Opposition ivoirienne : Une année marquée par des échecs et des divisions

Opposition ivoirienne : Une année marquée par des échecs et des divisions
Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont adopté des choix stratégiques qui ont coûté chers à leurs partis

La fin d’année est traditionnellement un moment de bilan, tant pour les individus que pour les organisations. Les partis politiques ne font pas exception à cette règle. Pour l’opposition ivoirienne, l’année 2025 aura été particulièrement difficile, marquée par des choix stratégiques contestables et des crises internes récurrentes. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a été confronté à un obstacle majeur lors de la présidentielle : l’inéligibilité de son président, Tidjane Thiam, pour défaut de nationalité. Plutôt que de désigner un autre candidat, le parti a maintenu la candidature de son président, malgré l’évidence juridique de son exclusion. Cette décision a empêché le PDCI de participer effectivement à la course présidentielle.

De son côté, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a adopté une stratégie similaire, en maintenant la candidature de Laurent Gbagbo, alors même que celui-ci n’était pas inscrit sur la liste électorale, ce qui le rendait inéligible dès le départ. Résultat : le parti s’est retrouvé absent de la présidentielle, confirmant l’inefficacité de cette approche. Aux législatives, le PDCI a tenté de redresser la barre. Toutefois, malgré sa participation, le parti n’a pu conserver que 32 de ses anciens sièges, soit seulement la moitié de sa représentation parlementaire précédente. Cette situation traduit les limites d’une stratégie politique jugée confuse et difficile à mettre en œuvre sur le terrain. Le PPA-CI, pour sa part, a poursuivi sa politique du boycott, choisissant de ne pas participer aux législatives. Ce choix, à n'en point douter, va renforcer l’isolement du parti et limiter sa capacité à peser sur la scène politique nationale.

Au-delà des résultats électoraux, ces deux formations ont dû gérer de sérieuses crises internes. Au PDCI comme au PPA-CI, les dissensions entre cadres, les luttes de leadership et les tensions locales ont fragilisé la cohésion et déstabilisé les militants. Associées à des stratégies électorales jugées improductives, ces crises ont contribué à un affaiblissement général de l’opposition, accentuant un recul politique constaté depuis la prise de fonction de Tidjane Thiam à la tête du PDCI. En résumé, l’année 2025 s’achève avec un constat clair pour l’opposition ivoirienne : absence ou limitation de participation aux scrutins présidentiels et législatifs, perte de sièges parlementaires, et tensions internes persistantes.

 

Rahoul Sainfort