Présidentielle 2025 : Le PDCI en pleine tempête à quelques mois de l’échéance

Présidentielle 2025 : Le PDCI en pleine tempête à quelques mois de l’échéance
La purge de Tidjane Thiam frappe cinq cadres en 48h

À un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le PDCI-RDA traverse une zone de fortes turbulences. Le président du parti, Tidjane Thiam, a procédé depuis Paris, le mercredi 20 août, à la mise à l’écart de plusieurs cadres de premier plan : Yao Kouamé Albert (délégué de Botro 3), Emolo Claude (délégué de Koumassi 2) et Anoma Kouao Magloire (délégué d’Aboisso). Une décision qui intervient à peine 48 heures après la conférence de presse du Groupe Initiative pour la Réconciliation et la Sauvegarde du PDCI-RDA (IRS-PDCI), dont ils sont membres. 

Cette plateforme interne avait exigé la convocation d’une nouvelle Convention de désignation du candidat du parti, pointant l’« illisibilité » de la candidature de Tidjane Thiam et dénonçant des dysfonctionnements majeurs dans la gouvernance du parti. Les frondeurs n’avaient pas mâché leurs mots : non-respect des dispositions statutaires et réglementaires, pratiques antidémocratiques internes, absence de vision claire et de stratégie cohérente, opacité dans la gestion, rupture avec la base militante, communication inefficace.

« Il est temps d’admettre que la trajectoire actuelle ne sert plus les idéaux et les intérêts de ceux que nous aspirons à représenter. Le temps de l’hésitation est révolu, celui de l’action et de la transformation a sonné », avaient-ils martelé. En réponse, l’IRS-PDCI appelait à la convocation urgente d’un bureau politique extraordinaire et d’une convention exceptionnelle pour clarifier la ligne du parti et assurer sa participation effective au scrutin présidentiel.

La réaction de la direction n’a pas tardé : la sanction est tombée comme un couperet. Outre les trois délégués évincés, le président de la JPDCI urbaine de Cocody 2, Jean Emmanuel Robet, a été démis, le jeudi 21 août, pour avoir accompagné Jean-Louis Billon lors du dépôt de sa candidature à la CEI. Une « faute de discipline », selon le communiqué officiel, qui lui a valu d’être remplacé par Valentin Kouassi.

 Jean-Louis Billon lui-même n’y a pas échappé : il a été déchargé de ses fonctions de délégué de Dabakala 1. En l’espace de 48 heures, cinq cadres du parti ont été débarqués et remplacés par des intérimaires. Cette série d’exclusions, perçue par certains militants comme une véritable « purge », soulève de vives inquiétudes. À quelques mois d’un scrutin décisif, le PDCI semble se vider de ses forces vives au lieu de les rassembler. Le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, longtemps considéré comme le symbole du dialogue et de la stabilité politique, apparaît aujourd’hui fragilisé, divisé et affaibli. La question se pose alors avec acuité : où va le PDCI-RDA ? Une chose est sûre : l’image d’un PDCI parti de dialogue semble désormais appartenir au passé. Pis, nous assistons, impuissants, à la lente agonie d’un parti historique qui se réduit chaque jour « comme peau de chagrin »

 

Rahoul Sainfort