Us et coutumes de la Région du Gontougo: Vers l’inscription du Kroubi sur la liste du Patrimoine immatériel de l’Unesco
Les 11, 12 et 13 juin 2026, Bondoukou, la capitale régionale du Gontougo, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire sera au rythme du Festival international de la semaine du Kroubi.
Avec pour thème : "La richesse de nos traditions, moteur d’unité et de progrès partagé", la 10ᵉ édition du Festival international de la Semaine du Kroubia été présentée, vendredi dernier, au siège de la Commission nationale de l’Unesco, à Cocody-Mermoz, par le Commissaire général, El Hadj Ouattara Issouffou.
Lors de cette conférence de presse, El Hadj Ouattara Issouffou, par ailleurs président de l’Ong "la Semaine du Kroubi" a rappelé que « le Kroubi est une danse rituelle, sacrée exécutée par des jeunes filles vierges et nubiles ».
Entre autres innovations, le Commissaire général a expliqué que cette édition enregistrera « la participation des peuples du 8ème parallèle, notamment ceux de Kong, Dabakala, Séguéla et Mankono. Des festivaliers du Togo, du Ghana et du Burkina Faso sont également attendus ».
Ces pays, il faut le noter, pratiquent aussi le Kroubi.
Selon le Commissaire général, l’Afrique du Sud est le pays invité d’honneur du festival 2026.
Le festival, en tant que patrimoine culturel immatériel marqué par une riche portée éducative et sociale, ambitionne de se positionner comme un événement majeur du calendrier culturel ivoirien et ouest-africain. Alliant tradition, recherches académiques et rayonnement international, les organisateurs disent leur joie de l’inscription prochaine de la célébration du Kroubi au Patrimoine immatériel de l’Unesco. « Nous sommes très heureux de constater que le Kroubi est désormais un enjeu national, appelé à devenir un enjeu international, puisqu’il sera inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. C’est bénéfique pour la Côte d’Ivoire », s’est réjoui M. Ouattara.
Ce sont plus de dix mille visiteurs, par jour, qui sont attendus au festival qui sera ponctué, entre autres, de panels à l’Université de Bondoukou, des séances de dépistage du cancer du col de l’utérus, ainsi que des actions de sensibilisation en matière de sécurité routière.
Dans son adresse, le Prof Soro N’Golo, Secrétaire général de la Commission nationale de l’Unesco, a dit l’engagement de son institution à accompagner le projet, en raison du« vivre-ensemble, la cohésion sociale et l’unité des peuples » qu’il promeut.
JAD
Bon à savoir !
Le passage à l’âge de la maturité !
Le Kroubi (ou Kouroubi) est une
danse traditionnelle de réjouissance, symbole de pureté, la beauté, la virginité et le passage à l'âge adulte.
Il est pratiqué par les jeunes filles dont l’âge varie entre 3 et 25 ans et célébrée, notamment, à Bondoukou (Nord-Est) et Kong (Nord), en Côte d’Ivoire, souvent pendant les dernières nuits du Ramadan. La danse est exécutée les sur des échafaudages.
L’ancrage du Kroubi
Originaire du royaume de Kong, cette pratique est ancrée dans la culture Malinké-Dioula, bien qu'elle s'étende à d'autres communautés comme les Koulango.
Le déroulement
Les jeunes filles, parées d'habits traditionnels et munies de queues de cheval (chasse-mouches), dansent sur des échafaudages en bois de près de 3 mètres de haut. Avec le temps, le bois a fait place à des échafaudages en fer.
La symbolique
La danse est une fierté pour les mères et représente une opportunité pour les jeunes filles d'être remarquées par de futurs prétendants. La légende veut que, si une danseuse n'est pas vierge, ou porte une grossesse, l'échafaudage s'effondre.
Connotation culturelle
Le Kroubi est perçu comme une danse de la félicité, favorisant la cohésion sociale et la valorisation du patrimoine immatériel ivoirien. Le Kroubi est un événement culturel majeur qui se prépare, avec jeûne et prière, transformant la ville de Bondoukou en un haut lieu de réjouissances traditionnelles multiséculaires enrichies par le temps.
Jad
