CAN 2025 - Huitièmes de finale : Côte d’Ivoire - Burkina Faso, un derby sous haute tension
La Côte d’Ivoire s’apprête à livrer, ce mardi 6 janvier 2026, au stade de Marrakech, un combat de prestige face au Burkina Faso, dans un huitième de finale qui s’annonce incandescent. Les Éléphants, champions d’Afrique en titre, savent que ce rendez-vous ne pardonne pas. Il faudra être à 100 %, sans réserve, pour franchir l’obstacle burkinabè et poursuivre l’aventure.
Après une pause bienvenue et des séances intenses, le groupe ivoirien affiche une sérénité retrouvée. Les jours de repos ont fait du bien aux corps et aux esprits, et l’infirmerie se vide peu à peu. Bayo Vakoun, le seul en délicatesse avec sa santé, a repris le chemin de l’entraînement même si sa participation au match n’est pas acquise. Les inquiétudes d’avant le match contre le Gabon se dissipent : les joueurs sont affamés, prêts à se battre et à écrire une nouvelle page de l’histoire. « Tout le monde a envie de jouer, de se qualifier et de continuer l’aventure », a confié le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Emerse Faé, ce lundi 5 janvier 2026, en conférence d’avant-match, soulignant la fraîcheur psychologique et la cohésion du groupe.
Dans ce derby, les statistiques et l’historique ne comptent plus une fois le coup d’envoi donné. Le coach l’a martelé : « L’ascendant psychologique n’existe pas. Dès que le match commence, il n’y a plus de passé, seulement la détermination sur le terrain. » Les Éléphants savent que la motivation sera automatique, mais qu’il faudra garder la lucidité pour imposer leur jeu. Les ingrédients de la victoire sont clairs pour le patron du vestiaire des champions d’Afrique. Il s’agit de reproduire l’intensité et la solidarité vues contre le Cameroun, de rester efficaces devant le but, et surtout de ne pas sous-estimer le Burkina Faso. Car l’adversaire est solide, collectif, et capable de surprendre. « Ce n’est pas parce qu’on est favoris qu’on est qualifiés d’avance. Le Burkina peut nous éliminer. Il faudra être à 100 % », a averti Emerse Faé.
Le coach refuse de se cacher derrière l’arbitrage, malgré les polémiques récentes. Les erreurs font partie du jeu, mais il appelle à une meilleure communication entre arbitres et acteurs. « On espère que demain l’arbitre sera au niveau. Mais si une erreur survient, il faudra l’accepter. Nous aussi, nous faisons des erreurs », a poursuivi le technicien ivoirien. Une posture d’humilité qui traduit la volonté de se concentrer sur l’essentiel, le jeu et le terrain.
Sur le plan offensif, l’équipe progresse. Les occasions se multiplient, et l’efficacité devant le but s’améliore. Trouver l’équilibre entre création et finition est la clé pour nourrir des ambitions. Les joueurs se tirent vers le haut, s’entraînent ensemble, se conseillent, et forment une véritable famille. « Il y a des mots qui peuvent être plus importants que les actions », a confié Jean-Philippe Krasso. Pour l’attaquant des Éléphants et du Paris FC, cette solidarité est l’arme invisible des Éléphants.
Le groupe de 26 joueurs est pleinement impliqué. Onze titulaires sont prêts, mais les remplaçants sont aussi concernés. L’objectif est de garder fraîcheur et cohésion pour aller au bout. « C’est important que tout le monde reste dans cette dynamique. Plus on aura de joueurs concernés, plus on aura des chances dans cette compétition », a dit Emerse Faé, qui veut disputer le deuxième quart de finale de sa carrière de sélectionneur après l’avoir réussi en 2024 en Côte d’Ivoire.
Brama Traoré et ses Etalons veulent créer la surprise
Le Burkina Faso, de son côté, arrive avec la même ambition. Les Étalons savent qu’ils peuvent créer la surprise. Leur collectif est solide, leurs individualités dangereuses. Dans un match à élimination directe, tout peut basculer sur un détail, un coup de pied arrêté, une inspiration. Le sélectionneur Brama Traoré a affiché une détermination sans faille : « Un match décisif pour nous contre les Éléphants de Côte d'Ivoire, champions d'Afrique en titre. Nous savons que c'est à élimination directe et on est préparés pour y faire face. Nous sommes venus pour arriver en finale, la remporter. Mais si cela doit passer par la Côte d'Ivoire, il faut le faire. Nous savons que nous allons jouer avec une équipe avec des individualités marquantes. Il faut être prêt à 100 %. Pour être un champion, il faut battre un champion. »
Le défenseur burkinabè Guy Arsène Kouassi a, lui aussi, insisté sur l’état d’esprit combatif du groupe. « C'est un match très important. On est préparé pour affronter la Côte d'Ivoire. On sait que ce sera un match compliqué. On est déjà là et on va se donner les moyens de remporter le match. L'état d'esprit est pareil pour tous les matchs. La Côte d'Ivoire est une grande équipe mais nous aussi on est prêts. Savoir qu'on va rencontrer la Côte d'Ivoire, c'est une belle expérience. Nous avons des joueurs talentueux », a ajouté le natif d’Abidjan qui n’a pas manqué de réaffirmer son amour pour le drapeau du pays des hommes intègres, une tunique qu’il a décidé délibérément de défendre. Mieux, il a dit toute la fierté qui sera sienne s’il arrive à éliminer les champions d’Afrique, aujourd’hui, au terme du derby sous-régional. « Même si je suis d’origines ivoiriennes, je suis fier de jouer pour le Burkina Faso et je serai heureux de battre la Côte d’Ivoire », a déclaré le joueur de 21 ans, avant que le sélectionneur Traoré ne revienne sur la portée symbolique de cette rencontre, au-delà de l’aspect sportif. « La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, a-t-il rappelé, sont deux peuples unis par l’histoire. » Ce match des huitièmes de finale de la 35e édition de la CAN s’annonce « unificateur » et Brama Traoré appelle vivement les Ivoiriens, champions d’Afrique en titre, à « transmettre le flambeau » aux Burkinabè.
Ce huitième de finale est un derby, une bataille pour les quarts de finale, un affrontement de styles et de mentalités. Les Éléphants devront jouer leur football, sans pression inutile, mais avec un état d’esprit supérieur. L’humilité est leur boussole, la détermination leur moteur. Dans les tribunes, l’attente est immense. Les supporters ivoiriens espèrent revivre les émotions de la CAN remportée, tandis que les Burkinabè rêvent d’un exploit. Sur le terrain, ce sera une guerre de nerfs, de muscles et de talent. Le football africain dans toute sa splendeur : imprévisible, passionné, incandescent.
La Côte d’Ivoire sait que son statut de champion d’Afrique ne lui garantit rien. Seule la vérité du terrain décidera. Et cette vérité, les Éléphants veulent l’écrire avec leurs tripes, leur cœur et leur talent. Le rendez-vous est pris ce mardi 6 janvier.
OUATTARA GAOUSSOU, ENVOYE SEPCIAL A MARRAKECH
