CAN 2025 : Côte d’Ivoire, un premier tour maîtrisé et une gestion d’effectif exemplaire
La Côte d’Ivoire, championne en titre, a parfaitement négocié son premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Logée dans le groupe F aux côtés du Cameroun, du Mozambique et du Gabon, la sélection dirigée par Emerse Faé a terminé en tête avec 7 points, a égalité avec les Lions Indomptables. Une performance qui témoigne non seulement de la solidité des Éléphants, mais aussi de la profondeur et de la qualité de leur effectif.
Une entrée en matière convaincante et un test grandeur nature face au Cameroun
Le premier match face au Mozambique a permis aux Éléphants de démontrer leur capacité à s’imposer face à des défenses regroupées. Dans une rencontre où la patience et la maîtrise collective étaient essentielles, les Ivoiriens ont su trouver les solutions pour débloquer la situation. Amad Diallo, auteur d’une prestation étincelante, a été désigné « Homme du match », confirmant son rôle de dynamiseur offensif. Cette victoire inaugurale a donné le ton : la Côte d’Ivoire n’était pas venue défendre son titre timidement, mais bien pour affirmer ses ambitions.
Le deuxième rendez-vous, face au Cameroun, avait valeur de test. Les Lions Indomptables, adversaires historiques, représentaient l’obstacle idéal pour jauger la capacité des Éléphants à hausser leur niveau de jeu. La rencontre fut âpre, disputée, mais les hommes de Faé ont montré une remarquable solidité défensive. Emmanuel Agbadou et Ousmane Diomandé, dans l’axe, ont tenu leur rang avec autorité, tandis qu’Alban Lafont a rassuré dans les buts. Franck Kessié, capitaine infatigable, a encore une fois donné le tempo au milieu.
Amad Diallo, déjà brillant lors du premier match, a confirmé son état de forme en décrochant un deuxième titre d’« Homme du match ». Sa capacité à créer des décalages et à porter le danger dans le camp adverse a été déterminante. Ce nul solide face au Cameroun a renforcé la confiance du groupe et validé la stratégie de Faé : une équipe capable de s’adapter aux exigences des grands rendez-vous.
La remontada face au Gabon
Le troisième match, contre le Gabon, restera comme l’un des moments forts de ce premier tour. Menés 2-0, les Éléphants ont d’abord réduit l’écart grâce à Jean-Philippe Krasso, avant de renverser totalement la situation en fin de rencontre. Les buts d’Evann Guessand et de Bazoumana Touré, tous deux entrés en cours de jeu, ont scellé une victoire spectaculaire (3-2).
Cette remontada a mis en lumière la profondeur de l’effectif ivoirien. Plus qu’un simple coup de poker, les choix de Faé ont révélé une stratégie claire : impliquer l’ensemble des 26 joueurs convoqués. En dehors de Kessié, titulaire indiscutable, et de Seri et Zaha, alignés lors du premier match, le sélectionneur a bouleversé son onze à 97 %. Une audace qui a pu surprendre les supporters, mais qui s’est avérée payante.
Christ Inao Oulaï, 19 ans, a été l’autre grande révélation de cette rencontre. Étincelant au milieu, il a décroché le titre d’« Homme du match » et impressionné par sa maturité. Ses mots à l’issue du match résument l’état d’esprit du groupe : « Nous n’avons pas douté quand nous avons pris les deux buts, parce que dans l’équipe de Côte d’Ivoire, on a de grands joueurs capables de réagir et de changer la donne à tout moment. »
Une gestion d’effectif salutaire et des ambitions affirmées
La grande force de ce premier tour réside dans le management d’Emerse Faé. En donnant du temps de jeu à presque tous ses joueurs – seul le gardien Mohamed Koné n’a pas encore foulé la pelouse – il a créé une dynamique collective où chacun se sent concerné. Ce choix, loin d’être un risque suicidaire, traduit une vision moderne du coaching : valoriser la profondeur de l’effectif et maintenir une saine concurrence.
Ainsi, les remplaçants face au Gabon ont prouvé qu’ils pouvaient représenter dignement le pays. Christopher Operi et Armel Zohouri ont tenu leur rang sur les côtés, tandis que Krasso, Diakité et Zaha ont formé une attaque de grande qualité. Cette gestion a permis de préserver l’énergie des cadres tout en révélant de nouveaux talents.
Avec 7 points et la première place du groupe F, la Côte d’Ivoire a atteint son objectif affiché : dominer son groupe et envoyer un signal fort à la concurrence. Plus qu’une qualification, c’est une démonstration de force et de cohésion. Les Éléphants ont montré qu’ils pouvaient gagner face à des défenses regroupées, tenir tête à une grande nation africaine et renverser une situation compromise.
Individuellement, Diallo, Yann Diomandé, Guela Doué, Seko Fofana, Jean Philippe Krasso, Ghislain Konan, Yahia Fofana et Inao ont brillé, mais c’est l’ensemble du collectif qui ressort grandi. La défense a été solide, le milieu inspiré, et l’attaque capable de coups d’éclat.
Cap sur les huitièmes
Le prochain défi s’annonce électrique avec un derby sous-régional face aux Étalons du Burkina Faso, le mardi 6 janvier au Grand Stade de Marrakech. Une rencontre qui promet intensité et passion, entre deux équipes déterminées à aller au bout. Pour les Éléphants, ce sera l’occasion de confirmer leur statut de favoris et de poursuivre leur route vers une possible succession à eux-mêmes.
La première phase a permis à la Côte d’Ivoire de s’affirmer comme une véritable prétendante. Avec un effectif riche, un sélectionneur audacieux et une dynamique collective exemplaire, les champions en titre abordent les huitièmes avec confiance et ambition.
OUATTARA Gaoussou, Envoyé spécial à Marrakech
