cette région comme infrastructures. Il a insisté sur la détermination du chef de l'État à faire de cette région « un territoire encore plus attractif et prospère ».
Le Premier ministre, sur cette note d'espérance, a livré sa conviction la plus forte, celle qui résume tout l'esprit de cette 10ᵉ édition : « Demain, la région du Sud-Comoé sera une très belle et grande région. Elle l'est déjà, mais nous pouvons faire plus. » Faire de ce festival le symbole de la cohésion d'ensemble, de la fraternité et du vivre-ensemble conjugués au présent comme au futur, c'est, selon lui, tout le sens de la Côte d'Ivoire que le président Alassane Ouattara appelle de ses vœux.
Énonçant les objectifs du Êlê Festival, cette manifestation culturelle annuelle qui vise à valoriser les atouts naturels d'Adiaké, le chef du gouvernement n'a pas manqué de remercier les promoteurs, les partenaires, les autorités traditionnelles, les lauréats et toute une population mobilisée pour faire du Êlê un symbole de fraternité, d'excellence et d'espérance pour les générations futures.
Le plaidoyer d'Ally Coulibaly pour la diversité
Le Grand chancelier de l'Ordre national a lancé un vibrant plaidoyer pour une culture de la diversité, qu'il considère comme un puissant levier de développement économique, social et humain. « La diversité humaine de cette localité est sa principale richesse. Ici, les populations et leurs élus, de toutes origines et de toutes tendances, s'efforcent, jour après jour, d'incarner le "Vivre ensemble", cher au président Alassane Ouattara. C'est une entreprise exaltante, à Adiaké comme ailleurs en Côte d'Ivoire, mais combien difficile. Elle exige d'observer et de prendre en compte lucidement les réalités de notre pays, tel que l'a bâti le Père fondateur et Président Félix Houphouët-Boigny. Elle requiert aussi une dose suffisante de volontarisme pour faire échec aux pressions centrifuges, à toutes ces forces de fragmentation qui ne rêvent que d'une chose : voir les Ivoiriens et les Ivoiriennes se déchirer à belles dents », a-t-il affirmé, avant de saluer, ému, l'engagement du ministre Hien Sié Yacouba : « À cet égard, Adiaké peut se réjouir d'avoir à sa tête un édile de la stature de Yacouba Sié, député maire et ministre des Infrastructures. Et la charmante population d'Adiaké complète, pour appuyer son maire, sur une équipe soudée qui a insufflé à cette belle cité une dynamique nouvelle. »
Il a également tenu à magnifier l'action du chef de l'État en faveur du vivre-ensemble : « Marchant résolument dans les pas du président Félix Houphouët-Boigny, son digne successeur, le président Alassane Ouattara a fait du "Vivre ensemble", l'axe principal de sa politique, depuis son accession au pouvoir ». Et de conclure, comme un serment collectif : « Pour devenir une réalité quotidienne, ce concept du "Vivre ensemble", suppose que chaque citoyenne et chaque citoyen respecte et serve le bien commun. C'est une condition essentielle pour que la Côte d'Ivoire aille résolument de l'avant et offre à ses enfants un horizon de fraternité. »
Visiblement touché par cette mobilisation, le président du CESEC, Eugène Aka Aouélé, a livré un témoignage empreint de gratitude : « Je me réjouis de votre présence rassurante et vous dis les remerciements de notre région. Notre région bénéficie de la très haute vision du président de la République en matière de développement. Le Sud-Comoé est une terre de rencontres, de brassage, de vivre-ensemble, d'hospitalité. »
Hien Sié Yacouba, architecte du Êlê
Mais ce samedi 1er août, toutes les attentions se sont surtout portées sur le ministre-maire Hien Sié Yacouba, promoteur de cette initiative. Au nom des autorités traditionnelles et des populations, il a exprimé au Premier ministre sa profonde gratitude : « Soyez assuré de notre reconnaissance, de notre soutien et de nos prières dans l'accomplissement de la haute mission que vous a confiée SEM Alassane Ouattara, président de la République. »
Car si les peuples bâtissent leur avenir par le travail, a-t-il rappelé, ils grandissent aussi par la reconnaissance. Citant le CHU d'Aboisso, le Centre de cancérologie de Grand-Bassam, l'autoroute Abidjan-Assouindé, les investissements routiers à Grand-Bassam, Bonoua, Assinie, Adiaké, Aboisso, Maféré, Ayamé et Tiapoum, la réhabilitation en cours de l'axe Aboisso-Ayamé dite « Route du sel » qui jadis permettait aux populations du Nord et du Sud de la Côte d'Ivoire de commercer et entretenir les relations sociales, la route Akressi-Abengourou, les futures liaisons Roa-Ayenouan et Tiapoum-Nguiémé-Etuéboué-Aby-Eboué, ainsi que la future ville universitaire d'Adiaké, il a remercié le chef de l'État pour la confiance renouvelée aux cadres de la région, lançant, dans un élan de reconnaissance : « Président Alassane Ouattara, le Sud-Comoé vous dit mo, mo dada mo, ini tché », sous les ovations du public.
Le triomphe de Kôkô Ado Abiaty
Sur la lagune Aby, l'émotion a changé de visage. Dans une bataille fraternelle où endurance, technicité et fair-play furent les maîtres mots, Kôkô Ado Abiaty a brillamment triomphé dans la course de trinum, devant les Anges de Kacoukro Lagune et Omony Eplemlan. Tchelewé Sport d'Angboudjou, Atafê de Grand-Bassam, les AS d'Assouindé et Port-Bouët Soleil 1 ont complété le podium jusqu'à la 7e place. Adom club d'Angboudjou a été disqualifié, Attadjê club d'Adiaké a abandonné et N'Gôa sport de Bendobegnin n'a pas pris le départ.
Rythmée par les danses traditionnelles, les concerts, le théâtre scolaire, l'élection de Miss Mathématiques et les balades lagunaires, cette édition anniversaire a rassemblé tous les fils de la région, autour de Sa Majesté Awoulaé Amon Tanoé, roi des N'Zima Kotoko de Grand-Bassam, avec pour invitées d’honneur les communautés de la Mé et le Guémon comme invité spécial. Ouvert le 25 juillet, le Êlê Festival s'est refermé ce 1er août par un concert géant à la place ADO, avec La Team de Poy, Sindika, Soum Bill et Roseline Layo, et bien d'autres, au terme de huit jours où l'économie locale aura vibré au rythme des festivaliers venus en nombre célébrer, dix ans durant, le tourisme, la culture et le sport au service du développement durable.
OUATTARA Gaoussou
